Financement des entreprises : Le Parlement va enquêter

Financement des entreprises : Le Parlement va enquêter

Un rapport annuel sera réalisé sur les subventions publiques destinées aux porteurs de projets

Les parlementaires ainsi que les participants veulent encourager l’adhésion de l’institution législative à cette nouvelle dynamique, principalement dans le but de mieux contrôler l’application des textes législatifs, ainsi que l’évaluation des politiques publiques.

Le Parlement veut contrôler l’aide aux porteurs de projets. Dans ce sens, un rapport annuel sera réalisé par la première Chambre concernant les subventions publiques accordées aux porteurs de projets. Cette décision coïncide avec le lancement par le Maroc d’un dispositif destiné à faciliter l’accès des TPME au financement et aux crédits bancaires.

Ce fut d’ailleurs l’une des décisions phares à l’issue d’un séminaire organisé par le Parlement au lendemain de l’annonce du dispositif. Dans le détail, les parlementaires ainsi que les participants veulent encourager l’adhésion de l’institution législative à cette nouvelle dynamique, principalement dans le but de mieux contrôler l’application des textes législatifs, ainsi que l’évaluation des politiques publiques. Par ailleurs, les participants au séminaire ont exhorté «les différentes autorités de contrôle à poursuivre leurs efforts de révision des règles prudentielles dans le domaine du financement des projets de jeunes entrepreneurs et des micro et petites entreprises, dans le but d’encourager et d’appuyer le financement de ces catégories».

Les mêmes sources ont appelé à davantage d’efforts pour faciliter l’accès au financement des porteurs de projets et les Très petites, petites et moyennes entreprises, et ce, par le lancement de programmes et de produits commerciaux qui conviendraient à leurs besoins avec la révision et la facilitation des conditions d’accès au financement. Le rôle du secteur des microcrédits, notamment dans l’inclusion financière, était présent dans les débats au cours du séminaire. Les parlementaires et les professionnels ont ainsi insisté sur la capacité des organismes de microcrédit de fournir les fonds nécessaires pour les porteurs de projets principalement dans le secteur informel en plus des Très petites entreprises. Des appels ont été, en outre, lancés pour l’adoption d’un programme global pour accroître la performance du secteur sans oublier l’accompagnement non financier aux porteurs de projets, des Très petites et moyennes entreprises et start-up.

A noter enfin que les banques et le Parlement avec ses deux Chambres (représentants et conseillers) ont organisé il y a quelques jours un grand séminaire consacré à la question du financement de l’économie nationale. Parmi les personnalités présentes à la manifestation, il y avait Habib El Malki, président de la Chambre des représentants, Hakim Benchamach, président de la Chambre des conseillers, ainsi que Mohamed Benchaâboun, ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib (BAM), et Othmane Benjelloun, président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM).

Auparavant, le Souverain avait présidé la cérémonie de présentation du programme intégré d’appui et de financement des entreprises et de signature des conventions y afférentes. Le ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, avait affirmé qu’il a été procédé, au titre de ce programme, à la création d’un compte d’affectation spéciale «Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat» dans le cadre de la loi de Finances 2020. «Ledit Fonds est doté d’une enveloppe de 6 milliards  DH répartie sur une durée de 3 ans, financée à parts égales par l’Etat et le secteur bancaire», avait-il précisé.

Programme

Selon le ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaaboun, le programme intégré d’appui et de financement des entreprises vise à formuler des «réponses urgentes» pour assimiler et dépasser les contraintes d’accès des Très petites et petites entreprises (TPE) au financement. Le ministre avait rappelé par la même occasion la création d’un compte d’affectation spéciale intitulé «Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat», au titre de la loi de Finances 2020, auquel sera allouée une enveloppe d’environ 6 milliards de dirhams répartie sur trois années dans le cadre d’un partenariat entre l’Etat et le secteur bancaire.

Il a noté aussi que le Fonds repose essentiellement sur un nouveau système incitatif intégré, basé sur les mécanismes de garantie, de financement et d’accompagnement, en plus de la révision et l’amélioration du soutien consacré aux entreprises exportatrices, faisant savoir que ce programme devrait contribuer à la création d’environ 27.000 nouvelles opportunités d’emploi chaque année et l’accompagnement de 13.500 entreprises.

Vers de nouveaux mécanismes de financement

Le financement bancaire devrait être complété par les autres modes de financement alternatifs, comme le capital-investissement, le capital-risque, le crowdfunding ou encore les Business Angels, avait indiqué le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj.

«Si le gouvernement, la banque centrale et le secteur bancaire ont répondu présent à la feuille de route tracée par SM le Roi à l’occasion de son discours du 11 octobre 2019, réponse que nous saluons ici, nous pensons que le financement bancaire devrait être complété par les autres modes de financement alternatifs, comme le capital-investissement, le capital-risque, le crowdfunding ou encore les Business Angels», avait relevé M. Alj qui s’exprimait lors du séminaire organisé par la Chambre des représentants, sous le thème «Le financement de l’économie nationale: vers un développement intégrateur».

«Une réglementation plus adaptée concernant ces modes de financement devrait voir le jour pour permettre leur développement et compléter ainsi le dispositif bancaire», avait-il poursuivi, ajoutant que les règles prudentielles auxquelles sont soumises les banques ne leur permettront pas de financer un tissu d’entreprises qui sont par nature sous-capitalisées.