Maroc

Frappes près de sites nucléaires : l’ONU craint une « catastrophe absolue »

Le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk, a estimé que les frappes ciblant des zones proches de sites nucléaires en Iran et en Israël font courir le risque d’une « catastrophe absolue ». Le président du Conseil des droits de l’Homme, Sidharto Reza Suryodipuro, a indiqué avoir reçu une lettre de l’Iran, de la Chine et de Cuba demandant un débat urgent concernant la « protection des enfants et des établissements d’enseignement dans les conflits armés internationaux ».


Les frappes visant les zones proches de sites nucléaires en Iran et en Israël présentent un risque de « catastrophe absolue », a déclaré mercredi le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk. « Les récentes frappes de missiles à proximité de sites nucléaires en Israël et en Iran soulignent l’immense danger d’une nouvelle escalade; les États flirtent avec une catastrophe absolue », a-t-il affirmé dans un message vidéo lors de l’ouverture d’une réunion d’urgence du Conseil des droits de l’Homme consacrée aux frappes iraniennes dans le Golfe.

Ce débat, qui a eu lieu à la demande des six pays du Conseil de coopération du Golfe et de la Jordanie, aborde « la récente agression militaire lancée par l’Iran contre Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (…) ciblant les civils et les infrastructures civiles, et ayant entraîné la perte de vies innocentes », selon son intitulé.

Au cours du week-end, l’Iran a attaqué un centre de recherche nucléaire à Dimona, dans le sud d’Israël, en réponse à une frappe contre un de ses complexes à Natanz (centre). Mardi, une frappe israélo-américaine a touché la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, sans causer de dégâts, selon l’organisation iranienne de l’énergie atomique.

« La situation est extrêmement dangereuse et imprévisible, et a engendré le chaos dans toute la région », a mis en garde M. Türk, estimant que la dynamique « complexe » du conflit « pourrait déclencher à tout moment de nouvelles crises nationales, régionales ou mondiales, avec des conséquences dramatiques pour les populations civiles et mondiales ». « Nous ne pouvons plus recourir à la guerre comme instrument des relations internationales », a-t-il exhorté.

Mardi, le président du Conseil des droits de l’Homme, Sidharto Reza Suryodipuro, a annoncé avoir reçu une lettre de l’Iran, de la Chine et de Cuba demandant un autre débat urgent relatif à la « protection des enfants et des établissements d’enseignement dans les conflits armés internationaux », en référence au bombardement ayant visé le 28 février une école à Minab, dans le sud de l’Iran, faisant plus de 150 morts d’après le gouvernement iranien. Cette demande devait être examinée par le bureau du Conseil.