Kristi Noem, symbole de la politique d’immigration de Trump
Kristi Noem, âgée de 54 ans, est la ministre de la Sécurité intérieure des États-Unis et a été critiquée pour ses méthodes d’expulsions d’immigrés. Après la mort d’un second citoyen américain à Minneapolis, le président Donald Trump a annoncé le déplacement de Tom Homan, responsable de la politique d’expulsions, sur place pour lui rendre compte directement.
Posant sans complexe devant des détenus entassés dans une célèbre mégaprison salvadorienne, Kristi Noem incarne à la caricature l’inflexibilité de l’administration Trump en matière d’immigration clandestine. Cependant, les méthodes controversées de la ministre de la Sécurité intérieure suscitent de plus en plus de critiques.
La disgrâce de l’ancienne gouverneure du Dakota du Sud, âgée de 54 ans, n’est pas encore manifeste. Toutefois, après la mort, samedi, d’un second citoyen américain abattu par un policier fédéral à Minneapolis, le président Donald Trump a annoncé, lundi, l’envoi de Tom Homan, responsable de la politique d’expulsions d’immigrés, précisant : « Tom est sévère mais juste et il me rendra compte directement. »
La ministre a salué cette annonce sur X, mais les médias rapportent depuis plusieurs mois des tensions entre elle et M. Homan, en particulier sur l’ampleur et les cibles des arrestations massives d’immigrés décidées par la Maison Blanche.
Kristi Noem « a l’entière confiance du président des États-Unis et continue à superviser l’ensemble du ministère de la Sécurité intérieure et de toute la politique d’immigration à travers le pays », a déclaré lundi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lorsqu’on lui a demandé si l’envoi de M. Homan pouvait représenter un désaveu pour la ministre.
Suite à la mort de l’infirmier Alex Pretti, tué samedi par un agent de la police aux frontières, Kristi Noem a immédiatement plaidé la légitime défense pour l’auteur des tirs. Comme elle l’avait fait après la mort de Renee Good, abattue le 7 janvier à Minneapolis par un agent de la police de l’immigration (ICE), une théorie rapidement contestée par l’analyse des vidéos des tirs mortels.
À la suite de ce décès, une élue démocrate à la Chambre des représentants a déposé une motion en destitution contre la ministre, qui aurait recueilli lundi 120 coparrainages de ses collègues, soit plus de la moitié des démocrates à la Chambre.
En novembre dernier, face à un juge fédéral exigeant des explications sur sa décision de passer outre son ordre de suspendre des expulsions vers le Salvador, en vertu d’une loi d’exception de 1798 sur les « ennemis étrangers », l’administration Trump a reconnu que cette décision avait été prise par Kristi Noem elle-même.
La ministre s’était même rendue en mars à la mégaprison Cecot, peu après ces expulsions, prenant la pose pour les caméras lors de sa visite.
« Le président Trump et moi-même avons un message clair pour les immigrés illégaux criminels : PARTEZ MAINTENANT. Si vous ne partez pas, nous vous traquerons, nous vous arrêterons et vous pourriez finir dans cette prison salvadorienne, » avait-elle écrit dans une publication sur ses réseaux sociaux, accompagnée de photos de l’établissement pénitentiaire.
Cette mère de trois enfants, qui a grandi dans un ranch, est perçue comme un pilier de la famille « Make America Great Again » (Maga), rassemblant les plus fervents soutiens de Trump au sein du Parti républicain. Elle défend des positions ultraconservatrices sur des sujets sensibles tels que l’avortement, l’immigration et les armes à feu, qu’elle utilise pour s’illustrer.
Kristi Noem, initialement pressentie comme une potentielle colistière de Donald Trump pour l’élection présidentielle de 2024, a vu ses ambitions diminuer en raison de la controverse suscité par une révélation contenue dans ses mémoires à paraître. Elle y raconte avoir été contrainte d’abattre sa jeune chienne, baptisée « Cricket », âgée d’un an et deux mois, en raison de son caractère « indomptable » et indiscipliné, provoquant un tollé dans une société américaine très attachée aux animaux de compagnie. Kristi Noem a voulu démontrer ainsi qu’elle était prête, en politique comme dans sa vie personnelle, à prendre des décisions difficiles, même si cela s’avère « moche ».
En mai, la ministre avait été moquée après une audition au Sénat où elle avait confondu le principe d' »habeas corpus », qui protège les droits fondamentaux aux États-Unis, et le pouvoir qu’aurait selon elle le président d’expulser des immigrés à sa guise.

