La crise des déchets menace la croissance et le tourisme en MENA.
La production de déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) s’élève actuellement à 155 millions de tonnes par an et ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. Selon le rapport, seulement 10 % des déchets de la région sont recyclés, réutilisés ou compostés, et environ 67 % des déchets sont mal gérés.
La production de déchets dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) atteint actuellement plus de 155 millions de tonnes par an, selon un rapport de la Banque mondiale, qui avertit que ce chiffre pourrait doubler d’ici 2050 sans mesures correctives.
« La hausse de la production de déchets menace de plus en plus la santé publique, l’environnement et l’industrie touristique », affirme l’institution financière internationale dans son nouveau rapport, basé sur des données récentes provenant de 19 pays et 26 villes.
**La région produit plus de déchets par habitant que la moyenne mondiale**
Le document, intitulé « Gestion des déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord », indique que la zone MENA génère une plus grande quantité de déchets par habitant que la moyenne mondiale, engendrant chaque année 7,2 milliards de dollars de dommages environnementaux.
Bien que les taux de collecte des déchets soient relativement élevés (près de 80% en moyenne), la Banque mondiale considère la situation préoccupante, précisant que « le recyclage et le traitement sont nettement à la traîne ».
« Moins de 10% des déchets sont recyclés et plus des deux tiers sont mal gérés, ce qui favorise la pollution de l’air, du sol et de l’eau ainsi que la prolifération des déchets marins, tout en posant de graves risques pour la santé », explique la Banque mondiale dans son rapport.
Celui-ci souligne également que la région est responsable du plus grand volume de rejets plastiques en mer par habitant, la Méditerranée figurant parmi les mers les plus polluées au monde, ce qui aggrave la situation.
Pour Almud Weitz, directrice régionale de la division Infrastructures de la Banque mondiale, « l’amélioration des services de gestion des déchets est essentielle pour réduire la pollution, protéger les populations et garantir que les villes restent des moteurs de croissance et d’opportunités ». Elle rappelle que les centres urbains de la région MENA sont en première ligne face à ce défi.
De son côté, Mesky Brhane, directrice régionale de la division Planète de la Banque mondiale, soutient qu’« une réduction de 1% de la production de déchets pourrait permettre à la région d’économiser jusqu’à 150 millions de dollars par an ».
Selon elle, « la modernisation des systèmes de gestion des déchets et l’adoption de solutions d’économie circulaire peuvent protéger la santé publique, renforcer le tourisme et bâtir des villes plus écologiques ».
Le rapport appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire, plaidant pour des actions adaptées aux différents types d’économies.
D’après le document, les économies à revenu élevé pourraient réduire considérablement les décharges et adopter des solutions circulaires pour traiter en amont les déchets ; celles à revenu intermédiaire pourraient viser une collecte universelle et améliorer le traitement et la valorisation des déchets.
Concernant les États fragiles et en conflit, la Banque mondiale suggère d’« adopter des approches techniquement simples et peu coûteuses, en s’appuyant particulièrement sur les communautés ».
L’institution précise dans son rapport que 83% des déchets collectés dans la région MENA pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés pour produire de l’énergie. Elle conclut que « la transition vers une économie circulaire pourrait également créer des emplois de meilleure qualité, notamment dans les services de gestion des déchets et le recyclage, tout en transformant la crise actuelle en un moteur de croissance durable ».
**Chiffres clés, impacts et leviers de transformation**
– La région MENA génère plus de déchets par personne et par jour que la moyenne mondiale (0,9 contre 0,79 kg/personne/jour).
– La production de déchets dans la région s’élève actuellement à 155 millions de tonnes par an, avec un doublement prévu d’ici 2050 si aucune action n’est entreprise.
– La mauvaise gestion des déchets entraîne des coûts environnementaux estimés à 7,2 milliards de dollars par an.
– Le gaspillage alimentaire seul engendre chaque année 60 milliards de dollars de pertes économiques.
– La crise des déchets menace la santé, la croissance et le secteur touristiquel.
– Actuellement :
– 10 % des déchets de la région seulement sont recyclés, réutilisés ou compostés.
– Environ 67 % des déchets sont mal gérés (non collectés, déversés à l’air libre, brûlés ou non suivis).
– 83 % des déchets collectés pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés en énergie.
– Le passage à un modèle d’économie circulaire pourrait permettre à la région MENA de récupérer 83 % des déchets qu’elle produit, tout en générant des emplois de meilleure qualité.
– Une réduction de 1 % de la production de déchets permettrait d’économiser 150 millions de dollars par an.
– Le secteur de la gestion des déchets solides emploie environ 400 000 personnes dans l’économie formelle et compte autant de travailleurs informels.
(Source : Banque Mondiale)

