Gestion des risques de catastrophes : Le Maroc cité en exemple


Gestion des risques de catastrophes : Le Maroc cité en exemple

Le ghota de la protection civile en Afrique en conclave à Rabat

Le Maroc a instauré une gouvernance institutionnelle en matière de gestion des risques de catastrophes, a affirmé, mardi à Rabat, le wali, secrétaire général du ministère de l’intérieur, Mohamed Faouzi, à l’ouverture de la 6ème session de la réunion des directeurs généraux et directeurs africains de la protection civile
«Grâce aux Hautes orientations de SM le Roi, prononcées dans Son discours au lendemain du tremblement de terre d’Al Hoceima en 2004, le Royaume a commencé à explorer les différentes options de gestion de l’ensemble des risques de catastrophes naturelles auxquelles le pays est confronté, passant d’une approche curative à une approche préventive étant donné que le coût de relèvement de reconstruction est plus important que celui de prévention», a souligné M. Faouzi. En guise d’application de cette approche, le Maroc a instauré une gouvernance institutionnelle en matière de gestion des risques de catastrophes et de renforcement des capacités de certaines institutions existantes concernées par la gestion des risques, dont la direction générale de la Protection civile, le Centre de veille et de coordination, l’Institut national de géophysique, en plus de la Direction générale de la météorologie et le Centre royal de la télédétection spatiale.
A cela s’ajoute la création en 2009 d’un Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles, a poursuivi le secrétaire général du ministère de l’intérieur, notant qu’en 2016, avec l’appui de la Banque mondiale (BM), un Programme de gestion intégrée des risques de catastrophes naturelles et de la résilience (PGIR) pour un montant initial de 200 millions de dollars sur une période de 5 ans a été mis en place, avec une extension jusqu’en 2023 suite à l’approbation par la BM d’un financement additionnel de 100 millions de dollars.

En outre, a-t-il fait savoir, une Direction de la gestion des risques naturels (DGRN) a été créée en 2020 au sein du ministère de l’intérieur abritant un Observatoire national des risques, chargé de collecter et de partager les données et les indicateurs sur les risques naturels afin de renforcer la coordination entre les différents intervenants dans le domaine de la gestion des risques de catastrophes.
Ladite direction abrite également un Centre national de prévision des risques, chargé d’alerter par anticipation les populations exposées aux risques et de mettre en sécurité les personnes, les biens et les activités économiques, a relevé M. Faouzi.
Évoquant la 6ème réunion des directeurs généraux et des directeurs africains de la protection civile, le secrétaire général a indiqué qu’elle constitue «un témoignage de l’intérêt qu’accorde l’OIPC aux relations de coopération qui unissent les pays africains et traduit, également, la volonté commune des pays membres à donner un dynamisme et une forte impulsion aux relations de coopération dans un domaine aussi sensible et en évolution permanente qui est celui de la protection civile».

«Il va sans dire que les risques et les catastrophes qui menacent le monde d’aujourd’hui, et particulièrement notre continent africain, sont multiples et diversifiés et peuvent causer d’importants dégâts, les changements climatiques et leurs retombées en sont les principaux facteurs», a fait remarquer M. Faouzi, soutenant que ce constat «implique de notre part un engagement effectif et une volonté solide pour relever les défis communs de notre continent en matière de prévention et de gestion des risques et catastrophes.» «Il est évident que nous ne saurions affronter isolément les risques et catastrophes qui ne connaissent pas de frontières; et qu’il est impérativement nécessaire de joindre nos efforts à ceux de la communauté et des organisations internationales pour appréhender et extirper, autant que faire se peut, les racines de ces dangers (…) tout en développant nos propres systèmes de protection civile et de gestion des risques et catastrophes de nos pays», a souligné M. Faouzi. Organisée par l’Organisation internationale de la Protection civile (OIPC) et la direction générale de la protection civile, cette session figure parmi les résolutions de la 5ème réunion des directeurs africains de la protection civile, tenue du 28 au 30 septembre 2021 à Lomé, au Togo. Son objectif est d’offrir aux pays participants l’occasion d’échanger sur la mise en œuvre des différentes recommandations issues des réunions précédentes qui concourent à la mise à niveau des structures de protection civile des pays africains et la promotion de la coopération entre ces pays.
Étalée sur deux jours (13-14 septembre), cette réunion ambitionne également de mettre sur pied les premiers jalons d’une stratégie régionale africaine adossée sur des stratégies sous-régionales qui portent sur la création et la mutualisation des moyens et des outils de gestion des risques.
Ont pris part à cet évènement la secrétaire générale de l’OIPC, Mariatou Yap, les directeurs généraux et les directeurs de la protection civile des pays africains membres de l’OIPC, en plus du secrétariat général du Conseil des ministres arabes de l’intérieur, qui est représenté par son Bureau de protection civile et des affaires de l’environnement, abrité à Rabat.
L’ouverture de cette réunion a été marquée par la projection d’un film institutionnel sur la protection civile marocaine.