Les flops d’un exécutif à la peine en fin de quinquennat.
Le quinquennat qui s’achèvera cette année laissera derrière lui une impression persistante de rendez-vous manqués avec une addition faite de dettes politiques, sociales, économiques et morales que le Maroc devra assumer bien après la fin de ce mandat. Les quatre premières années du quinquennat auront été marquées par un paradoxe lourd de sens : jamais les institutions n’ont autant fonctionné formellement, et jamais le débat démocratique n’a semblé aussi appauvri dans sa substance.
À l’heure des bilans, lorsque les discours s’effacent et que les chiffres redevenaient des faits, le quinquennat qui se termine cette année laisse une impression persistante de rendez-vous manqués. Le temps politique, généreux en apparence, n’a pas été converti en progrès durable. Les promesses se sont succédé, les slogans ont fleurit, mais les transformations structurelles se sont faites attendre. Ce gouvernement, loin de régler les urgences héritées, laisse au pays un lourd héritage de dettes politiques, sociales, économiques et morales que le Maroc devra porter bien après la fin de ce mandat.
Ce bilan ne se limite pas à un simple inventaire d’échecs conjoncturels. Il révèle une logique de gouvernance, une conception du pouvoir, et une relation problématique à la démocratie, au social et à l’État. Une examination sans complaisance de cette logique est essentielle pour comprendre pourquoi le gouvernement Akhannouch n’a pas su fournir des réponses durables aux défis fondamentaux du pays.
**1- La dette démocratique, ou le lent effacement du Parlement**
La première dette est sans doute la plus structurante, car elle conditionne toutes les autres. Elle touche au cœur même du fonctionnement démocratique : la place du Parlement et, au-delà, la conception du pouvoir qui a guidé l’action de l’exécutif durant ce mandat. Ces quatre premières années ont été marquées par un paradoxe : jamais les institutions n’ont autant fonctionné formellement, et jamais le débat démocratique n’a semblé aussi appauvri. Le Parlement, censé être le lieu par excellence de la délibération nationale, a progressivement été relégué à un rôle mineur. Les grandes orientations ont été décidées ailleurs, souvent dans l’opacité, et présentées aux représentants de la nation comme des choix déjà faits. Les séances plénières ont donné l’illusion d’un débat vibrant, mais la marge réelle d’amendement et d’influence s’est considérablement réduite. La majorité s’est souvent contentée d’aligner ses voix pour valider des textes élaborés sans confrontation démocratique.
Les projets de loi structurants ont été adoptés rapidement, parfois à marche forcée, nuisant à un examen approfondi. Les commissions parlementaires ont vu leur rôle vidé de sa substance, avec peu d’auditions, des contributions marginalisées, et des amendements rejetés sans véritable justification. Cette méthode ne relève pas du hasard ; elle traduit une conception verticale du pouvoir où le Parlement est devenu un simple rouage administratif. Le contrôle de l’action du gouvernement a également subi un affaiblissement préoccupant. Les questions, qu’elles soient orales ou écrites, ont souvent reçu des réponses évasives, déconnectées des préoccupations des citoyens. Les commissions d’enquête, essentielles pour la transparence, ont été évitées ou neutralisées par des jeux de procédure. Au fur et à mesure que le mandat avançait, une lassitude démocratique s’est installée, nourrissant l’idée que le contrôle parlementaire était davantage une mise en scène qu’un exercice réel du pouvoir de reddition des comptes.
À cette marginalisation politique s’ajoute une autre préoccupation : des zones d’ombre concernant les finances publiques. La question des comptes non certifiés, soulevée par les institutions de contrôle depuis longtemps, n’a jamais reçu de réponse politique claire et transparente. Plutôt que d’ouvrir un débat sur la gouvernance budgétaire, l’exécutif a préféré éviter le sujet, noyant la question dans des chiffres globaux. Dans une démocratie mature, la gestion de l’argent public exige clarté, pédagogie et responsabilité. Ce flou budgétaire fragilise le principe fondamental de reddition des comptes, sans lequel aucune confiance durable ne peut se créer entre gouvernants et gouvernés. Si les citoyens ne savent plus comment sont utilisés les fonds publics, c’est alors l’ensemble de la démocratie qui est menacé.
