Arrivée à Caracas de la cheffe de mission américaine pour relancer les relations.
Laura Dogu a atterri samedi à Caracas, où elle est arrivée vers 15h00 (19H00 GMT) en provenance de Bogota. Les autorités affirment que plus de 800 prisonniers politiques ont été libérés, et que ces libérations ont commencé « avant décembre ».
La nouvelle cheffe de mission diplomatique des États-Unis pour le Venezuela, Laura Dogu, a atterri samedi à Caracas, signalant une reprise progressive des relations bilatérales, moins d’un mois après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine. « Je viens d’arriver au Venezuela. Mon équipe et moi sommes prêts à travailler », a écrit Mme Dogu sur son compte X, accompagnant son message de photos prises sur le tarmac de l’aéroport Maiquetia, où elle est arrivée vers 15h00 (19H00 GMT) en provenance de Bogota. La durée de son séjour et son agenda restent inconnus.
Sa nomination, le 22 janvier, comme principale représentante diplomatique après un ambassadeur, constitue un tournant dans les relations entre Washington et Caracas, rompues en 2019 après que le gouvernement américain a refusé de reconnaître la première réélection de Nicolas Maduro et a choisi de soutenir un gouvernement parallèle dirigé par l’opposant Juan Guaido.
Mme Dogu, qui a été ambassadrice au Nicaragua de 2012 à 2015, succède à John McNamara, qui a occupé ce poste depuis la Colombie à partir du 1er février 2025. Des diplomates américains s’étaient déjà rendus à Caracas le 9 janvier pour évaluer la réouverture de l’ambassade américaine, fermée depuis 2019.
Le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises qu’il « travaillait bien » avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qu’il a décrite comme « formidable ». Cette dernière a exprimé sa volonté de coopérer avec Washington en annonçant une amnistie générale, une réforme de la loi sur le pétrole et une réforme judiciaire, ainsi que la fermeture de la célèbre prison politique de l’Hélicoïde.
Tout en réclamant la libération de Nicolas Maduro, Delcy Rodriguez semble avoir renforcé son pouvoir en procédant à des nominations et évictions dans l’armée et le gouvernement, tout en lançant une réforme du secteur pétrolier en difficulté afin d’attirer des investissements américains.
La nouvelle loi pétrolière, que de nombreux analystes estiment dictée par Washington, abandonne le modèle pétrolier inspiré par le président Hugo Chavez. Parallèlement, le département du Trésor américain a annoncé un assouplissement de l’embargo imposé en 2019 sur le pétrole vénézuélien. Ces réformes pourraient permettre une croissance de 30 % de la production d’ici 2026 pour un pays qui dispose des plus grandes réserves de pétrole au monde.
Sous la pression américaine suite à la capture de Nicolas Maduro, le gouvernement vénézuélien a promis le 8 janvier des libérations de prisonniers politiques, bien que ces actions soient progressives. L’amnistie devrait permettre d’accélérer les procédures.
Les autorités affirment que plus de 800 prisonniers politiques -jamais désignés comme tels- ont été libérés, ajoutant que ces libérations avaient commencé « avant décembre » et la capture de Maduro. Cependant, l’ONG Foro Penal conteste ce chiffre, ne faisant état que de 383 libérations depuis décembre, dont 266 depuis le 8 janvier.
Au Venezuela, il reste au moins 711 prisonniers politiques, dont 65 étrangers, selon cette ONG. Plusieurs proches campent toujours devant les prisons, dans l’attente des libérations, mais font preuve d’optimisme suite à l’annonce de la loi d’amnistie qui bénéficiera aux détenus politiques.
« Cette excellente nouvelle nous est tombée du ciel. Heureux, contents, nous avons dansé, sauté, célébré. Nous espérons qu’elle se concrétisera réellement dans les prochaines heures, comme l’a dit la présidente », a déclaré Daniela Camacho, épouse de José Daniel Mendoza, militaire incarcéré depuis près de trois ans.
Dimanche était également son jour de visite à la prison Rodeo 1, où elle a pu communiquer la nouvelle de l’amnistie à son mari : « Il était content. Quand il ne restait plus que cinq minutes, il m’a dit : « Bon, allez préparer tout ! la maison ! la fête ! tout ! » ».
À la prison Zone 7 de Caracas, Shirley Rincon, 55 ans, dont trois proches sont incarcérés, se montrait également joyeuse : « C’est une nouvelle fabuleuse, j’ai le cœur en fête (…) dans l’attente de la libération immédiate de ‘tous’ les détenus. »

