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Attaque jihadiste au Nigeria : des dizaines de personnes ne sont pas tuées.

Des jihadistes de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont tué dans la nuit de mercredi à jeudi des dizaines de personnes, dont des soldats, dans l’État de Borno (nord-est du Nigeria). Le dernier enlèvement massif en date a eu lieu fin janvier dans l’État de Kaduna (nord), où plus de 170 personnes ont été enlevées dans plusieurs églises.


Des jihadistes de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont tué des dizaines de personnes, y compris des soldats, lors d’une attaque survenue dans la nuit de mercredi à jeudi dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria. Cette information a été rapportée par des sources locales et médicales à l’AFP dans un contexte de montée des violences et de pressions diplomatiques sur le pays concernant la sécurité nationale.

L’insurrection jihadiste a causé plus de 40 000 décès et déplacé autour de deux millions de personnes dans le nord-est du Nigeria depuis le début des hostilités en 2009, selon les Nations unies.

« Le bilan s’élève à plusieurs dizaines de morts (…) et de nombreux soldats sont portés disparus », a déclaré Ibrahim Liman, membre d’un groupe d’autodéfense anti-jihadiste, à propos de la récente attaque dans l’État de Borno.

Vingt corps ont été transportés à l’hôpital général de Biu, à 45 km de Sabon Gari, où l’attaque a eu lieu. Parmi ces corps, il y a ceux de cinq soldats, de 15 ouvriers du bâtiment et de chasseurs locaux, a précisé M. Liman.

Bukar Yamta Ali, secrétaire d’un groupe de chasseurs à Yamarkumi, et deux infirmières de l’hôpital de Biu ont confirmé avoir récupéré des corps et des blessés évacués de Sabon Gari. Les victimes travaillaient sur le pont de Wajiroko, reliant les villes de Biu et Damboa, qui a été détruit l’année dernière par des jihadistes et est en cours de reconstruction. Les ouvriers regagnaient leur base de Sabon Gari, située à cinq kilomètres, pour y passer la nuit.

Cette embuscade a eu lieu deux jours après une autre attaque de l’ISWAP qui a tué neuf soldats nigérians et entraîné la disparition d’une dizaine d’autres près de Damasak, dans l’État de Borno, à proximité de la frontière avec le Niger.

L’ISWAP, qui a émergé d’une scission de Boko Haram en 2016, concentre ses attaques sur les forces de sécurité, sans négliger les civils dans cette région. Bien que la violence jihadiste ait diminué depuis dix ans, elle s’est étendue aux pays voisins tels que le Niger, le Tchad et le Cameroun.

Les inquiétudes grandissent face à une résurgence des violences dans certaines zones du nord-est, où ces groupes insurgés conservent la capacité de mener des attaques mortelles, malgré des années d’opérations militaires.

D’un point de vue diplomatique, ces derniers mois, les États-Unis ont critiqué l’incapacité du Nigeria à endiguer cette violence. Le président américain Donald Trump a dénoncé une prétendue « persécution » des chrétiens, un argument souvent avancé par la droite religieuse américaine, alors que les tueries affectent aussi bien des chrétiens que des musulmans. Ces accusations sont catégoriquement rejetées par le gouvernement nigérian et la plupart des experts.

Les États-Unis ont mené des frappes aériennes surprises le jour de Noël dans l’État de Sokoto, affirmant que leur cible était des jihadistes liés à l’État islamique. Abuja a indiqué avoir donné son approbation pour ces frappes. Les deux pays cherchent à renforcer leur collaboration en matière de sécurité pour lutter contre les jihadistes.

Par ailleurs, parmi les formes de violence ayant augmenté au Nigeria ces derniers mois, figure l’enlèvement de masse par des groupes criminels appelés « bandits », qui agissent sans motivation idéologique et exigent des rançons. Plusieurs écoles, villages et lieux de culte ont été attaqués dans le pays. Le dernier enlèvement massif a eu lieu fin janvier dans l’État de Kaduna, où plus de 170 personnes ont été enlevées dans plusieurs églises. Cette attaque a d’abord été niée par la police, provoquant une controverse.