La démocratie ne s’érode pas seulement à travers des atteintes frontales, mais également via des mécanismes discrets : banalisation de l’opacité, affaiblissement des contre-pouvoirs et réduction du débat à un exercice formel. Cette érosion silencieuse est d’autant plus dangereuse qu’elle s’installe sur le long terme, normalisant l’exception et transformant l’urgence en méthode de gouvernance permanente.
En laissant le Parlement s’effacer et en vidant le contrôle démocratique de sa substance, ce gouvernement a contracté une lourde dette dont les effets iront bien au-delà de son mandat. Rétablir la centralité du Parlement, encourager le débat contradictoire et reconstruire la confiance institutionnelle nécessiteront bien plus qu’un changement de majorité. Cela exigera une rupture nette avec une culture de gouvernance fermée et un retour à l’esprit de la Constitution : un pouvoir partagé, contrôlé et au service de l’intérêt général.
**2 – La dette sociale, ou l’illusion statistique de la protection**
La généralisation de la protection sociale, présentée comme la fondation d’un nouvel État social, devait marquer un tournant historique dans la relation entre le citoyen et le pouvoir. Elle visait à mettre un terme à l’injustice qui fait que l’accès aux soins, à la dignité et à la sécurité sociale dépend du statut professionnel ou de la fortune. Cependant, après quatre ans, ce projet apparaît moins comme une conquête sociale qu’une construction fragile, davantage portée par la communication politique qu’une ingénierie publique rigoureuse. Les discours officiels bombardent de chiffres : millions de personnes couvertes, foyers intégrés, cartes distribuées. Mais derrière cette inflation statistique se cache une réalité bien plus difficile. Être « affilié » ne signifie pas être protégé. Des milliers de citoyens, notamment dans les régions rurales, découvrent chaque jour l’ampleur de l’écart entre leur inscription et leur capacité réelle à se soigner.
Le gouvernement a confondu extension administrative et réelle couverture sociale. Il a privilégié les chiffres aux services, la carte d’adhésion au médecin. Cette approche technocratique produit une protection sociale de papier : formellement universelle, mais matériellement inaccessible pour une grande partie de la population. Le paradoxe est amer : le Maroc n’a jamais compté autant d’assurés sur le papier, et jamais tant de citoyens n’ont ressenti une telle insécurité face à la maladie.
Cette fragilité structurelle est aggravée par des dysfonctionnements administratifs. Des milliers de dossiers sont bloqués, des droits suspendus sans explication. La complexité des procédures a transformé ce qui devrait être un filet de sécurité en une épreuve bureaucratique. Pour les plus vulnérables, la protection sociale est devenue une forteresse inaccessibile.
Cependant, la défaillance la plus grave réside dans l’abandon du fondement fondamental de toute protection sociale digne de ce nom, à savoir le service public de santé. Un État social ne peut se fonder sur des hôpitaux délabrés ou des urgences surchargées. En négligeant l’investissement continu dans les infrastructures de santé, le gouvernement a vidé la protection sociale de sa substance. Ce qui a été offert, ce n’est pas une sécurité, mais une illusion de sécurité. Une promesse sans moyens, un droit sans effectivité. La conséquence est une dette sociale profonde, invisible dans les tableaux Excel, mais bien réelle dans les foyers marocains : celle de l’angoisse face à la maladie et de la dignité blessée.
**3- La dette économique, ou la croissance sans partage**
D’après les discours officiels, l’économie marocaine aurait traversé ces quatre dernières années avec résilience. Les communiqués gouvernementaux indiquent que les indicateurs macroéconomiques montrent un pays en marche. Pourtant, pour des millions de Marocains, cette croissance n’a jamais augmenté leur bien-être et est restée un chiffre abstrait. Une économie se juge non seulement au taux de croissance, mais à sa capacité à générer des opportunités réelles. Or, ces quatre dernières années ont vu une expansion sans inclusion. La production a augmenté, mais dans des secteurs peu intensifs en main-d’œuvre, souvent concentrés, laissant une grande partie de la population à l’écart. Le chômage, notamment des jeunes et des diplômés, est resté élevé, révélant l’incapacité du modèle économique à intégrer les forces vives du pays.
