Khalid Tinasti rejoint le panel de l’ONU sur les drogues.
La Commission des stupéfiants des Nations unies (CND) a élu le Marocain Khalid Tinasti parmi les membres d’un panel d’experts indépendants chargé de repenser la politique mondiale des drogues lors de sa 69e session à Vienne. Adoptée en mars 2025 à l’initiative de la Colombie, la résolution 68/6 a marqué une inflexion notable dans les équilibres diplomatiques à Vienne.
La Commission des stupéfiants des Nations unies (CND) a récemment élu le Marocain Khalid Tinasti au sein d’un panel d’experts indépendants lors de sa 69e session à Vienne, ce panel étant chargé de repenser la politique mondiale des drogues.
Ce groupe d’experts, créé par la résolution 68/6 et qui comprend 19 membres, a pour mission de formuler des recommandations concrètes d’ici 2027 concernant l’avenir du système international de contrôle des drogues, une démarche inédite depuis l’adoption des conventions onusiennes sur le sujet.
Adoptée en mars 2025 à l’initiative de la Colombie, la résolution 68/6 a marqué un tournant dans les relations diplomatiques à Vienne. Elle donne au panel un mandat technique et politique : identifier les limites du système actuel et proposer des réformes, tout en respectant l’architecture des trois conventions internationales sur le contrôle des drogues.
Le choix des membres reflète l’ambition de cette initiative. Provenant de tous les continents, ils possèdent des compétences élevées dans les domaines du droit international, des politiques de sécurité et de la santé mondiale. À 40 ans, Khalid Tinasti, originaire de Casablanca, représente une génération de décideurs qui s’affirme dans les forums du multilatéralisme.
Né au Maroc, formé à Paris et actuellement basé à Genève, Khalid Tinasti a progressivement acquis une influence sur les questions de politiques publiques internationales. Il commence sa carrière au sein du cabinet du ministre de la Ville dans le gouvernement Fillon en France, avant de se concentrer sur des enjeux globaux. Pendant près de dix ans, il dirige la Global Commission on Drug Policy, qui regroupe 22 anciens chefs d’État, dont Kofi Annan, Juan Manuel Santos et Olusegun Obasanjo, puis la Climate Overshoot Commission, présidée par Pascal Lamy.
Il a également présidé le Programme Advisory Panel du Robert Carr Fund, qui se consacre à la lutte contre le VIH auprès des populations les plus vulnérables, et fait partie du New Generation Network de la Fondation Mo Ibrahim, qui identifie les leaders africains émergents.
Sur le plan académique, ses publications figurent dans des revues renommées comme The Lancet, Addiction ou le Brown Journal of World Affairs. Il est l’auteur du Research Handbook on International Drug Policy. Ses tribunes sont régulièrement publiées dans Le Monde, Le Temps et L’Économiste. Il a enseigné au Global Studies Institute de l’Université de Genève et enseigne actuellement à l’IHEID, tout en étant David F. Musto Fellow à l’Université de Shanghai.
La nomination de Khalid Tinasti intervient alors que le Maroc se positionne comme un acteur actif dans les discussions internationales sur les politiques des drogues. Premier pays de la région MENA à avoir adopté une réforme législative régissant l’usage du cannabis à des fins médicales et industrielles, avec la loi 13-21, le Royaume a choisi de placer son approche dans le cadre des normes internationales.
Khalid Tinasti a contribué aux réflexions accompagnant cette évolution, en apportant son expertise sur les marges d’interprétation des conventions onusiennes et en participant au débat public national.

