Le Maroc célèbre un patrimoine artistique vieux de millénaires.
Le Festival de l’histoire de l’art de Fontainebleau se déroulera du 5 au 7 juin et mettra à l’honneur le Maroc pour sa 15e édition. Cette édition promet d’explorer « une histoire artistique plurimillénaire, de l’Antiquité à la création contemporaine », avec une programmation riche comprenant plus de 200 événements.
Pour la première fois depuis sa création en 2011, le Festival de l’histoire de l’art de Fontainebleau, situé dans la région parisienne, mettra en avant un pays africain lors de sa prochaine édition, programmée du 5 au 7 juin : le Maroc. Selon les organisateurs, cette 15e édition a pour objectif d’explorer « une histoire artistique plurimillénaire, de l’Antiquité à la création contemporaine, du patrimoine archéologique aux vitalités d’aujourd’hui, de l’architecture à l’artisanat ».
Des voix marocaines et des figures internationales seront présentes, notamment Salima Naji et Amina Agueznay, illustrant que la transmission n’est pas un musée figé, mais une dynamique en mouvement. Cela a été précisé lors de la présentation de l’affiche de cette édition, qui a pour thème « Le Maroc et la mode ». En dévoilant l’affiche de sa 15e édition, le festival annonce son intention de favoriser le dialogue entre les formes et les modes, du Maroc à Fontainebleau, du vêtement à l’histoire des images.
L’affiche, inspirée d’une figure féminine dans le style de James Tissot, le pseudonyme du peintre et graveur français Jacques Joseph Tissot (1836-1902), s’appuie sur la richesse des arts décoratifs marocains tout en évoquant une mémoire vivante. On y voit le portrait d’une « Jeune femme sur un bateau », habillée à la manière des élégantes de la fin du XIXe siècle, se détachant sur une porte ouvrant vers Rabat et la tour Hassan.
« Tout est là. La mode comme surface, et la mode comme passage. Non pas un simple cycle de tendances, mais une manière d’habiter le temps, de négocier l’identité, de transformer la parure en écriture », a-t-on souligné. Pour les organisateurs du festival, la mode devient une clé : elle ouvre des portes et questionne nos représentations, incitant au discernement, tout en rappelant que le vêtement peut être à la fois un langage de résistance et un chant de beauté.
Cette problématique sera explorée sous divers aspects, notamment ses formes, ses usages, ses images et ses discours, dans une approche interdisciplinaire. Ainsi, l’affiche annonce déjà une édition axée sur « les échanges, les passages, et cette question simple en apparence, vertigineuse en profondeur : que dit un corps quand il se vêt, et que dit une civilisation quand elle se raconte en images ».
Pour sa 15e édition « consacrée au Maroc et à la mode », le festival souhaite mettre en lumière « un épisode majeur de l’art occidental à l’attention de tous les publics, petits et grands », à travers une programmation riche, comprenant plusieurs moments forts axés sur l’archéologie, le cinéma, l’art et l’artisanat, ainsi que sur le voyage du célèbre artiste-peintre français Eugène Delacroix au Maroc.
Le lien dynamique entre création et tradition sera particulièrement au centre du festival, avec la participation de deux figures marocaines représentant cette dynamique : Amina Agueznay, qui participera à la Biennale de Venise en avril, et Salima Naji, lauréate du Prix international 2025 des femmes architectes (ARVHA).
Étant l’une des premières manifestations culturelles à inaugurer la saison estivale, le Festival de l’histoire de l’art se tient chaque année durant le premier week-end de juin au château de Fontainebleau. Pendant trois jours, spécialistes, étudiants et passionnés se rassemblent pour « un moment de partage autour de l’actualité de la recherche en histoire de l’art ». Conférences, tables rondes, projections de films, expositions, salon du livre et de la revue d’art, rencontres étudiantes et professionnelles, visites, ateliers pour enfants et concerts : le festival propose plus de 200 événements célébrant la richesse des arts visuels de toutes les époques.

