Alstom/Bombardier: un géant ferroviaire est né

Alstom/Bombardier: un géant ferroviaire est né

Après une première tentative, cette fois ci est la bonne. La Commission européenne vient d’autoriser sous conditions le rachat par Alstom de la branche transports du canadien Bombardier. Cette transaction donnera naissance au numéro deux mondial du rail, un an et demi après le mariage avorté du groupe français avec Siemens.

Le nouvel ensemble emploie –sans déduire les cessions concédées pour satisfaire Bruxelles– environ 76.000 salariés pour un chiffre d’affaires de 15,5 milliards d’euros. Il veut pouvoir concurrencer le chinois CRRC, de loin le numéro un mondial du secteur. Le patron d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a immédiatement « salué » cette décision. C’est « une bonne nouvelle pour l’industrie ferroviaire européenne, qui doit rester à la pointe de l’innovation », a réagi le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, qui avait vertement critiqué le veto de la Commission européenne, gardienne de la concurrence dans l’UE, au rachat d’Alstom par Siemens.

Afin de laisser de la place à ses rivaux, Alstom avait proposé plusieurs engagements à Bruxelles, notamment la cession de ses trains Coradia Polyvalent pour le marché français, appelés Regiolis par la SNCF–, et de son site de production de Reichshoffen, en Alsace, qui emploie 780 salariés.

Enfin, il cédera la contribution de Bombardier Transport dans Zefiro, la plateforme de trains à grande vitesse développée conjointement avec Hitachi.

Basé à Berlin, Bombardier Transport a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 8,3 milliards de dollars américains (7 milliards d’euros), terminant l’année avec un carnet de commandes de 35,8 milliards de dollars (30,1 milliards d’euros).

De son côté, Alstom exploite de nombreux sites plus petits. Le constructeur a bouclé son exercice 2019-20 (clos fin mars) avec un chiffre d’affaires en légère progression, à 8,2 milliards d’euros. Son carnet de commandes culmine à 40,9 milliards d’euros.