État des stocks halieutiques en Méditerranée marocaine
Les résultats d’une étude présentée vendredi à Al Hoceima ont révélé un recul “préoccupant” des stocks halieutiques sur la façade méditerranéenne marocaine, ainsi qu’une baisse des débarquements de poissons de plus de 35% entre 2017 et 2023. L’étude a montré que la production de la pêche côtière et artisanale en Méditerranée a connu une baisse de plus de 30% des quantités pêchées par rapport à 2017.
Les résultats d’une étude scientifique, présentée vendredi à Al Hoceima, ont montré un recul « préoccupant » des stocks halieutiques le long de la façade méditerranéenne marocaine, ainsi que la persistance de certaines pratiques non durables.
Cette étude, présentée lors d’un colloque organisé par l’Association « Azir » pour la protection de l’environnement, repose sur une recherche de terrain dirigée par Zakaria Qobaa, expert en environnement et développement durable. Elle s’appuie sur des données officielles, une analyse statistique de la production halieutique, ainsi que sur des entretiens de terrain avec des professionnels du secteur dans plusieurs ports méditerranéens.
L’analyse a révélé que la production de la pêche côtière et artisanale en Méditerranée a connu une baisse significative ces dernières années, avec une diminution de plus de 30% des quantités pêchées depuis 2017. Le chercheur attribue cette situation à la surexploitation des ressources marines, en particulier de certaines espèces, au non-respect des périodes de repos biologique des poissons pélagiques, et à l’impact des changements climatiques.
De plus, l’étude a souligné la dégradation de plusieurs espèces marines essentielles à l’activité de pêche dans la région, telles que la sardine, le poulpe et l’espadon. Les données montrent une contraction des zones de pêche traditionnelles historiquement riches, ce qui a eu un impact sur les ressources des pêcheurs artisanaux utilisant des méthodes de pêche durable.
L’étude souligne également la nécessité d’intensifier les efforts pour atténuer l’impact de la pêche non organisée et d’appliquer les lois en vigueur, mettant en avant l’importance d’une surveillance maritime renforcée pour préserver les stocks halieutiques et établir un modèle de pêche efficace et durable qui respecte le cycle biologique des organismes marins affectés par les activités humaines.
La recherche met en garde contre la dégradation des écosystèmes marins sensibles et l’expansion de certaines espèces marines invasives, qui pourraient menacer la biodiversité marine dans la région méditerranéenne.
Dans une déclaration à la MAP, M. Qobaa a précisé que ce travail résulte de deux années de recherche le long du littoral méditerranéen marocain, de Saïdia à Tanger. Il a expliqué que l’étude a examiné un ensemble de documents, lois et accords internationaux concernant la pêche maritime ratifiés par le Maroc, ainsi que le fonctionnement des institutions responsables du secteur.
Il a noté une baisse des débarquements de poissons de plus de 35% entre 2017 et 2023, soulignant l’urgence de trouver des solutions en collaboration avec les acteurs institutionnels pour valoriser les ressources marines et préserver la richesse halieutique.
Pour sa part, Mohamed Andaloussi, président de l’Association « Azir », a souligné l’importance de cette étude qui met en évidence les défis rencontrés par le secteur de la pêche maritime, responsables de la diminution des quantités de poissons pêchées. Il a précisé que l’étude ne se limite pas à des données chiffrées, mais se base également sur les résultats de rencontres approfondies avec les professionnels du secteur.
L’association prévoit d’utiliser cette étude pour formuler des recommandations à l’attention des instances scientifiques et administratives compétentes, afin d’augmenter la productivité et de promouvoir des techniques de pêche durable, en notant que la pression croissante sur certaines espèces marines pourrait menacer l’équilibre marin et les activités de pêche.
L’Association « Azir » a ainsi appelé à l’urgence d’agir pour préserver la richesse halieutique, renforcer la surveillance, lutter contre la pêche illégale, soutenir la recherche scientifique, et adopter une politique de gestion participative conciliant la protection de l’environnement et la pérennité de l’activité économique des pêcheurs.

