Collision entre deux trains dans le sud de l’Espagne.
La collision entre deux trains à grande vitesse près d’Adamuz, dans le sud de l’Espagne, a fait au moins 39 morts et 123 blessés, dont cinq dans un état très grave. Le ministre des Transports, Oscar Puente, a déclaré que « le nombre de décès (n’était) pas définitif » et a qualifié l’accident d' »extrêmement étrange ».
La collision survenue dimanche soir entre deux trains à grande vitesse dans le sud de l’Espagne, dont l’un a déraillé, a causé la mort d’au moins 39 personnes, un chiffre qui n’est « pas définitif », selon les autorités, qui ont qualifié l’accident d' »extrêmement étrange ».
Le bilan a considérablement augmenté durant la nuit, atteignant 39 morts lundi matin, d’après une porte-parole du ministère de l’Intérieur. Le précédent bilan faisait état de 21 décès. Le ministre des Transports, Oscar Puente, a en outre signalé sur X que le « nombre de décès (n’était) pas définitif ».
Cette catastrophe a également fait 123 blessés, dont cinq dans un état très grave et 24 dans un état grave, a précisé la porte-parole du ministère. Tous les blessés ont été évacués entre dimanche et lundi, a confirmé Oscar Puente. L’unité d’urgence de l’armée (UME) a été mobilisée pour soutenir les services de secours, et un hôpital de campagne a été installé à proximité du lieu de l’accident.
Iñigo Vila, responsable de la Croix-Rouge, a indiqué que le site de l’accident était difficile d’accès : « On ne peut y arriver que par un chemin de service, un chemin de terre emprunté par les équipes de secours. Avec les premières lueurs du jour, nous aurons une meilleure vision de ce qui s’est passé et de l’ampleur de l’accident ».
La collision s’est produite à 19H45 (18H45 GMT) près d’Adamuz, à environ 200 km au nord de Malaga. Un train Iryo, un opérateur de transport ferroviaire privé à destination de Madrid, a déraillé et s’est déplacé sur la voie parallèle, percutant un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait en direction de Huelva.
Les deux derniers wagons du train Iryo ont déraillé et ont heurté les deux premiers wagons de l’autre train, les projetant « hors des rails » à cause de la violence du choc, selon Oscar Puente. Iryo a déclaré que le train transportait près de 300 passagers et sa dernière révision avait eu lieu le jeudi précédent.
Un passager, Lucas Meriako, a raconté à la chaîne La Sexta : « On se serait cru dans un film d’horreur. Il y a eu un choc très violent à l’arrière et l’impression que tout le train allait se disloquer… De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre ».
Des images fournies par l’AFP montrent deux wagons à rayures rouges et bleu marine complètement sortis des rails et inclinés, avec des personnes s’affairant sur le sol terreux à côté de la voie. Une autre photo fournie par Iryo montre un train couché sur le flanc au milieu des rails.
Les causes de l’accident demeurent inconnues. Le ministre des Transports a qualifié l’événement d' »extrêmement étrange ». « Comment est-il possible que sur une ligne droite, sur un tronçon de voie rénové, avec un train quasiment neuf, un événement de cette nature puisse se produire ? », s’est interrogé Oscar Puente. « Tous les experts en matière ferroviaire […] sont très surpris par cet accident », a-t-il ajouté.
« L’erreur humaine est pratiquement écartée », a affirmé Álvaro Fernández Heredia, président de la Renfe, sur la radio publique RNE, évoquant aussi des « circonstances étranges ». Une commission d’enquête sur les accidents est déjà déployée sur le terrain pour rassembler des preuves.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annulé tous ses rendez-vous lundi pour se rendre sur les lieux de l’accident, a annoncé son cabinet. De son côté, la famille royale espagnole a exprimé dans un communiqué sa « grande inquiétude » après ce « grave accident ».
Le trafic des trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva est interrompu « au moins toute la journée » de lundi, selon le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).
En juillet 2013, un précédent déraillement près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) avait coûté la vie à 80 personnes. L’accident survenu en Andalousie est pour l’heure le sixième accident de train le plus meurtrier en Europe au 21e siècle, le dernier en date ayant causé 57 morts en 2023 en Grèce.

