Boeing Max, contrat programme : La RAM «atterrit» chez les députés

Boeing Max, contrat programme : La RAM «atterrit» chez les députés

Le PDG de la compagnie aérienne nationale invité ce mardi à la première Chambre parlementaire

Les réponses apportées par le top management de la compagnie au cours de cette réunion constitueront une première piste pour avoir une idée sur l’avenir de la RAM.

Abdelhamid Addou aura une journée de «jeûne» avec les députés. En effet, le PDG de la Royal Air Maroc (RAM) sera ce mardi l’hôte de la commission permanente chargée du contrôle des finances publiques à la Chambre des représentants. Au menu de cette réunion très attendue en présence de Mohamed Sajid, ministre du tourisme, du transport aérien, de l’artisanat et de l’économie sociale, de gros dossiers. C’est le cas notamment des Boeing 737 MAX 8 de la RAM. Cette dernière avait décidé de clouer au sol les deux appareils de ce modèle dont elle dispose dans la foulée du crash d’un avion similaire de la compagnie éthiopienne, Ethiopian Airlines, en mars dernier.

Un drame qui avait provoqué la mort de l’ensemble des passagers à bord, notamment deux ressortissants marocains. Plusieurs compagnies à travers le monde avaient fait de même, même aux Etats-Unis avant que le géant américain ne conclue suite à une enquête à la présence de défaut technique susceptible de provoquer des pannes. Les membres de la commission permanente chargée du contrôle des finances publiques à la Chambre des représentants vont donc questionner le PDG de la RAM au sujet des Boeing MAX puisque le compagnie nationale devait réceptionner avant le drame de mars dernier deux autres appareils du même modèle en plus des deux autres déjà livrés par Boeing.

Les parlementaires feront ainsi le point avec le management de la Royal Air Maroc notamment en ce qui concerne le coût de la maintenance et des solutions proposées par le constructeur américain. Par ailleurs, les députés ouvriront le débat au cours de la même réunion sur un autre gros dossier concernant la RAM, à savoir le contrat programme avec l’Etat. Sur ce plan également, les réponses du top management du transporteur national seront très attendues et suivies. Cela fait de longs mois que la signature du nouveau contrat programme entre la Royal Air Maroc et l’Etat se fait désirer.

Les responsables ont, jusqu’ici, affirmé que ledit contrat programme était quasiment prêt sans donner plus de détails. Il faut dire qu’il s’agit d’une étape très importante dans l’histoire de la RAM sachant que cette nouvelle feuille de route encadrera la démarche de la compagnie nationale pour les 5 prochaines années au minimum. C’est d’autant plus vrai que le transporteur aérien aura besoin de moyens importants pour financer ses programmes de développement.

La part consentie par l’Etat dans cette entreprise reste pour le moment un mystère, ce qui pousse les observateurs à émettre énormément d’hypothèses et de spéculer sur les prochains choix stratégiques de la compagnie y compris l’entrée dans son capital d’acteur étranger ou même l’émission d’un emprunt obligataire. Ce qui est sûr en tout cas c’est que les responsables ambitionnent de faire de la compagnie l’une des plus importantes sur le continent africain tout en consolidant la place de l’aéroport Mohammed V de Casablanca comme un véritable hub continental. Dans ce sens, les réponses apportées par le top management de la compagnie au cours de cette réunion constitueront une première piste pour avoir une idée sur l’avenir de la RAM.

En dépit d’un conflit social avec les pilotes l’été 2018, la compagnie affiche une santé financière plutôt bonne grâce aux efforts des dernières années.

Il faut préciser en outre que la compagnie bénéficie en plus des autres grandes entreprises publiques du remboursement des crédits TVA (taxe sur la valeur ajoutée) de la part du gouvernement.

La dette de la RAM envers l’Etat s’élevait à environ 1,2 milliard de dirhams, une coquette somme qui va sans nul doute constituer une bouffée d’oxygène pour la compagnie au cours de l’année en cours sachant que le ministère de l’économie et des finances s’était engagé à rembourser l’ensemble des crédits TVA dans les plus brefs délais.