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Costa Rica : La présidente élue s’appuie sur Bukele pour lutter contre le narcotrafic

Laura Fernandez, présidente élue du Costa Rica, a déclaré lundi qu’elle comptait sur le président salvadorien Nayib Bukele pour « mener à bien » sa stratégie de lutte contre le narcotrafic. Le pénitencier, d’une capacité d’accueil de 5.000 détenus et dont le coût de construction est estimé à 35 millions de dollars, doit héberger les criminels les plus dangereux du pays.


Laura Fernandez, présidente élue du Costa Rica, a déclaré lundi, un jour après sa victoire électorale, qu’elle compterait sur le président salvadorien Nayib Bukele pour « mener à bien » sa stratégie de lutte contre le narcotrafic.

M. Bukele, qui a reçu le soutien de nombreux gouvernements conservateurs en Amérique latine en raison de sa « guerre » contre les gangs au Salvador, conseille déjà le gouvernement actuel de Rodrigo Chaves, notamment concernant la construction d’une prison de haute sécurité inspirée de son Centre de confinement du terrorisme (Cecot).

Élue avec une large majorité dès le premier tour dimanche, sur la promesse d’une politique de fermeté contre le narcotrafic, Mme Fernandez a indiqué lors d’une conférence de presse lundi qu’elle avait échangé avec M. Bukele dès le dimanche soir.

Le président salvadorien a « réitéré son engagement à continuer de nous aider et de coopérer afin que le pays puisse mener ce projet (de prison), ainsi que beaucoup d’autres où le Salvador fait figure d’exemple », a-t-elle déclaré.

L’offensive de M. Bukele, caractérisée par un régime d’exception renouvelé depuis 2022 et par des arrestations sans mandat, a quasiment éradiqué la violence des gangs dans un Salvador autrefois considéré comme le plus violent d’Amérique latine. Cependant, des ONG dénoncent également de graves violations des droits humains.

« Il faut couper la connexion du crime organisé (…) avec le monde extérieur », a souligné Mme Fernandez, ancienne ministre sous la présidence de Chaves, précisant que « cette prison doit devenir réalité ».

Le pénitencier, ayant une capacité d’accueil de 5.000 détenus et un coût de construction estimé à 35 millions de dollars, doit accueillir les criminels les plus dangereux du pays. Le Costa Rica, longtemps perçu comme l’un des pays les plus sûrs du continent, est devenu, selon Michael Soto, directeur de l’Organisme d’enquête judiciaire (OIJ), un centre logistique et d’exportation de drogues vers les États-Unis et l’Europe.

Le taux d’homicides a atteint un pic historique de 17 pour 100.000 habitants, correspondant à la moyenne des pays d’Amérique centrale.