L’arabe, acteur majeur de la traduction scientifique à Rabat
Les participants à un colloque international ont souligné, mardi à Rabat, le rôle central de la langue arabe dans la traduction scientifique ainsi que son importance dans l’acquisition et la transmission du savoir. Le programme de ce colloque comprend plusieurs séances dont l’une porte sur l’histoire de la traduction scientifique au Maghreb Arabe, ainsi que sur les traductions scientifiques rédactionnelles au Maroc au XIXe siècle.
Les participants d’un colloque international, qui s’est tenu mardi à Rabat, ont mis en lumière le rôle essentiel de la langue arabe dans la traduction scientifique ainsi que son rôle crucial dans l’acquisition et la diffusion du savoir.
Ce rassemblement, organisé par l’instance académique supérieure de traduction relevant de l’Académie du Royaume du Maroc sous le thème « Acquérir et transmettre les savoirs : le rôle de l’arabe dans la traduction scientifique », a vu les intervenants insister sur la nécessité de maîtriser les méthodologies scientifiques pour assurer une traduction de qualité vers la langue arabe.
Abdelfattah Lahjomri, coordinateur de l’instance académique supérieure de traduction, a affirmé que « pour acquérir le savoir, il ne suffit pas de l’utiliser mais encore faut-il savoir transformer la donnée en compréhension, la compréhension en organisation et l’organisation en innovation ».
Selon M. Lahjomri, la traduction scientifique est perçue comme un « acte civilisationnel » et permet aux sociétés de passer de la « consommation » à la « production », ainsi que de « la science apprise à celle enseignée, développée et innovante ».
Le programme de ce colloque inclut plusieurs séances, dont l’une est consacrée à l’histoire de la traduction scientifique au Maghreb Arabe, à l’analyse du transfert de technologie et de la traduction aux XVIIe-XVIIIe siècles, ainsi qu’aux traductions scientifiques rédactionnelles au Maroc au XIXe siècle.
Une autre séance, dédiée à la traduction médicale et pharmaceutique, aborde l’évolution de la terminologie médicale en confrontant les travaux de Constantin l’Africain (XIIIe s.) à ceux de Lucien Leclerc (XIXe s.). En plus de la précision lexicale, la traduction scientifique en arabe et vers l’arabe est considérée comme un levier essentiel pour réécrire l’histoire des sciences.
Le programme prévoit également un panel sur les approches historiques et dialogiques entre l’arabe et d’autres langues, les défis liés à la traduction arabe des œuvres astronomiques de Ptolémée, ainsi que l’apprentissage des mathématiques en arabe et en turc durant l’époque ottomane.
Cet évènement réunit des chercheurs du Maroc, de Tunisie, de France, des États-Unis, de Turquie et d’Égypte, qui mettront en avant le rôle majeur de la traduction et de la langue arabe dans l’enrichissement des connaissances scientifiques et leur circulation au travers de l’histoire.

