Maroc

BAM choisira le statu quo ou ajustera le taux directeur ?

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) se réunit aujourd’hui pour décider du maintien ou de l’ajustement de son taux directeur, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient. Selon Attijari Global Research (AGR), la probabilité d’un statu quo du taux directeur est de 99%, tandis que l’abaissement est considéré comme nul.


Les investisseurs et les institutions financières attendent la décision de la Banque centrale

BAM optera-t-elle pour le statu quo ou un ajustement du taux directeur ?

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Le premier Conseil de l’année de Bank Al Maghrib (BAM), qui se tient aujourd’hui, décidera-t-il de maintenir son taux directeur inchangé ou d’apporter un ajustement ? Dans un contexte marqué par l’intensification du conflit au Moyen-Orient, l’éventuel impact de cette situation sur la décision de la banque centrale suscite également des analyses.

Bien que de nombreuses interrogations préoccupent les experts et investisseurs, le consensus semble cependant favoriser un maintien du taux directeur, selon Attijari Global Research (AGR) et BMCE Capital Global Research (BCGR).
En effet, les investisseurs financiers interrogés par AGR estiment que cette séance devrait se traduire par un maintien du taux directeur de Bank Al-Maghrib. Un avis également partagé par BCGR, qui prévoit le maintien de ce taux à son niveau actuel.

Selon AGR, les résultats de son enquête de mars, réalisée auprès de 35 investisseurs considérés comme influents sur le marché financier marocain, montrent un consensus quasi-unanime en faveur d’un maintien du taux directeur de Bank Al-Maghrib.

Dans sa publication récente « Research Report-Strategy », la filiale du groupe Attijariwafa bank dédiée à l’analyse des marchés financiers africains indique que la probabilité d’un statu quo du taux directeur est de 99%, tandis que celle d’une augmentation de 25 points de base (pbs) n’est que de 1%, rapporte la MAP, ajoutant qu’il n’y a aucune probabilité d’une baisse du taux directeur.
Selon les catégories d’investisseurs, les institutionnels locaux et les acteurs de référence s’accordent sur le fait de maintenir le taux directeur inchangé.

De son côté, BKGR s’attend à ce que le Conseil de BAM garde le taux directeur inchangé. Dans son récent « Flash Strategy », le bureau de recherche panafricain spécialisé en analyse financière (sell-side) de BMCE Capital estime que « la prudence semble être la voie la plus raisonnable », dans un contexte macroéconomique mêlant apaisement interne et volatilité extérieure.

Comme l’explique BKGR à la MAP, la banque centrale « devrait donc opter pour un statu quo sur le taux directeur, afin de laisser les signaux économiques se stabiliser et d’éviter tout mouvement prématuré dans un environnement mondial aussi instable ».

Pour mémoire, lors de sa dernière réunion trimestrielle de l’année 2025, tenue le 16 décembre dernier, le Conseil de Bank Al-Maghrib avait jugé approprié le niveau du taux directeur à l’époque, décidant ainsi de le maintenir à 2,25%.
Cette décision avait été prise après un examen de l’évolution de la conjoncture économique et des projections macroéconomiques à moyen terme de Bank Al-Maghrib.

Lors de cette réunion, le Conseil avait souligné la performance remarquable des activités non agricoles et les signes de reprise sur le marché du travail. Concernant l’inflation, BAM projetait qu’elle « continuera d’évoluer à des niveaux bas, ressortissant à 0,8% en moyenne sur les dix premiers mois de 2025, en raison notamment de l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires, en particulier l’huile d’olive, et de la baisse des prix des carburants et lubrifiants ».

Selon les prévisions de l’institution, l’inflation devrait s’accentuer progressivement pour converger vers des niveaux alignés avec l’objectif de stabilité des prix. Ainsi, elle serait de 1,3% en 2026, puis de 1,9% en 2027, tandis que sa composante sous-jacente serait de 0,7% cette année avant d’atteindre 1,9% en 2027.

Il est également à rappeler qu’au vu du niveau d’incertitude encore élevé, constaté à la fin de l’année écoulée, en lien notamment avec la persistance des tensions géoéconomiques au niveau international et les conditions climatiques internes, le Conseil s’était engagé à « suivre de près l’évolution de la conjoncture et à fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées ».

Alain Bouithy