Les romans de janvier 2023 montrent un éclectisme marqué.
La rentrée littéraire de janvier en France proposera 363 romans français, dont 65 écrits par des primo-romanciers, d’après les données du magazine Livres Hebdo. Parmi les ouvrages notables figure « Les belles promesses » de Pierre Lemaitre, tiré à 250.000 exemplaires, et « Fauves » de Mélissa da Costa, qui raconte l’histoire d’un jeune de 17 ans fuyant un père violent.
Mélissa da Costa, J.M.G Le Clézio, Delphine de Vigan, Pierre Lemaitre… Ces auteurs de renom marquent la rentrée littéraire de janvier en France, espérant séduire les lecteurs après une année 2025 peu favorable pour les libraires. Moins foisonnante que celle de septembre, cette rentrée d’hiver présente 363 romans français, presque autant qu’en 2025, dont 65 écrits par des primo-romanciers, selon les chiffres du magazine Livres Hebdo.
**Incontournables**
Les lecteurs attendent avec impatience le quatrième et dernier tome de la saga familiale « Les années glorieuses » de Pierre Lemaitre, intitulé « Les belles promesses » (Calmann-Lévy), tiré à 250 000 exemplaires. Ce roman plonge les héros de la série dans un Paris effervescent, en pleine construction du périphérique, tout en explorant les campagnes touchées par l’exode rural.
Dix-huit mois après son dernier livre, Mélissa da Costa revient avec « Fauves » (Albin Michel), relatant l’histoire d’un adolescent de 17 ans qui s’échappe d’un père violent pour rejoindre un cirque où il apprend à dresser des fauves. Ce roman, considéré comme « de sueur et de sang », fait de l’autrice la plus lue en France en 2024.
Jean-Marie Gustave Le Clézio, pilier de la littérature française, fait également son retour avec « Trois Mexique » (Gallimard), où le lauréat du Prix Nobel 2008 dresse le portrait de trois figures mexicaines inspirantes, affirmant son attachement aux traditions amérindiennes.
**Après campagnes**
La campagne française sert de toile de fond à plusieurs romans de la rentrée, illustrant une vie difficile et des destins tragiques. Dans « Acqua » (L’Observatoire), Gaspard Koenig dépeint un village normand confronté à une grave crise d’eau.
Marie-Hélène Lafon décrit le huis clos oppressant d’une ferme du Cantal dans « Hors champs » (Buchet-Chastel). Cécile Coulon, dans « Le visage de la nuit » (L’Iconoclaste), marie conte et poésie pour raconter l’histoire d’un enfant défiguré qui vit en retrait, n’émergeant que la nuit pour se refugier dans les bois.
**Enjeux brûlants**
Dans « Je suis Romane Monnier » (Gallimard), Delphine de Vigan poursuit son exploration des perturbations numériques après « Les enfants sont rois ». Elle interroge comment retrouver une personne disparue à travers les messages, les voix et les souvenirs présents sur son téléphone.
Judith Godrèche, figure du mouvement #MeToo en France, « revisite son passé » dans « Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux » (Seuil), décrivant son expérience en tant qu’enfant face à l’univers adulte. Fanny Taillandier, avec « Sicario bébé » (Rivages), narre la course effrénée d’un jeune couple qui accepte d’exécuter un meurtre commandé par un narcotrafiquant pour 50 000 euros, le qualifiant d’histoire de jeunesse mêlant rêves, erreurs et révolutions.
**Curieux destins**
Eric Vuillard, auteur de « L’ordre du jour », prix Goncourt 2017, fait revivre dans « Les orphelins, une histoire de Billy The Kid » (Actes sud) la légende du hors-la-loi du Far West, mort à 21 ans. François Bégaudeau, dans « Désertion » (Verticales), évoque le parcours d’un jeune homme quittant sa ville côtière pour se battre en Syrie aux côtés de l’EI.
Dans « Bocuse » (Grasset), Gautier Battistella retrace la vie du célèbre chef français Paul Bocuse, décédé en 2018, le présentant comme « séducteur, aventurier, conservateur et furieusement moderne à la fois ». Deux ans après le succès de « Les Yeux de Mona », une ode à la peinture traduite dans de nombreuses langues, Thomas Schlesser célèbre la poésie dans « Le chat du jardinier » (Albin Michel), disponible en librairie en France le 29 janvier.
**Nouvelles venues**
Malgré le marasme d’une partie du secteur, des passionnés de livres n’hésitent pas à fonder de nouvelles maisons d’édition. C’est le cas des Editions Hardies, qui s’engagent à « publier uniquement des livres singuliers » et lancent avec le nouvel ouvrage de Pascal Quignard, « Il n’y a pas de place pour la mort », une invitation au vagabondage. La maison « Les corps conducteurs », nouvellement créée au sein du groupe indépendant « Nouveaux éditeurs », souhaite promouvoir des « livres électriques », tel que celui du jeune poète Victor Malzac, intitulé « Le monstre mur ».

