Le préscolaire toujours dernier de la classe


Le préscolaire toujours dernier de la classe

Un rapport parlementaire met à nu d’importantes carences

L’un des grands problèmes concerne la multiplication des intervenants. Certaines structures relèvent du ministère de la jeunesse tandis que d’autres sont sous la tutelle des Habous sans oublier le rôle du ministère de l’éducation nationale.

Surpeuplement, personnel sous-payé, multiplication des intervenants, absence de cadre législatif, classes hors-norme… il semble que le préscolaire manque de tout. En tout cas, un rapport parlementaire pointe du doigt un ensemble de dysfonctionnements avec un grand impact sur le secteur. Pourtant, le Maroc aspire à la généralisation de cet enseignement à tous les enfants. Face à ce constat dressé par les députés, la situation semble être déjà très compliquée et donc les objectifs affichés difficiles à atteindre. L’un des grands problèmes concerne la multiplication des intervenants.

Certaines structures relèvent du ministère de la jeunesse tandis que d’autres sont sous la tutelle des Habous sans oublier le rôle du ministère de l’éducation nationale. A ces acteurs s’ajoutent les opérateurs privés et surtout les associations et la société civile d’une manière générale. C’est la raison pour laquelle le rapport parlementaire met en avant la nécessité de développer un cadre organisé et spécifique pour le rôle de la société civile dans l’enseignement primaire et déterminer la responsabilité de l’État, ainsi qu’un cadre réglementaire qui définit l’intervention des associations de parents et tuteurs d’élèves. Il a par ailleurs recommandé de faire adhérer les acteurs intéressés, compétents et expérimentés, au développement des compétences pédagogiques pour travailler avec les associations spécialisées, en plus de promouvoir la contribution des entreprises à ce chantier à travers des mécanismes de parrainage et de suivi.

Hors normes

Car il semble que le financement consacré pour la généralisation est en dessous des attentes et surtout des besoins. Les visites sur le terrain effectuées montrent, selon le rapport, qu’il existe un surpeuplement dans certaines structures avec des effectifs dépassant les 35 enfants dans la même classe. Pire encore, des bambins de différents âges sont entassés dans les mêmes structures tandis que la quasi-totalité des établissements visités est hors-norme. Selon le rapport, des classes destinées aux élèves des primaires sont utilisées pour accueillir les enfants du préscolaire sans le moindre investissements dans un matériel adapté aux besoins du préscolaire. C’est pour cette raison que les parlementaires préconisent la réhabilitation des salles dédiées à l’enseignement primaire dans les écoles publiques, afin qu’elles soient conformes aux normes de qualité. Le rapport insiste pour fournir les garanties légales de mise en œuvre des standards de qualité en matière logistique, pédagogique, sanitaire, éducative et de sécurité pour la gestion des salles et la priorisation de la réalisation des objectifs du Programme national pour les établissements du monde rural. S’agissant des ressources humaines, le document montre comment les éducatrices sont sous-payées sans prise en compte du niveau académique de celles-ci (certaines ont un master alors que d’autres sont du niveau bac). Il est ainsi recommandé d’élaborer un cadre juridique et financier pour la catégorie des éducateurs qui garantit leurs droits et identifie la partie responsable de leur gestion, ainsi que leur sélection selon des conditions appropriées.

Référentiel

Le rapport parlementaire s’est également arrêté sur la nécessité d’obliger tous les acteurs et partenaires publics et privés à adopter le référentiel élaboré par le ministère de l’éducation nationale, à opter exclusivement pour les livres approuvés par le ministère, à tenir compte des spécificités géographiques, culturelles et linguistiques dans la préparation et la mise en œuvre des programmes d’enseignement et à élaborer un guide pédagogique spécial pour les enfants en situation de handicap pour aider les éducateurs à bien gérer les classes accueillant cette catégories d’élèves.

Le rapport a également souligné la nécessité de fournir toutes les données financières relatives aux contributions de tous les intervenants et contributeurs au programme national afin d’améliorer la transparence et de faciliter les processus de suivi et d’évaluation, ainsi que pour allouer davantage de fonds à la promotion de l’enseignement préscolaire.

Intégration

Concernant l’intégration des enfants des immigrés africains et des réfugiés dans le système, le rapport a recommandé la nécessité d’élaborer un guide pédagogique pour l’éducation inclusive de ces enfants, d’élaborer un manuel en leur faveur et de revoir les livres d’enseignement afin de les harmoniser avec la perspective éducative de cette catégorie et de développer un plan pour former les éducateurs à l’éducation inclusive des immigrants et des réfugiés.

Et de préconiser une révision des programmes et des approches éducatives, notamment avec l’expérience liée à la Covid-19, à réfléchir au concept d’éducation hybride basé sur la combinaison de la formation en présentiel et les solutions technologiques qui engagent les parents dans le développement des capacités de leurs enfants. Le rapport a appelé à repenser le modèle de formation, en relation avec le contexte de la pandémie et à investir dans le développement de la recherche sur les futures méthodes d’enseignement.