Les inégalités se sont creusées. Les écarts entre territoires, catégories sociales et accès aux opportunités se sont accentués. Dans les villes, les classes moyennes ont vu leur pouvoir d’achat diminuer sous l’inflation. Dans les zones rurales, la vulnérabilité est devenue la norme. La croissance ne bénéficie pas au social, mais arrose quelques secteurs, laissant le reste du pays en dehors.
Dans ce paysage incertain, les petites et moyennes entreprises ont été les grandes oubliées. L’accès au crédit reste difficile, et les dispositifs publics ne parviennent pas à atteindre ceux qui en ont besoin. L’environnement réglementaire complexe et instable décourage l’initiative. Beaucoup d’entrepreneurs survivent plutôt que de développer leur activité.
Ce gouvernement a piloté l’économie sans boussole sociale. Les politiques ont privilégié l’équilibre économique au détriment de la dynamique humaine. Le résultat est une accumulation dangereuse : une dette de confiance entre l’État et les citoyens, entre institutions économiques et classes populaires, entre promesses de prospérité et réalités des fins de mois difficiles.
**4- La dette financière, ou l’endettement comme mode de gouvernance**
Sous le gouvernement Akhannouch, l’endettement public n’a pas été qu’un outil de régulation conjoncturelle, il est devenu un mode de gouvernance. La dette devait être un levier pour transformer la société, mais elle s’est muée en substitut à la politique économique. Les emprunts, au lieu de servir à bâtir l’avenir, sont utilisés pour payer le présent : salaires, subventions, dépenses. Cela signifie qu’on hypothèque l’avenir pour financer le présent. Chaque exercice budgétaire commence déjà chargé des intérêts de la dette, limitant l’investissement productif.
Cette question est autant économique que politique. Une dette structurelle traduit un déséquilibre durable entre ambitions et ressources mobilisées. Au lieu de s’attaquer à ce déséquilibre par une réforme fiscale ambitieuse, le gouvernement a choisi la facilité de l’endettement. Cette trajectoire soulève une question morale : celle de la justice intergénérationnelle. Les jeunes Marocains héritent d’une dette qu’ils n’ont pas contractée. Ils devront la rembourser sans en voir les bénéfices.
Ce débat n’a jamais eu lieu. La stratégie d’endettement n’a pas été soumise à une discussion nationale. Le Parlement a été réduit à enregistrer des lois de Finances de plus en plus complexes, sans vision claire. Les citoyens n’ont jamais été associés à ces choix fondamentaux. Une dette financière est aussi une dette démocratique : celle d’un État qui laisse aux générations futures un fardeau sans les avoir consultées.
**5 – La dette générationnelle, ou une jeunesse mise en attente**
Jamais l’écart entre les promesses faites aux jeunes et leur réalité n’a été aussi important. Le chômage massif des jeunes est le symptôme d’une rupture entre l’État et une génération entière. Des milliers de diplômés, après des années d’efforts, se retrouvent en attente, entre stages précaires et emplois informels. Cette situation est le résultat de choix politiques. Le modèle économique mis en œuvre par le gouvernement n’a pas été conçu pour absorber les jeunes entrants sur le marché du travail. Faute d’une stratégie ambitieuse et d’un soutien à l’entrepreneuriat productif, l’économie reste incapable de convertir le potentiel de sa jeunesse en richesse.
