Maroc

Les jeunes, les femmes et les diplômés ne sont pas épargnés.

Le taux de chômage a enregistré une baisse modérée en 2025, passant de 13,3% à 13% au niveau national. Cinq régions regroupent près de 72 % des chômeurs, dont la région de Casablanca-Settat à 25,5%, suivie de Fès-Meknès à 13,8%.


Le taux de chômage a connu une légère baisse en 2025, comme l’indiquent les données fournies par le Haut-Commissariat au plan (HCP). Cependant, cette amélioration ne profite pas aux jeunes, aux femmes et aux diplômés qui sont les plus touchés. Entre 2024 et 2025, « le taux de chômage est passé de 13,3% à 13% au niveau national », selon l’institution, précisant qu’il a chuté de 6,8% à 6,6% (-0,2 point) en milieu rural et de 16,9% à 16,4% en milieu urbain (-0,5 point).

L’analyse des données révèle une diminution du nombre de chômeurs, qui a baissé de 17.000 personnes, pour passer de 1.638.000 à 1.621.000, soit une baisse de 1%. D’après le HCP, « cette baisse est la conséquence d’une diminution de 9.000 chômeurs en milieu urbain et de 8.000 en milieu rural ». Toutefois, le taux de chômage reste préoccupant parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, qui a augmenté de 36,7% à 37,2%, ainsi que chez les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%). Ces chiffres mettent en évidence les difficultés d’insertion professionnelle de ces groupes et l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail.

Par ailleurs, la note souligne que le chômage en 2025 est marqué par l’augmentation de la proportion des primo-demandeurs et du chômage de longue durée. Selon les mêmes sources, « la part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8% ». Ainsi, la durée moyenne de chômage est passée de 31 à 33 mois. Il est important de noter que 36,6% des chômeurs se sont retrouvés sans emploi en raison de l’arrêt ou de l’achèvement de leurs études ou formations, tandis que 25,4% l’ont été en raison de licenciements ou de la fermeture de leur établissement.

Une note légèrement positive est à relever : contrairement aux trois catégories mentionnées, le taux de chômage a diminué de 21% à 20,9% (-0,1 point) chez les 25 à 34 ans, de 7,6% à 7,2% (-0,4 point) pour les 35 à 44 ans, et de 4% à 3,6% (-0,4 point) pour les 45 ans et plus.

En outre, une évolution préoccupante a été notée : au cours de la même période, le taux de sous-emploi a augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural. Le « volume de sous-emploi » est passé de 1.082.000 à 1.190.000 personnes à l’échelle nationale, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain, et de 496.000 à 538.000 en milieu rural, selon le rapport de l’institution. Cette situation est d’autant plus inquiétante que « tous les secteurs d’activité économique ont connu une hausse du taux de sous-emploi », d’après le HCP.

Le secteur du « BTP » a enregistré la plus forte hausse, avec +2,1 points (de 19,6% à 21,7%), suivi par le secteur « agriculture, forêt et pêche » avec +0,8 point (de 12,1% à 12,9%), le secteur « industrie » avec +0,8 point (de 6,3% à 7,1%) et le secteur « services » avec +0,5 point (de 7,9% à 8,4%).

Cinq régions regroupent près de 72% des chômeurs. La région de Casablanca-Settat arrive en tête avec 25,5%, suivie de Fès-Meknès (13,8%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,1%), de l’Oriental (11%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (8,3%). Les plus forts taux de chômage sont observés dans les régions du Sud (22,8%), de l’Oriental (22,1%), de Fès-Meknès (15,1%) et de Casablanca-Settat (14,6%). En revanche, les régions de Marrakech-Safi, de Drâa-Tafilalet, et de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma affichent les taux les plus bas, respectivement de 8,1%, 8,4% et 9,4%.