CAN 2025 : Une défaite pour nier un succès dérangeant
Le Maroc a accueilli plus de 1,1 million de spectateurs durant la Coupe d’Afrique des Nations, établissant un record d’affluence jamais atteint en 35 éditions. L’État marocain a démontré une capacité d’organisation avec plus de six stades rénovés, un réseau de mobilité performant et une capacité d’accueil touristique de plus de 270.000 lits classés.
Il est essentiel de nommer les choses comme elles sont : considérer la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc comme une simple finale perdue constitue une interprétation politique plutôt que sportive. Cela vise à cacher une vérité dérangeante pour certains milieux : le Maroc a su prouver une capacité étatique reconnue par certains discours, mais peu égalée dans les faits. Un match peut se perdre, mais une crédibilité se bâtit. À ce niveau stratégique, le Maroc a indéniablement triomphé.
**Une machine étatique qui fonctionne — chiffres à l’appui**
La CAN a mis en avant une réalité que beaucoup peinent à reconnaître : lorsque la décision est claire et la responsabilité acceptée, l’État marocain peut fonctionner efficacement. Les faits sont évidents :
Plus de six stades, aux normes internationales, ont été rénovés ou achevés dans les délais, affichant des capacités supérieures à 45.000 places pour les principales installations. Un réseau de mobilité performant, comprenant la LGV Al Boraq (320 km/h) reliant Tanger à Casablanca en un peu plus de deux heures, a été soutenu par un maillage autoroutier et ferroviaire resté fluide durant l’ensemble de la compétition.
La capacité d’accueil touristique a dépassé 270.000 lits classés, mobilisés sans saturation majeure, avec des aéroports internationaux capables d’absorber d’importants flux sans désorganisation remarquée.
Aucun chaos logistique n’a été constaté. Aucun scandale sécuritaire. Aucun dérapage budgétaire notable. Cette normalité opérationnelle perturbe certains car elle contredit les récits de défaillance systémique entretenus par certains.
**Une mobilisation populaire sans précédent**
Au-delà de l’organisation matérielle, la CAN au Maroc a été marquée par une affluence record dans les stades, témoignant d’une adhésion populaire massive et durable. Plus de 1,1 million de spectateurs ont assisté aux matchs tout au long de la compétition, établissant un record d’affluence dans l’histoire de la Coupe d’Afrique, jamais égalé en plus de 35 éditions.
Rien qu’en phase de groupes, plus de 729.000 supporters étaient présents, prouvant que l’engouement n’était pas limité aux grandes affiches ou aux tours décisifs. Cette dynamique s’est maintenue jusqu’aux phases finales, indiquant que la réussite de la CAN marocaine repose sur une participation populaire authentique, et pas sur une simple communication.
Ces chiffres surpassent largement ceux des éditions précédentes, y compris celle de la Côte d’Ivoire. Ils constituent un indicateur politique clair : le Maroc a non seulement su organiser, mais aussi attirer, fédérer et mobiliser, dans des installations modernes, sécurisées et accessibles.
**Le sport comme révélateur politique — et non comme alibi**
La CAN n’a pas été un tournoi neutre. Elle a eu un retentissement politique. Le Maroc a utilisé le sport comme un outil stratégique : illustrer sa stabilité, sa capacité à anticiper et la fiabilité de ses institutions.
Alors que d’autres pays africains peinent à transformer leurs annonces en résultats, le Maroc a prouvé sa capacité à agir. Cette CAN a généré plus de crédibilité diplomatique que de nombreux sommets continentaux restés sans suite, et plus d’attractivité économique que des campagnes de communication coûteuses et creuses.
**Une défaite sportive sciemment instrumentalisée**
La pression médiatique autour de la finale a été artificiellement créée pour imposer un récit : celui d’un sacre devenu obligatoire. Cette fiction a ensuite servi à transformer une défaite sportive normale en un pseudo-échec national.
C’est à la fois intellectuellement malhonnête et politiquement révélation. Utiliser une défaite pour atténuer un succès étatique est le signe d’une confusion délibérée — ou d’une incapacité chronique à accepter les avancées du Maroc.
