CAN 2025 : Le Maroc ne brille pas que par le travail
Cette Coupe d’Afrique des Nations 2025 se distingue par son organisation et l’hospitalité du peuple marocain. Le Maroc a perdu une finale, mais son respect gagné et son image sont sortis renforcés.
Cette Coupe d’Afrique des Nations 2025 marquera, quels que soient les résultats, un moment fondateur dans l’histoire du football africain. Elle sera surtout reconnue comme la CAN de l’excellence organisationnelle, de la générosité humaine et de la dignité sportive. Le Maroc peut ne pas avoir soulevé la coupe, mais il a élevé la compétition à un niveau sans précédent.
**Une CAN pensée pour les joueurs, portée par un peuple**
Pendant plus de deux ans, des milliers de femmes et d’hommes ont œuvré dans l’ombre et la lumière : ingénieurs, maçons, charpentiers, peintres, électriciens, pompiers, chauffeurs, logisticiens, agents d’entretien… Comme un immense essaim d’abeilles, ils ont travaillé jour et nuit, sous le soleil et la pluie, le froid et la chaleur, parfois sous terre, parfois suspendus à des grues géantes, pour offrir à l’Afrique ce qu’elle mérite le mieux.
Pour la première fois dans l’histoire de cette compétition :
– 9 stades répartis dans 6 villes, dont 4 à Rabat ;
– un terrain d’entraînement exclusif pour chaque sélection ;
– un hôtel cinq étoiles dédié à chacune des 24 équipes ;
– des moyens de transport performants, confortables et sécurisés ;
– des standards à la hauteur des plus grandes compétitions mondiales.
Tout a été conçu pour que les joueurs ne pensent qu’au football. Finies les sélections logées dans un même hôtel. Plus besoin de partager un terrain d’entraînement. Aucune distraction, aucun inconfort, seulement le jeu.
**L’hospitalité marocaine, loin des projecteurs**
Au-delà des infrastructures, le véritable visage de cette CAN est celui du peuple marocain. Des taxis ont transporté gratuitement des supporters, loin des caméras. Des restaurateurs ont refusé d’être payés. Des familles ont ouvert leurs maisons à des visiteurs étrangers. Des citoyens ont spontanément offert des gâteaux devant les stades.
Ces gestes n’étaient ni réfléchis, ni médiatisés. Ils n’attendaient ni reconnaissance, ni applaudissements. Simplement parce qu’ils font partie d’une civilisation millénaire, façonnée par le partage, la communion et le respect d’autrui. Les Marocains ne cherchaient pas l’amour. Ils attendaient le RESPECT.
Le respect pour leur pays, leur honnêteté, leurs efforts et leur sincère volonté de faire briller toute l’Afrique, pas seulement le Maroc. Malheureusement, ce respect n’a pas toujours été mutuel, et cela, plus que la défaite, a blessé. C’était incompréhensible.
**Une tristesse qui dépasse le score**
Les Marocains ne sont pas tristes de ne pas avoir remporté la coupe. Ils sont tristes parce que la défaite n’a pas toujours respecté les règles nobles du sport. Ils sont tristes de voir des coups venir d’un peuple, considéré comme frère, alors que quelque 80 000 Sénégalais vivent paisiblement parmi 40 millions de Marocains.
Fallait-il gâcher cette fête africaine pour une coupe ? Fallait-il publier un communiqué mensonger 48 heures avant le match ? Fallait-il comparer, en conférence de presse, une compétition de niveau international à un autre tournoi organisé dans un autre contexte et un autre pays ? Fallait-il transformer une célébration continentale en chaos, portant atteinte à des agents de sécurité et brisant des équipements ? La coupe avait-elle plus de valeur que cette fraternité ?
Rassurez-vous : le Maroc n’a rien perdu.
Ceux qui pensaient avoir saboté cette fête se trompent. Cette CAN est un succès. Le Maroc a perdu une finale, pas sa dignité. Son fair-play, son aura et son image en sont sortis renforcés. Les Marocains en sont sortis plus unis que jamais. Le respect acquis est durable. Il transcende les compétitions et traverse les frontières. Simplement merci.
Merci aux artisans invisibles. Merci aux bénévoles. Merci aux forces de sécurité. Merci au staff et aux joueurs pour leur engagement et leur dévouement. Vous nous avez fait vibrer, pleurer, espérer. Vous avez contribué à instaurer une culture de travail, de solidarité et de persévérance. À nos Lions de l’Atlas : gardez la tête haute. Nous sommes fiers de vous.
**Brahim Díaz**
Un penalty manqué n’efface ni tes cinq buts, ni ton parcours, ni tes dribbles magiques. Ton amour pour le Maroc est sincère, visible, assumé. Tu étais un héros hier. Tu l’es encore aujourd’hui. Les Marocains n’abandonnent jamais les leurs. Jamais.
