Industrie et développement durable : Le modus operandi du Groupe OCP

Industrie et développement durable : Le modus operandi du Groupe OCP

Il a triplé sa production d’engrais tout en maîtrisant son empreinte carbone

Le développement durable fait partie intégrante de la stratégie du Groupe OCP et de sa transformation industrielle depuis plusieurs années. Pour preuve, OCP a changé progressivement son business model en s’engageant dans des solutions environnementales. Cet engagement prend de plus en plus de place dans les projets du Groupe. Parmi les résultats les plus probants en la matière, celui de la maîtrise de l’empreinte carbone du Groupe durant ces dernières années. «Si vous regardez depuis les 6 dernières années, notre empreinte carbone a augmenté uniquement de 17% alors que notre production d’engrais a triplé.

Nous sommes passés de la production de 4 millions de tonnes d’engrais à 12 millions aujourd’hui en gardant quasiment notre empreinte carbone au même niveau. Derrière cette performance, beaucoup de projets, d’engagements et plusieurs investissements», explique Hanane Mourchid, senior vice-président, Sustainability platform du Groupe OCP, lors d’une réunion à distance organisée récemment par l’entreprise à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement. Au cours de cette réunion sous le thème «Le temps de la nature», la responsable a dévoilé quelques-unes des principales performances du Groupe en matière de développement durable ainsi que les projets environnementaux futurs sur lesquels l’entreprise travaille actuellement. Les détails.

86% de l’énergie consommée par le Groupe est propre

A ce jour, 86% de l’énergie que consomme le Groupe OCP vient du renouvelable. «L’énergie électrique que nous consommons cette année c’est de l’énergie propre constituée essentiellement de l’énergie issue de la cogénération, c’est-à-dire de la chaleur et l’énergie récupérée sur nos installations de production, que nous transformons en électricité pour satisfaire nos besoins internes», indique Hanane Mourchid ajoutant qu’il y a aussi une bonne partie de l’énergie éolienne qui vient alimenter les mines du Groupe.

Aujourd’hui, 3 mines sur 4 sont couvertes à 100% par de l’énergie éolienne. A horizon 2030, le Groupe s’est engagé dans le cadre de son programme de l’économie circulaire à couvrir 100% de ses besoins industriels en énergie électrique propre. Il s’agit de réussir son développement industriel ambitieux, tout en contribuant aux Objectifs de développement durable des Nations Unies. Pour y parvenir, un certain nombre de leviers et de mesures sont mis en place comme la récupération de la chaleur, le développement de nouvelles unités de récupération, l’efficacité énergétique, la certification des installations, la certification de l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire.

Comment le Groupe couvre ses besoins hydriques

«Bien évidemment en complément à la partie énergie nous travaillons aussi sur l’adaptation aux changements climatiques puisque l’une des questions centrales qu’engage la discussion sur les changements climatiques est la question de l’eau. Donc en guise d’adaptation, OCP a aussi l’objectif d’arriver à couvrir ce besoin à 100% avec de l’eau non conventionnelle», relève la responsable au sein d’OCP. A terme, toute l’eau consommée par le Groupe sera issue du dessalement d’eau de mer ou de la réutilisation des eaux usées urbaines. A ce jour, 3 unités de traitement d’eau usée sont construites (à Youssoufia, Benguerir et Khouribga). Des unités d’installation de dessalement à Jorf, à Laâyoune et d’autres sont en projet afin de se défaire de l’eau conventionnelle.

Le pipeline a permis d’éviter plus de 300.000 tonnes de CO2 par an

Avec la mise en place du grand projet du pipeline, toute la logistique du Groupe OCP a changé. Pendant des années, le phosphate était transporté de la mine de Khouribga à la plate-forme de Jorf via transport ferroviaire. Une fois le pipeline opérationnel, celui-ci a permis d’éliminer l’empreinte CO2 qui venait des transports mais aussi l’empreinte carbone qui venait du séchage du phosphate. Le phosphate était lavé à la mine puis séché pour être transporté ensuite aux unités industrielles. Aujourd’hui, le mode de transport hydraulique utilisé est écologique dans la mesure où la progression de la pulpe est en effet favorisée par la gravité naturelle, ce qui permet de conserver son humidité, tandis que l’intégralité de l’eau servant à son transport est réutilisée au niveau des installations de valorisation du phosphate. Le pipeline a permis d’éviter plus de 300.000 tonnes d’émissions de CO2/an et la récupération de 1,5 million de mètres cubes d’eau/an. Il n’en est qu’à sa moitié à ce jour, et lorsqu’il sera utilisé à 100% il permettra d’éviter jusqu’à 1 million de tonnes d’émission de CO2/an.

Projets futurs : Passer à l’ammoniac vert

Les projets futurs du groupe sont très ambitieux. Ainsi, le recours aux molécules vertes en fait partie. «Vous savez que nous sommes l’un des plus grands importateurs mondiaux d’ammoniac et donc nous considérons que la question d’ammoniac et particulièrement l’ammoniac vert nous concerne absolument et c’est pour ça que nous sommes engagés sur la recherche liée à ce sujet», indique Hanane Mourchid. Il s’agit d’utiliser les énergies renouvelables pour produire l’ammoniac vert qui viendrait remplacer l’ammoniac fossile. «Nous avons aujourd’hui un projet d’une unité pilote d’ammoniac vert et nous considérons aussi d’utiliser le solaire et l’énergie thermique comme substituts à la consommation d’autres énergies fossiles dans nos installations telles que le fioul par exemple. Nous travaillons également sur des pilotes de séchage solaire pour les phosphates afin de ne plus faire le séchage de manière conventionnelle», conclut la responsable.