**Les valeurs contre le populisme sportif**
Le message de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’équipe nationale a rehaussé le débat à son vrai niveau. En soulignant que l’engagement, la discipline, l’esprit d’équipe et l’honneur du maillot sont des valeurs essentielles, le Souverain a offert une réponse claire au populisme sportif ambiant. Il ne s’agissait pas de justifier une défaite, mais de rejeter l’idée de rabaisser le débat national à un simple décompte de trophées.
**L’Afrique a jugé — et tranché**
Le véritable cadre de la CAN n’était pas seulement le stade, mais l’Afrique dans son ensemble. Cette dernière a observé, comparé et évalué. Le Maroc s’affiche désormais comme un partenaire crédible, structuré et constant, capable de proposer des projets, investissements et coopérations fondés sur le principe du gagnant-gagnant.
En revanche, les adversaires de l’intégrité territoriale du Maroc s’enferment dans une diplomatie de blocage, de slogans et d’isolement progressif.
**CAN 2025 : répétition générale**
Cette CAN a agi comme un test grandeur nature avant 2030. La gestion des foules, la sécurité, la pression médiatique internationale, la coordination institutionnelle et la mobilité ont été mises à l’épreuve. Le Maroc n’a pas improvisé ; il a testé, corrigé et capitalisé. C’est ainsi que se préparent les grandes nations organisatrices.
**La vraie question politique**
La question centrale ne réside pas dans la finale perdue. Elle est d’une portée bien plus troublante : si l’État marocain peut fonctionner avec une telle rigueur lorsque la décision politique est claire, pourquoi cette exigence ne s’applique-t-elle pas à l’ensemble des politiques publiques ? La CAN a prouvé que cette capacité existe. Le débat se concentre désormais sur la volonté, la cohérence et le courage de généraliser cette méthode.
**Le Maroc entre dans la décennie des grandes nations sportives**
La CAN n’a pas révélé une fragilité du Maroc, mais au contraire sa maturité politique et organisationnelle. La défaite en finale est un simple fait sportif, circonscrit dans le temps. Le succès organisationnel, quant à lui, représente un fait stratégique durable.
Surtout, cette CAN s’inscrit dans une dynamique claire. Le Maroc n’est pas à la fin d’un processus, mais au début d’un cycle. Entre 2027 et 2030, le Royaume s’apprête à accueillir une série d’événements sportifs majeurs affirmant son changement de statut.
Dès 2026-2027, le Maroc organisera la Coupe d’Afrique des Nations féminine, confirmant son engagement envers le développement du sport féminin africain et son alignement avec les normes internationales de la FIFA et de la CAF.
Puis viendra l’événement central : la Coupe du monde de la FIFA 2030, organisée avec l’Espagne et le Portugal, un événement planétaire qui placera définitivement le Maroc parmi les pays capables d’accueillir des compétitions de niveau mondial.
Ces événements ne sont pas des paris. Ils sont le fruit d’un processus : infrastructures sportives et de transport déjà fonctionnelles, expérience organisationnelle éprouvée, crédibilité sécuritaire établie et capacité de mobilisation populaire confirmée — comme le montre l’affluence record de la CAN.
Le Maroc n’organise plus pour prouver qu’il peut le faire, mais parce qu’il est devenu une plateforme sportive crédible, fiable et attendue.
Dans ce cadre, la véritable question n’est pas celle d’une finale perdue, mais celle de la cohérence nationale : si l’État peut démontrer un tel niveau d’efficacité lorsqu’il assume une vision claire et un calendrier stratégique, pourquoi cette méthode ne devient-elle pas la norme dans l’ensemble des politiques publiques ? Car la leçon de la CAN est évidente : tant en sport qu’en politique, ce ne sont pas les exploits ponctuels qui façonnent les nations durables, mais la constance, la préparation et la confiance à long terme. Le Maroc n’a pas seulement remporté un tournoi. Il a acquis le droit d’entrer dans la décennie des grandes nations organisatrices.
**Par Mohamed Assouali
Secrétaire provincial de l’Union socialiste des forces populaires– Tétouan**

