Donald Trump ouvert à une entrevue avec la présidente du Venezuela.
Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche qu’il serait « ouvert » à une entrevue avec Delcy Rodriguez, la dirigeante par intérim du Venezuela. Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un « nombre important » de prisonniers, avec des ONG comptabilisant entre 17 et 21 libérations signalées dimanche.
Le président américain Donald Trump a exprimé dimanche son ouverture à une rencontre avec la dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, affirmant que son administration collaborait « vraiment bien » avec Caracas. Interrogé sur la possibilité d’une rencontre, Donald Trump a répondu aux journalistes : « À un moment donné, je le ferai », depuis son avion Air Force One. La vice-présidente du Venezuela, qui a été investie en tant que cheffe de l’État par intérim après l’arrestation du président Nicolas Maduro et de son épouse le 3 janvier, est en pourparlers sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite accéder aux immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.
Son gouvernement a annoncé le début d’un « processus exploratoire » pour rétablir des relations diplomatiques avec les États-Unis, rompues depuis 2019, tout en insistant sur le fait qu’il n’est pas « soumis » à Washington. Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, un responsable du département d’État a indiqué que l’administration Trump « restait en contact étroit avec les autorités intérimaires ».
Donald Trump a affirmé avoir « annulé » une nouvelle attaque américaine contre le Venezuela en raison de la « coopération » de Caracas, ajoutant que Washington comptait « dicter » toutes ses décisions. Le président américain, désireux de mettre fin à la collaboration entre Caracas et La Havane, a néanmoins durci ton contre Cuba, incitant le pays à accepter « avant qu’il ne soit trop tard » un « accord » dont il n’a pas précisé la nature, ce qui a suscité la colère de son homologue cubain.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel a réagi sur X : « Personne ne dicte quoi faire », affirmant que Cuba, en tant que pays communiste et adversaire des États-Unis depuis des décennies, est « une nation libre, indépendante et souveraine ».
En ce qui concerne la situation aux États-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, Nicolas Maduro a affiché sa confiance. « Nous allons bien. Nous sommes des combattants », a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.
Accusés, entre autres, de trafic de drogue, l’ancien dirigeant socialiste et sa esposa Cilia Flores ont plaidé non-coupables lors de leur comparution devant la justice américaine le lundi précédent, avec une prochaine audience prévue le 17 mars. Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un « nombre important » de prisonniers, y compris étrangers, mais ces libérations se font de manière progressive, causant l’impatience de certaines familles.
Des proches attendent jour et nuit devant des établissements pénitentiaires tels que l’Hélicoïde, une prison redoutée gérée par les services de renseignement, ou Rodeo I, à l’est de Caracas. Une quarantaine d’entre eux attendaient toujours dimanche à Rodeo I une libération significative, et certaines familles ont mis en place des « relais » pour s’assurer qu’un proche soit présent en permanence.
L’ONG Foro Penal, qui défend les personnes emprisonnées pour raisons politiques, a rapporté dimanche à midi 17 libérations, tandis que d’autres organisations de défense des droits humains ont évoqué un total de 21. Selon ces ONG, il existe entre 800 et 1.200 prisonniers politiques dans le pays.
Un collectif d’ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d’Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie. Avec plus de vingt ans de service, il avait été arrêté le 9 décembre pour avoir « partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’État ». Depuis 2014, environ 18 prisonniers politiques sont décédés en détention au Venezuela, selon des organisations de défense des droits humains.
Concernant le secteur pétrolier, Donald Trump a appelé les hauts dirigeants à investir au Venezuela lors d’une réunion à la Maison Blanche vendredi, mais a reçu une réponse prudente. Le patron d’ExxonMobil, Darren Woods, a décrit le Venezuela comme un pays « non investissable » sans réformes profondes, provoquant des réprimandes de la part du président. « Je n’ai pas aimé leur réponse. Ils jouent trop finement », a déclaré Donald Trump dimanche. Les experts estiment que l’infrastructure pétrolière du Venezuela est gravement endommagée après des années de mauvaise gestion et de sanctions.

