La paix à portée de main ?
Les négociations irano-américaines étaient de ce fait pas plus qu’un leurre. La mort du guide suprême de l’Iran, au premier jour, devrait donner une idée sur cette force de frappe israélo-américaine.
Les tensions actuelles ne sont pas nouvelles. Cela semblait inévitable. Ce qui devait arriver est enfin arrivé. Si un effet de surprise devait exister, il n’était sûrement pas du côté de Washington ou de Tel Aviv, qui préparaient leur coup depuis des mois. Les négociations entre l’Iran et les États-Unis n’étaient alors rien d’autre qu’un leurre, un stratagème… De bonne guerre, selon un stratège militaire. Téhéran l’aura compris à ses dépens, trop tard.
L’Iran des mollahs n’est pas un modèle de vertu. Il n’a pas réussi à se faire des amis dans son entourage. Au contraire, les pays voisins nourrissent une crainte justifiée envers un voisin jugé trop puissant et aux ambitions dominatrices, mais ils ont fait de leur mieux pour éviter une confrontation directe.
À tel point qu’ils redoutaient une offensive américaine, craignant un embrasement qui les toucherait également. Cependant, Israël se trouve de l’autre côté, allié aux États-Unis, et est plus pressé que jamais de neutraliser un ennemi juré et ses menaces répétées. Les cibles déclarées de cette offensive israélo-américaine visent à détruire les ambitions nucléaires de l’Iran et ses capacités balistiques, tout en cherchant à éliminer les hauts responsables du régime.
Les frappes continuent encore, la double mission n’étant pas achevée selon les responsables, malgré les succès initiaux qui ont marqué le début de cette offensive. La mort du guide suprême de l’Iran, dès le premier jour, donnait un aperçu de la force de frappe conjointe israélo-américaine, d’autant que d’autres hauts dignitaires du régime ont également trouvé la mort.
Concernant l’embrasement redouté par les pays de la région, il est bien réel. Bien que Téhéran affirme que les bases militaires américaines sont la cible, de nombreux bâtiments civils ont également été touchés, entraînant des morts et des blessés.
En Iran, des civils ont également perdu la vie, comme ces enfants décédés sous les décombres de leur école. Il n’existe pas de guerre propre et les frappes ne sont pas aussi “chirurgicales” que certaines sources veulent le faire croire.
C’est le début, mais pour combien de temps encore ? L’élimination du leader ne signifie pas forcément la chute du régime. Un régime s’effondre de l’intérieur, c’est bien connu.
Le président américain a appelé le peuple à agir, à reprendre ces manifestations qui avaient servi de “déclencheur” à la situation actuelle. Autant leur demander d’endosser le rôle de chair à canon. Qu’il s’agisse du guide suprême ou non, ceux qui détiennent le pouvoir de répression sont toujours présents. Alors, la paix est-elle à portée de main ? Comme cela a été suggéré. Pas si sûr. D’ailleurs, cette paix profiterait à qui, exactement ?
**Par Mohamed Benarbia**

