Le modèle marocain de coexistence religieuse présenté à Genève
L’ambassadrice du Maroc près le Saint-Siège, Mme Rajae Naji Mekkaoui, a souligné que le Royaume a développé un modèle « unique » de coexistence religieuse, reconnu à l’échelle internationale, lors d’un événement à Genève, jeudi. La Constitution marocaine « affirme fermement l’engagement du Royaume en faveur de la tolérance, de la coexistence, du dialogue et du respect de la diversité religieuse ».
L’exemplarité du modèle marocain de coexistence religieuse a été mise en avant, jeudi dernier à Genève, par l’ambassadrice du Maroc près le Saint-Siège, Mme Rajae Naji Mekkaoui. Elle a souligné que le Royaume a élaboré un modèle « unique » de coexistence religieuse et de dialogue interreligieux, reconnu à l’échelle internationale, représentant “un rempart contre les discours de haine et les idéologies extrémistes”.
Lors d’un événement organisé par la Mission permanente du Royaume auprès de l’ONU-Genève, en marge de la 61e session du Conseil des droits de l’Homme, Mme Mekkaoui a affirmé que “le Royaume du Maroc a développé un modèle unique, reconnu et largement salué à l’échelle internationale, similaire au modèle andalou qui était lui-même inspiré du modèle marocain”.
La diplomate a rappelé que la Constitution marocaine “affirme fermement l’engagement du Royaume en faveur de la tolérance, de la coexistence, du dialogue et du respect de la diversité religieuse”. Alors que l’islam est la religion officielle, “la Constitution garantit la liberté de croyance et de culte pour tous”, confiant au Souverain, en tant que Commandeur des croyants, la protection de tous les fidèles et de leur liberté religieuse.
Selon l’ambassadrice, l’identité marocaine s’est construite sur une vision dans laquelle “la foi n’est pas une source de division, mais plutôt un facteur d’unité et de richesse”. “Au Maroc, on ne parle pas de minorités, mais d’une nation unique, diverse et multiculturelle”, a-t-elle précisé.
Elle a expliqué que ce modèle repose sur un islam modéré, basé sur l’acharisme pour la foi, le malikisme pour le droit et le soufisme pour le comportement, conciliant “raison et révélation dans une approche équilibrée, ouverte et tolérante”, sous l’autorité du Commandeur des croyants, un titre unique au monde porté par les Souverains marocains et représentant la spécificité du modèle marocain.
Pour illustrer cette tradition, elle a rappelé que le Maroc a longtemps été “une terre d’accueil et de refuge pour les opprimés”, mentionnant l’intégration historique de la communauté juive et le refus de Feu SM Mohammed V d’appliquer les lois antisémites de Vichy, en déclarant : “Il n’y a pas de juifs au Maroc, il n’y a que des sujets marocains… et un père n’abandonne jamais sa famille”.
Mme Mekkaoui a également souligné le rôle de l’Université Al-Qarawiyyine à Fès, fondée en 859, qualifiée de “plus ancien espace de dialogue et de diversité académique au monde”, ainsi que le travail d’institutions religieuses marocaines qui diffusent “les valeurs de tolérance, de fraternité et de coexistence pacifique”.
Face à la montée des discours de haine, accentuée par les réseaux sociaux, le Maroc appelle à des stratégies globales incluant “la gouvernance de l’intelligence artificielle”, la coopération en matière de régulation numérique et la lutte contre la radicalisation en ligne. “Le principal défi réside dans le fait de trouver un équilibre entre la protection de la liberté d’expression et la sanction de l’incitation à la haine”, a conclu l’ambassadrice.
Modérée par l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU à Genève, Omar Zniber, cette rencontre sur “la protection des droits de l’Homme par la lutte contre les discours de haine et la promotion du dialogue interreligieux” a été marquée par la qualité et la diversité des intervenants, parmi lesquels figuraient des représentants du Saint-Siège, du Congrès juif mondial, du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme et du Conseil œcuménique des églises, soulignant l’importance d’une mobilisation large et inclusive pour promouvoir le dialogue interreligieux et combattre les discours de haine et la discrimination.

