Le déficit budgétaire passe à 61,6 MMDH en 2025.
Le déficit budgétaire du Royaume a atteint 61,6 MMDH à fin décembre 2025, contre 61,5 MMDH un an auparavant, selon la Trésorerie générale du Royaume (TGR). Les dépenses émises au titre du budget général se sont élevées à 567,4 MMDH à fin décembre 2025, en hausse de 9,9% par rapport à fin décembre 2024.
Selon les données fournies par la Trésorerie générale du Royaume (TGR), le déficit budgétaire a légèrement augmenté en fin d’année 2025, poursuivant une tendance haussière entamée depuis mai 2024.
Le rapport du bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP) de décembre 2025 mentionne que « sur la base des recettes encaissées et des dépenses émises, la situation des charges et ressources du Trésor dégage un déficit budgétaire de 61,6 MMDH à fin décembre 2025, contre un déficit de 61,5 MMDH un an auparavant ».
Cette augmentation du déficit s’explique par un « solde positif de 30 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA) ». En 2024, le déficit était aussi de 61,5 MMDH, prenant en compte un solde positif de 21,8 MMDH des CST et SEGMA.
Les recettes ordinaires brutes ont connu une hausse de 10,9% (+40,3 MMDH), atteignant 410 MMDH, contre 369,7 MMDH à fin décembre 2024. Cette augmentation est attribuée à la hausse des impôts directs de 19,8%, des droits de douane de 6,5%, des impôts indirects de 10% et des droits d’enregistrement et de timbre de 10,1%, tandis que les recettes non fiscales ont chuté de 7,6%.
Les recettes fiscales brutes s’élèvent à 358,9 MMDH, en hausse de 14,1% (+44,4 MMDH) par rapport à 314,5 MMDH en 2024, grâce à l’augmentation des recettes douanières de 9,1% et de la fiscalité domestique de 16,6%.
Les recettes non fiscales se chiffrent à 51,03 MMDH, en baisse de 7,6% (-4,1 MDH) par rapport à l’année précédente. Ce déclin est en partie dû à la diminution des versements des CST au budget général (18,94 MMDH contre 23,7 MMDH), à l’absence de recettes liées à la privatisation et à une baisse des recettes en atténuation des dépenses de la dette.
Il est important de noter que malgré la baisse des recettes non fiscales, les recettes de monopoles ont augmenté, passant de 16,6 MMDH à 20,6 MMDH, tout comme les fonds de concours, qui sont passés de 2,8 MMDH à 4,3 MMDH.
En ce qui concerne les dépenses du budget général, elles ont atteint 567,4 MMDH à fin décembre 2025, soit une augmentation de 9,9% par rapport à 2024. Cette hausse est le résultat de l’augmentation des dépenses de fonctionnement de 11,5%, des dépenses d’investissement de 8,2% et des charges de la dette budgétisée de 7,2%.
La TGR indique également que « la hausse de 7,2% des charges de la dette budgétisée s’explique par l’augmentation de 13% ou +5 MMDH des intérêts de la dette (43,7 MMDH contre 38,7 MMDH) et la hausse de 3,7% ou +2,4 MMDH des remboursements du principal ou amortissements (65,9 MMDH contre 63,5 MMDH) ».
Concernant les engagements de dépenses, ceux-ci s’élèvent à 821,7 MMDH, avec un taux d’engagement global de 83%, contre 84% à fin décembre 2024, et un taux d’émission sur engagements de 93% contre 92% un an auparavant.
À fin décembre 2025, les recettes des CST ont atteint 224,3 MMDH, prenant en compte les versements des charges communes d’investissement du budget général qui se chiffrent à 31 MMDH, en hausse par rapport à 28,4 MMDH en 2024.
Les dépenses des CST, intégrant les remboursements et restitutions fiscales de 6,8 MMDH, se sont établies à 194,8 MMDH, ce qui donne un solde de 29,5 MMDH. Les recettes des SEGMA ont également augmenté, passant de 3,1 MMDH à 3,35 MMDH, représentant une hausse de 6,7%, tandis que leurs dépenses ont augmenté de 7,3%, atteignant 2,8 MDH.
Enfin, la TGR conclut que « à fin décembre 2025, les recettes ordinaires ont été réalisées à hauteur de 111,6% des prévisions de la loi de Finances, les dépenses ordinaires ont été exécutées pour 101,6% et les dépenses d’investissement pour 100,7% ».
**Alain Bouithy**

