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Cancer du sein : une radiothérapie plus courte et moins contraignante.

Une étude clinique française publiée dans « The Lancet » a inclus 1.265 patientes entre septembre 2016 et mars 2020, comparant un protocole de radiothérapie hypofractionnée de 15 séances sur trois semaines à un traitement standard de 25 séances sur cinq semaines. Les résultats montrent un taux de lymphœdème comparable entre les deux groupes, avec 23 % pour le traitement en trois semaines contre 22 % pour le traitement standard.


Une étude clinique réalisée en France a révélé qu’un protocole de radiothérapie de durée plus courte est aussi sûr et efficace que le traitement standard pour des patientes atteintes de cancer du sein avec atteinte ganglionnaire, tout en réduisant considérablement la durée du traitement.

Jusqu’à présent, le traitement standard consistait en une chirurgie suivie de 25 séances de radiothérapie sur une période de cinq semaines. Les chercheurs ont confronté ce protocole classique à une radiothérapie hypofractionnée de 15 séances sur trois semaines, dans le cadre de l’étude de phase III HypoG-01, récemment publiée dans la revue médicale « The Lancet ».

Dirigé par le Dr Sofia Rivera, oncologue radiothérapeute, l’essai HypoG-01, mené dans 25 hôpitaux en France et soutenu par Unicancer, a inclus 1.265 patientes entre septembre 2016 et mars 2020. Celles-ci ont été réparties en deux groupes : l’un recevant 40 grays (Gy) en 15 séances (2,67 Gy par séance) et l’autre 50 Gy en 25 séances (2 Gy par séance). L’objectif principal était d’évaluer la sécurité du traitement, en particulier le risque de lymphœdème, une complication fréquente liée à l’irradiation des ganglions.

Après un suivi de cinq ans, les résultats montrent qu’il n’y a pas de surrisque associé au protocole plus court. Les taux de lymphœdème sont comparables entre les deux groupes (23 % pour le traitement de trois semaines contre 22 % pour le traitement standard), tandis que les effets secondaires graves demeurent rares et similaires (2,6 % dans chaque groupe), comme l’indiquent les auteurs de l’étude.

L’efficacité du traitement est également jugée équivalente, le protocole court offrant les mêmes chances de guérison et de prévention des récidives que le traitement standard, y compris dans des zones complexes comme les ganglions de la chaîne mammaire interne.

Outre cette équivalence clinique, l’étude démontre des avantages significatifs pour les patientes. La durée totale du traitement est réduite de 40 %, passant de cinq à trois semaines, ce qui diminue la fatigue, les contraintes de déplacement et la charge mentale liée aux soins.

Ces résultats pourraient mener à un changement dans les pratiques cliniques à l’échelle internationale, selon les chercheurs, qui espèrent que ce protocole plus court devienne le nouveau standard de traitement pour les cancers du sein nécessitant une irradiation des ganglions.

Selon des médias français, environ 60.000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année en France, dont près d’un tiers à un stade locorégional, caractérisé par une extension de la maladie aux ganglions voisins du sein.