Hugo Marques : une nouvelle approche au-delà des gants
Hugo Marques, né le 15 janvier 1986, est un gardien de but angolais qui participe à la CAN 2025, qui se déroule au Maroc du 18 décembre au 21 janvier. Il joue actuellement pour le Petro Luanda et a précédemment évolué au FC Porto, avant d’obtenir la nationalité angolaise en 2011.
L’histoire du joueur angolais Hugo Marques dépasse celle d’un gardien de but talentueux ; elle incarne la longévité et la résilience dans le football africain, illuminée par la CAN 2025 qui se déroulera du 18 décembre au 21 janvier sur les terrains marocains. À près de 40 ans (né le 15 janvier 1986), il se présente comme l’un des vétérans du tournoi, un titre qui témoigne de sa carrière riche et de son amour indéfectible pour le jeu, qu’il espère terminer en beauté avec cette sixième participation de l’Angola à la CAN.
Marques avait déclaré : « Je savais que mon tour viendrait, et maintenant j’y serai », exprimant son désir de jouer enfin à la CAN, après avoir été sélectionné il y a plus de dix ans sans entrer en jeu. Il s’agit du rêve d’une vie, un chapitre manquant qui n’est plus motivé par la quête de gloire personnelle ou un transfert, mais par un sentiment d’accomplissement et pour prouver que l’âge n’est qu’un nombre face à un engagement sans faille.
« L’âge n’est qu’un chiffre. Je suis là parce que j’ai travaillé dur pour ça, et j’apporte mon expérience », a-t-il déclaré après sa sélection avec Neblú et Dominique pour protéger les buts des Palancas Negras. En ce qui concerne les préparatifs du tournoi, il a prévu que « ce sera la meilleure CAN de tous les temps, car le Maroc se prépare à accueillir la Coupe du monde et on va trouver des conditions exceptionnelles. Ce sera une CAN très disputée ».
Ces propos illustrent un professionnel toujours au sommet de sa forme, un leader vocal et inspirant, concentré sur le succès collectif de son équipe. Ce mental d’acier pourrait expliquer la décision du sélectionneur français Patrice Beaumelle de le rappeler en équipe nationale après trois ans d’absence en raison de choix techniques antérieurs, tant il a besoin d’un pilier expérimenté. Ses coéquipiers et les observateurs décrivent son rôle comme celui d’un leader, d’un mentor et d’un doyen qui « cherche à puiser dans son expérience », comme l’a souligné la CAF, assurant que l’homme n’est pas là pour faire de la figuration mais pour performer au plus haut niveau.
« Jouer avec des jeunes joueurs est incroyable parce qu’ils veulent apprendre, et je suis là, et je veux les aider. Je n’arrête pas de parler sur le terrain et dans le vestiaire », explique Marques, soulignant la nécessité d’une base solide pour encadrer les jeunes talents. Il a ainsi acquis la réputation d’un grand frère protecteur, le premier à consoler un jeune défenseur après une erreur et, tel un capitaine, le dernier à quitter le terrain après les entraînements.
Sa résilience s’est illustrée récemment au Grand Stade de Marrakech lorsqu’il a été blessé lors d’une intervention en première mi-temps contre le Zimbabwe (1-1). Préférant être soigné dans son but, il a ensuite repris le jeu avec un bandage autour de la tête jusqu’au sifflet final. Cet incident rappelle également comment il avait été agressé par un supporter angolais lors d’un match de la Ligue des Champions de la CAF contre le Wydad Casablanca en mars 2023, mais avait continué à jouer après avoir été soigné.
Ses coéquipiers parlent souvent de sa sérénité contagieuse et de sa façon d’aborder les grands matchs avec un calme olympien, où son leadership se manifeste à travers des conseils et des instructions qui inspirent toute la défense. Avec sa stature imposante (environ 1,90 m), Marques dégage une présence naturelle dans sa surface. Contrairement à certains jeunes gardiens qui peuvent être submergés par la pression, il apporte le calme d’un homme ayant déjà tout vécu sur le terrain.
Né à Fão, au Portugal, d’une mère angolaise et d’un père mozambicain, il a d’abord évolué dans les divisions inférieures du football portugais, avant de rejoindre le centre de formation du FC Porto à l’âge de 16 ans. En 2011, il s’installe en Angola, pays dont il obtiendra la nationalité peu après. Il rentre au Portugal en 2016, jouant pour plusieurs clubs, avant de prendre part aux 24 matches de la saison 2019-2020 avec le S.C. Farense (3ème division), ce qui a permis à l’équipe de retrouver la Primeira Liga après 18 ans d’absence.
Gardien de Petro Luanda depuis 2022, il a également joué pour Cape Town City FC (2021/2022), SC Covilhã (2016/2017), et Kabuscorp SC do Palanca (2011/2016), entre autres. Ce parcours lui a conféré une polyvalence technique et tactique, avec un style souvent décrit comme économique, privilégiant le bon placement et l’anticipation plutôt que des arrêts spectaculaires.
Hugo Marques symbolise un lien fort entre deux cultures footballistiques, son parcours l’ayant mené des terrains exigeants du Portugal à la compétition intense de la Girabola (championnat angolais) et des coupes africaines (Ligue des champions de la CAF) avec son club, le Petro Luanda. En continuant à jouer en Angola, il a fait un choix de cœur et de transmission, participant activement au développement du football dans son pays. Ainsi, il incarne le type de joueur dont on se souvient non seulement pour ses arrêts, mais aussi pour la leçon de vie qu’il propose : celle d’une carrière menée avec humilité, discipline, et l’espoir que le meilleur moment pourrait encore être à venir, même à l’aube de la quarantaine.

