Maroc

Le programme « vers une administration de l’égalité » devient permanent.

Le Médiateur du Royaume Hassan Tariq a annoncé, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des femmes à Rabat, la décision d’ériger le programme « vers une administration de l’égalité » en activité permanente de l’Institution. Les échanges ont également conclu que la cartographie des réclamations féminines adressées au Médiateur, en lien avec des allégations d’inégalités d’accès aux services publics, concerne principalement des dysfonctionnements dans la gestion des services sociaux de l’Etat.


Le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq, a annoncé, lors de la célébration de la Journée internationale des femmes à Rabat, la transformation du programme « vers une administration de l’égalité » en une activité permanente de l’institution, après avoir été initialement conçu comme une initiative temporaire.

Cette décision implique l’intégration de la question de l’égalité administrative au sein des missions de la Division des études, de l’analyse et du suivi, qui sera chargée d’un suivi constant et de l’élaboration d’un rapport annuel dédié à l’administration de l’égalité, comme indiqué dans un communiqué du Médiateur du Royaume.

Cette démarche s’inscrit dans le choix de l’année 2026 comme année de la médiation administrative et fait suite à la Haute Décision Royale qui a décrété le 9 décembre comme Journée nationale de la médiation de service public, une initiative qui reflète l’importance de la culture de la médiation et l’engagement envers les valeurs d’équité administrative.

Lancé en juillet 2025, le programme « vers une administration de l’égalité », qui fait partie d’une nouvelle génération de programmes de dialogue public initiés par l’Institution ces derniers mois, représente également un mécanisme de plaidoyer institutionnel sur la relation entre l’administration et la condition des femmes, ainsi qu’une plateforme pour renforcer l’ancrage des valeurs d’égalité homme/femme dans l’accès aux services et aux administrations publiques.

Le programme vise également à mettre en lumière les inégalités persistantes dans les cadres juridiques et réglementaires de l’administration ainsi que dans ses pratiques. À cet égard, trois forums ont été organisés : le premier rassemblant la société civile et les acteurs des droits humains et du mouvement féminin, le deuxième impliquant les institutions élues, les départements gouvernementaux et les instances de gouvernance, et le troisième réunissant des universitaires et des chercheurs.

Parallèlement à ces rencontres, l’Institution du Médiateur du Royaume a organisé des séances d’écoute et de communication sur « l’Administration de l’égalité » à des niveaux central, régional et local.

Ces discussions ont révélé plusieurs conclusions majeures, notamment que la demande de médiation est principalement un phénomène masculin, compte tenu de la nature des requêtes envoyées à l’Institution, et que la question de l’égalité administrative reste l’un des angles morts de l’agenda de la recherche scientifique, en dépit de la richesse des études consacrées à l’égalité politique et sociale et de l’intérêt croissant pour l’égalité économique.

Les échanges ont également indiqué que la cartographie des plaintes féminines adressées au Médiateur, en lien avec des allégations d’inégalités d’accès aux services publics, se concentre principalement sur des dysfonctionnements dans la gestion des services sociaux de l’État, notamment dans les domaines de la protection sociale, de la retraite, du soutien, du logement et de la santé. De plus, la problématique de l’égalité administrative semble davantage liée à la justice qu’à une véritable ambition d’équité.