Maroc

Financement public de la culture : moins de 0,6 % du PIB mondial

Le financement public direct dédié à la culture reste inférieur à 0,6% du PIB mondial, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la Culture (UNESCO) dans son rapport 2026. D’après le rapport, 85% des Parties ayant ratifié la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles déclarent avoir mis en place des stratégies numériques en faveur de l’économie créative.


Le financement public direct destiné à la culture reste en deçà de 0,6 % du PIB mondial, déclare l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la Culture (UNESCO) dans son rapport 2026 intitulé « Repenser les politiques en faveur de la créativité ». « Moins de 0,6 % du PIB est alloué au financement public direct de la culture dans le monde, et la tendance est à la baisse », tandis que la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) « continue de négliger les secteurs créatifs », souligne le rapport onusien qui appelle à des mesures politiques « osées » pour inverser cette situation et « pour que la créativité compte ».

Le rapport, qui offre une vue d’ensemble de l’évolution des politiques influençant les secteurs culturels et créatifs mondialement, note que malgré un moment charnière pour la créativité avec les industries culturelles et créatives comme moteur de croissance et de durabilité, les bénéfices de cette dynamique demeurent « inégalement répartis ».

Il est estimé que le commerce mondial des biens culturels a doublé entre 2005 et 2023, atteignant 254 milliards de dollars, avec 46 % des exportations provenant des pays en développement, alors que seulement 0,15 % du total de l’aide programmée par pays a été alloué à la culture en 2022, « révélant un soutien minimal au développement du secteur ».

Selon le rapport, 85 % des Parties ayant ratifié la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles affirment avoir mis en place des stratégies numériques en faveur de l’économie créative. Cependant, les compétences numériques essentielles atteignent 67 % dans les pays développés contre 28 % dans les pays en développement, « accentuant les disparités Nord-Sud », selon le rapport.

Par ailleurs, le document souligne la persistance des inégalités de genre dans les secteurs culturels et créatifs, notant que les femmes sont largement sous-représentées dans les domaines technologiques ainsi que dans les tranches de revenus les plus élevées des créateurs numériques.

L’édition 2026 du rapport de l’UNESCO « Repenser les politiques en faveur de la créativité » analyse les principaux défis et les nouvelles opportunités liés à l’environnement numérique et à l’intelligence artificielle, au commerce mondial, au développement durable, à la mobilité des artistes, à l’égalité des genres et à la liberté artistique.

Ce rapport constitue le quatrième suivi de la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Il vise à renforcer la base de données « probantes » nécessaires à l’élaboration de politiques culturelles « éclairées, inclusives et tournées vers l’avenir aux niveaux national et international », d’après l’organisation onusienne.