Bank Al-Maghrib juge « approprié » le taux directeur en vigueur.
Le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir son taux directeur à 2,25% lors de sa réunion trimestrielle du 16 décembre 2025. Selon les projections de BAM, l’inflation devrait s’établir à 0,8% en moyenne pour l’ensemble de 2025 et à 1,3% en 2026.
« Le niveau actuel du taux directeur reste approprié », a déclaré le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) à l’issue de sa quatrième et dernière réunion trimestrielle du 16 décembre 2025, tenue à son siège à Rabat. Sur la base des éléments présentés lors de cette session, la Banque centrale a décidé de maintenir son taux directeur à 2,25%.
Cette décision de BAM d’opter pour le statu quo concorde avec les prévisions de BMCE Capital Global Research (BKGR) et des investisseurs financiers interrogés par Attijari Global Research (AGR), qui avaient anticipé ce maintien quelques jours auparavant. Notons que 73 % des investisseurs financiers anticipaient cette décision, selon les résultats d’une enquête réalisée par Attijari Global Research (AGR) en septembre 2025. Dans son récent “Research Report – Strategy”, la filiale du groupe Attijariwafa bank, spécialisée dans l’analyse financière, avait également indiqué que 27 % des investisseurs prévoyaient une baisse de 25 points de base (pbs), tandis qu’une diminution de 50 pbs était jugée impossible.
BKGR, dans son récent “Flash Strategy”, avait prédit que la Banque centrale opterait pour un second statu quo, expliquant que l’institution vise à consolider ses acquis et à garder une marge de manœuvre pour 2026.
Face à un niveau d’incertitude élevé, notamment en raison des tensions géoéconomiques internationales et des conditions climatiques internes, la Banque centrale a affirmé qu’elle « continuera de suivre de près l’évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées ».
Lors de cette réunion, l’institution a observé une détente des tensions commerciales à l’échelle mondiale et la fin du blocage budgétaire américain, tout en notant un maintien d’un niveau d’incertitude élevé. Ainsi, l’économie mondiale devrait continuer de ralentir avant d’envisager une amélioration en 2027, tandis que l’inflation devrait continuer à ralentir pour ensuite augmenter à nouveau en 2027.
À propos des activités non agricoles et des signes de reprise sur le marché du travail au niveau national, le Conseil a prévu un maintien de cette dynamique soutenue par les efforts d’investissement.
BAM a également noté que les données de la loi de Finances 2026 et de la Programmation budgétaire triennale 2026-2028 révèlent une poursuite de la consolidation budgétaire et un allégement progressif de l’endettement du Trésor.
Lors de cette réunion, il a été indiqué que l’inflation continuerait d’évoluer à des niveaux bas, avec une moyenne de 0,8 % sur les dix premiers mois de 2025, en raison notamment de l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires, tels que l’huile d’olive, et de la baisse des prix des carburants et lubrifiants.
Selon les prévisions de BAM, l’inflation devrait augmenter progressivement pour atteindre des niveaux conformes à l’objectif de stabilité des prix. Ainsi, après un taux de 0,8 % prévu pour l’année en cours, elle devrait s’établir à 1,3 % en 2026, puis à 1,9 % en 2027. La composante sous-jacente de l’inflation devrait ressortir à 0,7 % cette année et l’année suivante, avant de s’accélérer à 1,9 % en 2027.
De plus, bien que les anticipations d’inflation restent bien ancrées, « les experts du secteur financier interrogés dans le cadre de l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib estiment au quatrième trimestre 2025 un taux moyen de 2 % à l’horizon de 8 trimestres et de 2,2 % à celui de 12 trimestres », a observé le Conseil.
Toujours selon les prévisions de BAM, la croissance économique devrait marquer une nette accélération à 5 % cette année, et se stabiliser à 4,5 % en moyenne au cours des deux années suivantes. L’institution prévoit une augmentation de la valeur ajoutée agricole de 4 % en 2026 et de 2 % en 2027, sous l’hypothèse d’un retour à des campagnes céréalières moyennes de 50 millions de quintaux.
La croissance des activités non agricoles devrait rester dynamique, soutenue par une forte dynamique d’investissement, atteignant 5 % cette année, 4,8 % en 2026 et 4,5 % en 2027.
Avec une amélioration des ventes de phosphate et de dérivés à 108 milliards de dirhams, les exportations devraient augmenter de 4,5 % en 2025, puis de 8,4 % en 2026 et de 7,9 % en 2027, en lien avec la reprise prévue des expéditions de l’industrie automobile. Parallèlement, le rythme des importations devrait rester soutenu, principalement en raison des acquisitions de biens d’équipement et de consommation.
Les recettes de voyages sont prévues pour maintenir leur performance notable, atteignant près de 155 milliards de dirhams en 2027 ; les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) devraient augmenter de 3,1 % par an entre 2025 et 2027, s’élevant à 130 milliards de dirhams, tandis que les flux d’IDE continueront de se renforcer, avec des recettes annuelles représentant 3,5 % du PIB.
Les avoirs officiels de réserve de BAM devraient augmenter progressivement, atteignant 448 milliards de dirhams à fin 2027, ce qui garantirait une couverture d’environ 5 mois et demi d’importations de biens et services, tandis que le besoin de liquidité bancaire devrait s’accroître lentement pour atteindre 158 milliards en 2027.
Alain Bouithy