**Achraf Hakimi**
Merci d’être revenu blessé pour ton pays. Merci pour ton leadership discret, ton professionnalisme et ton amour du maillot. Tu es un capitaine de cœur, un exemple de respect, un « mardi al walidin ». Tu soulèveras de grandes coupes, « Inch’Allah ».
**Yassine Bounou**
Ton sourire apaisant, ton calme et ta sérénité font de toi un homme attachant avant même d’être un gardien exceptionnel. Tu inspires confiance. Merci de garder nos buts propres et de transmettre cette culture d’excellence aux générations futures.
**Neil El Aynaoui**
Ta blessure a figé le temps. Au moment où tu es tombé, j’ai perdu le plaisir de regarder cette finale. J’ai crié, j’ai ressenti de la douleur, et j’ai pensé à tes parents, surtout à ton père, un autre héros, qui nous a fait vibrer pendant des années sur les courts de tennis. Malgré la gravité de ta blessure, tu as souhaité continuer. Par dignité, par amour du maillot, par respect pour tes coéquipiers et pour tout un peuple. Ce courage silencieux, cette douleur contenue, cette volonté d’aller au bout… voilà ce qui définit un lion. Quoi qu’il arrive, sache-le : nous sommes fiers de toi.
**Ayoub El Kaabi**
Même sans but en finale, tu nous as fait vibrer comme peu savent le faire. Tes frappes, tes appels, tes buts spectaculaires resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Tu es ce joueur qui n’abandonne jamais, même lorsque le ballon refuse d’entrer.
**Noussair Mazraoui**
Calme, précis, intelligent, généreux, polyvalent, engagé, intègre. Ton jeu soigné et ta constance ont été précieux à chaque instant. Tu es la fiabilité tranquille, celle sur laquelle on peut toujours compter.
**Nayef Aguerd**
Un gentleman sur et en dehors du terrain. Malgré la blessure, tu t’es donné entièrement pour le Maroc. Tes courses, tes tacles, ton esprit sportif honorent le maillot et le pays.
**Sofyan Amrabat**
Tu restes un lion. Un vrai. Façonné dans les émotions de 2022, dans le combat, dans le sacrifice. Ton impact dépasse parfois les chiffres.
**Azzedine Ounahi**
Le distributeur discret, le métronome du milieu. Tu parcours des kilomètres sans jamais tricher, toujours disponible pour les autres. Ta blessure t’a privé d’aider davantage tes camarades, et c’est toute l’équipe qui en a ressenti l’impact. Ton intelligence de jeu et ton sens du collectif sont inestimables.
**Abdessamad Ezzalzouli**
Tes dribbles viennent d’un autre monde. Ta vitesse paralyse les adversaires, ton audace électrise les tribunes. À chaque prise de balle, l’espoir renaît. Tu es l’imprévisible, celui qui déséquilibre et qui fait vibrer les foules.
**Youssef En-Nesyri**
Les buts peuvent parfois se faire rares, mais la détermination ne faiblit jamais. Tu ne te décourages pas. Et comment oublier ce coup de tête magistral en Coupe du monde, gravé dans notre mémoire collective ? Les grands moments ne disparaissent pas, ils définissent une carrière.
**Ismaël Saibari**
Ton énergie, ton audace et tes frappes apportent du dynamisme et de la verticalité. Tu es cette jeunesse qui ose, qui essaie, qui refuse de se cacher.
**Bilal El Khannouss**
Ton engagement physique, ta maturité et ton intelligence de jeu impressionnent. Tu représentes l’avenir avec sérieux, caractère et humilité.
**Adam Masina**
Sous pression et malgré les critiques, tu as répondu par le courage et l’abnégation. Tu as tenu bon, et cela force le respect. À vous tous, Lions de l’Atlas, vos larmes nous sont chères. Elles ne sont ni de la faiblesse, ni un échec. Ne les gaspillez pas.
**Soutenir, pas crucifier**
Ce n’est pas le moment de critiquer un entraîneur. N’oublions pas l’histoire récente. Soyons honnêtes : Walid Regragui nous a menés au carré d’as mondial en 2022 et a également conduit notre équipe en finale de cette CAN. Bien que certains choix puissent être discutés, l’ingratitude ne bâtit rien. Laissons les autorités compétentes évaluer la situation avec lucidité et responsabilité dans l’intérêt du football marocain.
**Une vision plus grande que le sport**
Merci également à Fouzi Lekjaa pour son travail acharné, au service d’une vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Souverain considère le sport comme un puissant levier de diplomatie, de rayonnement et de fierté nationale.
Cette CAN n’est pas une fin, mais une étape. Prochain rendez-vous : Coupe du monde 2026. Continuons d’apprendre et de nous relever. Les peuples qui réussissent sont ceux qui ne reculent pas. Nous l’avons toujours fait, comme nous l’avons prouvé au monde entier après le séisme de septembre 2023.
Nous sommes et demeurons debout. Nous sommes et demeurons dignes. Nous sommes et demeurons fiers. Dima Maroc.
**Canada. Par Abdellah El Mzem**