Les politiques de l’emploi ont multiplié les programmes sans résultat. Le gouvernement a substitué la gestion administrative du chômage à sa réelle résolution. Ces mesures, mal ciblées et faiblement coordonnées, n’ont pas changé la dynamique du marché du travail. Une génération ne peut vivre indéfiniment dans l’attente. L’absence de perspectives durables fragilise le lien social et alimente le doute. Une jeunesse qui n’occupe pas sa place dans l’économie finit par douter de son rôle dans la nation. Cela crée une dette générationnelle : une nation qui consomme l’énergie, l’intelligence et l’espoir de ses jeunes sans leur offrir un avenir.
Ce que la jeunesse marocaine attend, ce n’est pas une succession de contrats précaires, mais une vision claire de son rôle dans le projet national. Elle veut être actrice du développement, et non une variable d’ajustement. En laissant le chômage de masse des jeunes comme une normalité, les quatre premières années du gouvernement ont compromis l’avenir collectif.
**6 – La dette humaine, ou l’échec face à la pauvreté**
Le quinquennat devait se traduire par l’arrachage d’un million de familles à la pauvreté, mais cette promesse s’est révélée inaboutie. Au lieu de reculer, la précarité s’est installée dans le quotidien de larges franges de la population, exacerbée par l’inflation et la raréfaction des emplois stables. Pour des millions de Marocains, la pauvreté n’est pas une abstraction, mais une réalité concrète : la réduction du panier alimentaire, le poids croissant des factures, les soins médicaux différés, ainsi que la scolarité des enfants compromise.
La politique sociale menée a souvent géré la pauvreté sans la combattre. Les aides sont fragmentées, insuffisantes, ne s’attaquant jamais aux causes profondes : manque d’emplois décents, faibles salaires, inégalité d’accès à l’éducation, marginalisation territoriale. On distribue des filets de survie alors qu’il faudrait bâtir des tremplins vers l’autonomie.
La véritable mesure d’une politique sociale est le nombre de vies réellement améliorées. Trop de familles ont traversé ces quatre dernières années sans voir leur situation évoluer. Certaines ont même sombré dans la vulnérabilité face à l’augmentation des prix. Cette stagnation alimente un sentiment d’injustice : celui d’être invisible aux yeux de l’État. C’est cela, la dette humaine : une accumulation de frustrations et de blessures sociales que ne compensent ni les annonces ni les slogans. Cette situation touche à la dignité, rappelant que le sort de nombreux citoyens n’a pas été une priorité politique.
**7 – La dette réformatrice, ou l’immobilisme stratégique**
Le diagnostic des enjeux est connu : le système de retraites est en tension, la fiscalité est inéquitable et l’éducation peine à remplir sa mission. Ces chantiers n’étaient pas des surprises, mais ce qui a manqué, c’est la volonté politique de les aborder. La réforme des retraites, par exemple, n’a pas été faite en profondeur alors qu’elle nécessitait un dialogue social courageux. Chaque année de retard aggrave le déséquilibre financier, rendant les ajustements futurs plus brutaux. La même procrastination concerne la fiscalité : au lieu d’établir un système plus juste, on a multiplié les ajustements marginaux.
Dans le domaine de l’investissement, bien que les annonces aient été nombreuses, la cohérence a souvent fait défaut. Les procédures se sont complexifiées, décourageant l’initiative. Quant à l’éducation, censée être le socle de toute stratégie de développement, elle a été ballotée entre réformes inachevées.
Ce blocage est non seulement administratif, il est politique. Il révèle une incapacité à prendre des décisions, à expliquer les choix et à construire des compromis durables. Cet immobilisme a un prix. Chaque réforme reportée devient plus complexe et douloureuse. Chaque problème non résolu s’aggrave, réduisant les marges de manœuvre des gouvernements futurs. En choisissant la facilité du statu quo, le mandat en cours a accumulé une lourde dette réformatrice.
Une nation progresse en affrontant les choix politiques. Le courage ne consiste pas à préserver un équilibre momentané, mais à construire celui de demain. Ce gouvernement a sacrifié l’intérêt général pour une vision à court terme.
