Dialogue social : Nouveau round ce mardi

Dialogue social : Nouveau round ce mardi

Les centrales syndicales conviées à une réunion avec la participation de l’Intérieur

Le gouvernement semble vouloir donner un coup d’accélérateur au dialogue social qui est au point mort depuis un bout de temps. Fait nouveau, le ministère de l’intérieur va s’impliquer davantage dans ce nouveau round dont l’ordre du jour officiel n’a pas été dévoilé.

Le dialogue social reprend demain. En effet, le gouvernement vient d’adresser une invitation aux dirigeants des centrales syndicales les plus représentatives pour une réunion ce mardi 8 janvier. Les partenaires sociaux parviendront-ils alors à dépasser le blocage qui a perduré des mois ? En tout cas, le gouvernement semble vouloir donner un coup d’accélérateur au dialogue social qui est au point mort depuis un bout de temps. Fait nouveau, le ministère de l’intérieur va s’impliquer davantage dans ce nouveau round dont l’ordre du jour officiel n’a pas été dévoilé. L’Intérieur prendra part aux travaux de ce round avec l’espoir d’aboutir à l’accord tant attendu par les travailleurs et leurs représentants. Des sources syndicales affirment qu’ils vont remettre sur la table les mêmes revendications concernant la hausse des salaires et l’amélioration des revenus. Pour rappel, le gouvernement avait, de son côté, formulé une offre plusieurs fois revue mais sans convaincre les syndicalistes. Reste à savoir si la réunion de ce mardi permettra de détendre le climat social. En effet, certains syndicats ont déjà annoncé un plan de protestation en ce début de 2019.

L’Union marocaine du travail (UMT), qui vient de tenir son conseil national avec la participation des représentants de toutes les fédérations régionales et locales, a décidé à l’issue de ce conseil de décréter janvier mois de protestation. «Du 10 au 20 janvier 2019, il a été décidé d’user de toutes les formes légales de protestation, en l’occurrence des sit-in, des grèves régionales et sectorielles, pour dénoncer les formes de violation des libertés syndicales et l’absence d’une réponse aux revendications de la classe ouvrière», avait annoncé la direction de l’UMT dans un communiqué diffusé à l’issue du conseil national. Pour sa part, la Confédération démocratique du travail (CDT) avait annoncé son intention de prendre des mesures de protestation dans les prochains jours.

La CDT, qui vient d’élire un nouveau secrétaire général avant de renouveler ses instances, compte ainsi faire pression sur le gouvernement pour améliorer son offre. Cette dernière consiste à augmenter les fonctionnaires touchant un salaire mensuel net de 5.200 dirhams de 400 dirhams supplémentaires sur trois années. De plus, le gouvernement promet de revaloriser les allocations familiales qui devraient passer de 200 à 300 dirhams pour les trois premiers enfants en plus d’autres avantages concernant l’affectation dans des zones reculées ou bien la prime d’accouchement. Pour le secteur privé, le gouvernement entend rapprocher les points de vue entre les syndicats et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Alors que les premiers veulent une hausse généralisée des salaires en plus d’une amélioration du salaire minimum, le SMIG, les seconds veulent un effort sur la législation du travail. L’espoir est ainsi grand de voir la réunion de ce mardi déboucher sur un déblocage de la situation et éviter de rendre ainsi le climat social moins tendu. Verdict mardi prochain.

Congrès

Alors que la Confédération démocratique du travail vient de tenir son congrès, une autre centrale syndicale vient d’annoncer la tenue prochaine de son congrès. En effet, l’Union marocaine du travail (UMT) tiendra son congrès national au cours de ce premier trimestre de 2019.

Il faut préciser que le dernier conseil national a approuvé la proposition du secrétariat général de tenir le 12ème congrès national de l’UMT au cours du mois de mars 2019 ainsi que la formation d’une commission préparatoire du congrès. Pour rappel, l’UMT est l’un des plus grands syndicats au niveau national. Il compte également un groupe parlementaire à la Chambre des conseillers.

Dans un autre registre, la CDT avait élu une nouvelle direction il y a quelques semaines à l’issue de son congrès national. Après des décennies passées sous la direction de Mohamed Noubir Amaoui, la CDT lui a choisi un successeur en la personne de son adjoint, Abdelkader Zaer, élu nouveau secrétaire général.

Volet législatif

Si les résultats du dialogue social sur le plan financier sont très attendus, le volet législatif est également très important. Deux textes de loi majeurs sont sur la table des négociations. Il s’agit notamment du projet de loi organique relatif au droit à la grève ainsi que le projet de loi organique relatif aux syndicats.

Sur ce plan également, les avis divergent. Alors que le gouvernement veut lancer le débat directement au Parlement sachant que les centrales syndicales les plus représentatives sont présentes au niveau de la seconde Chambre parlementaire, les syndicats veulent inscrire ces projets de lois organiques à l’ordre du jour du dialogue social pour obtenir un premier consensus sur leur contenu avant de lancer le débat au niveau de l’institution législative. D’autres textes de loi devraient également faire l’objet de négociations.

C’est le cas notamment pour le code de la mutualité qui se trouve au niveau de la Chambre des conseillers et dont certaines dispositions avaient soulevé une polémique.