Maroc

Le Premier secrétaire alerte sur des pratiques nuisant à l’égalité des chances.

Lors du 2ème congrès national du secteur ittihadi des commerçants, le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a exprimé des inquiétudes sur des pratiques nuisant à l’égalité des chances lors des élections, plaidant pour des élections plus transparentes et justes. Le président du Syndicat national des commerçants et des professionnels du secteur, Nabil Nouri, a souligné l’importance de cette catégorie dans l’économie nationale et a évoqué les défis actuels auxquels elle fait face, incluant la crise économique mondiale et la concurrence déloyale.


Dans un discours prononcé lors du 2ème congrès national du secteur ittihadi des commerçants, des professionnels et des artisans, qui s’est tenu en fin de semaine dernière au Complexe Moulay Rachid de la jeunesse et de l’enfance à Bouznika, le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a alerté sur des pratiques potentiellement nuisibles à l’égalité des chances lors des prochaines élections. Il a appelé à des élections plus transparentes et justes pour l’ensemble des Marocains.

« Les mêmes scènes se répètent : le président et les institutions signataires s’assoient devant les caméras, et la scène est diffusée à la télévision pour donner l’illusion qu’un parti particulier a réalisé les projets, que ce soit dans la santé, l’agriculture ou d’autres secteurs », a-t-il affirmé, ajoutant : « Et puis on prétend que toutes les garanties d’intégrité des élections sont assurées ».

Driss Lachguar a également soulevé la question du devoir des responsables après leur nomination par S.M le Roi, les invitant à faire face à ces situations et à en discuter au sein du gouvernement. Il a exprimé que durant cette période préélectorale, il aurait été préférable que les ministres cessent les inaugurations et l’utilisation des ressources de l’État.

Le dirigeant ittihadi a exprimé son indignation en signalant qu’il a été demandé à certains présidents de régions et de conseils de présenter des projets dans le but de faire croire à l’origine d’un projet par un parti spécifique. Il a souligné la difficulté de parler d’élections honnêtes face à de telles pratiques, qu’il considère comme extrêmement préoccupantes.

Concernant la social-démocratie, Driss Lachguar a mentionné les récents changements dans le discours politique marocain, notant que certaines parties, en conséquence des Directives Royales sur la protection sociale et la couverture sanitaire à la suite de la pandémie de Covid-19, ont commencé à faire l’éloge de la social-démocratie, qui a été et reste la référence de l’USFP. Le dirigeant ittihadi a ironisé sur le fait que « tous l’ont adoptée… Même ceux qui, hier encore, faisaient l’éloge du libéralisme et affirmaient que ceux qui veulent éduquer leurs enfants doivent payer de leur poche, et ceux qui veulent se soigner doivent également payer, parlent aujourd’hui de social-démocratie ».

« Nous devons nous méfier de cette falsification et de cette manipulation », a-t-il averti. Driss Lachguar a également rappelé que l’USFP est présent internationalement aux côtés des partis sociaux-démocrates à travers le monde, en Amérique latine, en Asie, en Europe et en Afrique, pour défendre les causes nationales.

Le président du Syndicat national des commerçants et des professionnels du secteur, Nabil Nouri, a pour sa part ouvert le congrès par un discours dans lequel il a mis en avant le rôle essentiel de cette catégorie dans le tissu économique et social national. Il a fait savoir que le congrès s’inscrit dans la dynamique actuelle de l’USFP et son ouverture à diverses catégories de la société.

Il a affirmé que les commerçants et professionnels ont toujours joué un rôle clé dans les moments marquants de l’histoire du Maroc, depuis le mouvement national et la lutte pour l’indépendance jusqu’à la défense de la démocratie et des intérêts de cette catégorie cruciale de la société. Nabil Nouri a également souligné que le Syndicat national a contribué durant des décennies à défendre les droits et aspirations économiques et sociales de cette catégorie.

Il a ensuite abordé les défis majeurs auxquels le secteur est confronté aujourd’hui, notamment les conséquences de la crise économique mondiale, les variations quotidiennes des prix, la concurrence déloyale, l’expansion des grandes surfaces et des marques étrangères, ainsi que les risques associés au commerce électronique et aux marchés informels. Tous ces facteurs, a-t-il dit, nécessitent des mesures claires de la part du gouvernement pour soutenir et protéger le secteur.

Nabil Nouri a conclu son discours en insistant sur la nécessité de développer une vision et une stratégie clairement définies, répondant aux revendications et aux besoins des commerçants et professionnels, tout en renforçant les capacités humaines et logistiques pour assurer la continuité de leur rôle essentiel dans le tissu national et protéger leurs intérêts face aux défis croissants.

Elias Rayane