**8 – La dette stratégique, ou le renoncement au Nouveau modèle de développement**
Le Nouveau modèle de développement était censé être bien plus qu’un document de référence. Il se voulait une boussole historique, un contrat entre l’État et la société. Malheureusement, cette vision s’est vidée de sa substance, réduite à un slogan sans véritable guide d’action publique. Le problème n’a pas été l’absence d’un diagnostic, mais le manque de traduction politique. Les principes fondamentaux auraient dû être intégrés dans chaque politique publique, mais ils ont été traités comme des éléments secondaires, rarement incarnés dans les décisions.
Les stratégies sectorielles ont continué à avancer de manière chaotique, sans cohérence globale. Cette discordance entre la vision affichée et la réalité d’action révèle une abdication stratégique. Gouverner, c’est inscrire les actions dans une trajectoire claire. En l’absence d’un cap assumé, les politiques publiques se fractionnent et se diluent. Le prix de ce renoncement est immense : sans vision, les acteurs économiques hésitent et les citoyens doutent.
Le Nouveau modèle de développement aurait pu constituer le socle d’un nouveau pacte social et économique. En le reléguant à une vitrine, le gouvernement a manqué une occasion de donner un horizon au pays. Une nation sans horizon s’expose à l’usure, au découragement et à la dispersion.
**9 – La dette institutionnelle, ou la confiance érodée**
La solidité d’un État ne se mesure pas seulement par la force de ses lois, mais aussi par la crédibilité de ses institutions. Durant le mandat d’Akhannouch, l’érosion de la transparence et le renforcement des mécanismes de contrôle ont progressivement eu lieu. Ce recul s’est manifesté par une accumulation de pratiques qui ont fragilisé la confiance publique. Les institutions chargées de la bonne gouvernance ont vu leur rôle se restreindre, leurs rapports étant parfois ignorés.
Publier des audits sans en tirer de conséquences nourrit une culture de l’impunité, nuisible à la démocratie. La transparence a aussi reculé, l’accès à l’information étant souvent théorique. Ce manque de clarté empêche un débat public éclairé et réduit la capacité de la société civile à exercer son rôle.
Cette opacité crée un climat de suspicion. Si les citoyens ne comprennent plus comment les décisions sont prises et comment l’argent public est utilisé, la défiance s’installe, fragilisant la démocratie. Une dette institutionnelle est insidieuse, car elle ne se mesure pas immédiatement dans les statistiques économiques, mais se manifeste dans les conversations et le scepticisme croissant.
Réparer cette dette nécessitera bien plus qu’un changement de ton. Il faudra restaurer l’autorité des institutions et garantir leur indépendance. Car sans confiance, l’État perd sa légitimité, et sans légitimité, aucune politique publique ne peut durablement produire de résultats.
**10 – La dette morale, ou l’effritement de la promesse démocratique**
Enfin, bien au-delà des chiffres, il existe une dette plus grave, touchant à l’essence même du pacte démocratique : la dette morale. Elle se lit dans la régression des libertés, la marginalisation de la parole critique et la fermeture des espaces de débat public. Sous le gouvernement Akhannouch, la dérive a été lente et insidieuse, ce qui la rend d’autant plus dangereuse.
La démocratie ne meurt pas toujours sous un gouvernement autoritaire, mais s’érode souvent dans le silence. Le débat public s’est appauvri, les décisions majeures étant prises loin du regard des citoyens. Cette période a permis de percevoir un exécutif qui a appris à durer sans convaincre, à décider sans dialoguer.
Cette érosion de l’esprit démocratique laisse des marques profondes. Elle alimente le cynisme, le désengagement et la colère, éloignant les citoyens de la chose publique. Lorsque les promesses démocratiques sont trahies, c’est la confiance collective qui se délite. Les promesses non tenues finissent par réapparaître sous forme de revendications.
À l’heure où ce quinquennat touche à sa fin, l’addition est lourde non seulement pour l’économie et le social, mais aussi pour la démocratie. Reste la question cruciale : qui osera faire face à cette réalité, rompre avec la culture du monologue et ouvrir un nouveau chapitre fondé sur la justice sociale, la démocratie vivante, et la confiance retrouvée entre l’État et ses citoyens ?

