Le Maroc se met à la détection des virus dans les eaux usées


Le Maroc se met à la détection des virus dans les eaux usées

Création d’un laboratoire de surveillance virologique. Une première

Le virus pouvait être présent dans les eaux usées à des taux insuffisamment élevés et que le virus lui-même et son ARN peuvent être trop labiles pour faciliter la détection dans les eaux usées. Plusieurs études ont prouvé l’efficacité de cette méthode pour la surveillance du virus.

C’est une première au Royaume. Le Maroc compte se doter en 2023 d’un laboratoire de surveillance virologique des eaux usées. C’est l’annonce faite par le ministre de la santé et de la protection sociale, Khalid Ait Taleb, au cours de la présentation du projet de budget sectoriel du ministère de la santé et de la protection sociale au titre de l’année 2023 devant la commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants. Ce dernier a annoncé, dans ce sens, la mise en place d’un réseau de laboratoires couvrant l’ensemble du territoire national, la création d’un laboratoire de surveillance virologique des eaux usées, ainsi que la mise en place d’un système national de veille sanitaire efficient. Il faut dire que des expériences pilotes avaient été menées en pleine crise sanitaire au Maroc au cours de l’année 2020.

A l’époque, l’ONEE (Office national de l’eau et de l’électricité) avait effectué des prélèvement dans les stations d’épuration gérées par l’Office. Les responsables semblent aujourd’hui tirer les premières conclusions de cette expérience pilote à travers la création d’un laboratoire de surveillance virologique des eaux usées. Il s’agit de surveiller la circulation de virus comme la Covid-19. En 2020 et alors que la pandémie se propageait partout dans le monde à une très grande vitesse, le doute qui régnait au sein de la communauté scientifique était que le virus pouvait être présent dans les eaux usées à des taux insuffisamment élevés et que le virus lui-même et son ARN peuvent être trop labiles pour faciliter la détection dans les eaux usées. Plusieurs études ont prouvé l’efficacité de cette méthode pour la surveillance du virus. Des expériences avaient été menées notamment dans les Pays-Bas, l’Espagne et en Italie. Selon un bulletin épidémiologique du ministère de la santé marocain daté du mois d’août 2020, la surveillance des eaux usées a plusieurs avantages puisqu’elle offre un meilleur ciblage de la population à dépister, des alertes précoces pour l’émergence, la résurgence à l’échelle de la communauté ainsi que le renseignement sur l’état, les tendances (accélération ou décélération), la suppression et l’élimination de la Covid-19.

Pour la même source, il s’agit aussi de la détection de la Covid-19 quelques jours avant que le test de diagnostic ne se positive chez les individus asymptomatiques, permettant de gagner des jours critiques en facilitant la recherche des contacts et d’arrêter la chaîne de transmission sans oublier la réduction au minimum de la survenue de cas graves, dont le nombre peut dépasser les capacités des hôpitaux de soins intensifs et les établissements de soins. Aussi, cette surveillance peut être utilisée comme un outil pour guider la phase finale de contrôle de l’infection. Une fois que les efforts ont réussi au point où les cas graves sont rares, mais que les infections asymptomatiques persistent, la surveillance des eaux usées pourrait s’avérer très utile dans la détection de tout nouveau groupe naissant qui échapperait autrement à la détection. C’est aussi un meilleur moyen de déterminer la partie de la population qui n’est pas infectée à tout moment donné.

Etude italienne

Une expérience italienne avait été menée pour la détection de la Covid-19 dans les eaux usées. Dans le détail, les chercheurs italiens avaient effectué des prélèvements de 12 échantillons d’eaux usées collectés entre février et avril 2020 dans les usines de traitement des eaux usées de Milan et de Rome. Dans l’ensemble, 6 échantillons sur 12 étaient positifs. Un des résultats positifs obtenu dans un échantillon d’eaux usées de Milan prélevé quelques jours (24/2/20) après le premier cas italien notifié de SRAS-CoV-2 autochtone (21/4/20).
L’étude montre que la surveillance des eaux usées a le potentiel d’être appliquée au SRAS-CoV-2 en tant qu’outil sensible pour étudier les tendances spatiales et temporelles de la circulation des virus dans la population. D’autres pays ont ainsi adopté la même démarche pour traquer le virus et adapter les ripostes sanitaires aux résultats obtenus à partir des analyses effectuées sur les eaux usées collectées.

Budget

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Présentant le projet de budget sectoriel du ministère de la santé et de la protection sociale au titre de l’année 2023 devant la commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, le ministre de la santé et de la protection sociale, Khalid Ait Taleb, avait assuré il y a quelques jours que son département veille à consolider les acquis réalisés et à poursuivre la matérialisation du chantier de réforme du système de santé aux fins d’accompagner la généralisation de la couverture sociale conformément aux Hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI. Le ministre a ajouté que son département s’est impliqué dans le chantier de réforme du système de santé qui vise à faciliter l’accès aux prestations médicales et à les améliorer tout en veillant à assurer une répartition équitable de l’offre de soins, une souveraineté médicamenteuse et une suffisance en médicaments et autres produits médicaux, outre la promotion de la recherche scientifique et de l’innovation, la mise sur pied d’un système informatique intégré ainsi que la valorisation et la qualification des ressources humaines.