Maroc

Accélération des réformes du marché du travail pour des emplois durables

« La création d’emplois durables reste une priorité urgente » au Maroc, a de nouveau insisté le Fonds monétaire international (FMI). Selon le Haut-Commissariat au plan (HCP), le taux de chômage a atteint 13% au niveau national en 2025 et est resté plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans, avec une augmentation de 36,7% à 37,2%.


« La création d’emplois durables reste une priorité urgente » au Maroc, a réaffirmé le Fonds monétaire international (FMI), qui appelle à accélérer les réformes du marché du travail pour favoriser l’emploi durable. Cet objectif « requiert un secteur privé plus dynamique, des conditions de concurrence équitables entre les entités publiques et privées ainsi que des réformes supplémentaires du marché du travail », a souligné l’institution financière internationale, à l’issue des consultations de 2026 au titre de l’article IV et de l’examen à mi-parcours de l’accord relatif à la ligne de crédit modulable accordée au Maroc.

Le FMI réitère des recommandations formulées à l’issue de la mission effectuée par Laura Jaramillo, du 29 janvier au 11 février au Maroc. À l’issue de son séjour, l’équipe du FMI avait appelé à davantage de réformes liées au marché du travail, expliquant que les réformes, la gouvernance, le soutien ciblé et la modernisation des politiques de l’emploi sont les leviers essentiels pour dynamiser l’emploi durable.

« Face à l’intensification des tensions géopolitiques et à l’incertitude mondiale, il est primordial de maintenir des politiques macroéconomiques prudentes, de gérer avec rigueur les risques budgétaires et économiques, d’investir davantage dans le capital humain et de veiller à la mise en œuvre résolue des réformes structurelles pour stimuler une croissance inclusive et la création d’emplois », a insisté Kenji Okamura, directeur général adjoint et président du conseil d’administration, après les récentes délibérations du conseil d’administration.

Le taux de chômage a atteint 13% au niveau national en 2025, avec des taux encore plus élevés parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%), selon le Haut-Commissariat au plan (HCP).

Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2025, l’organisme public note que « le volume du sous-emploi est passé, durant la même période, de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural ». D’après le HCP, le taux de sous-emploi a ainsi augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural.

Par ailleurs, l’institution avait également signalé une augmentation de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée durant cette période. « La part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus est passée de 62,4% à 64,8% », avait-elle précisé, ajoutant que la durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois.

Dans un communiqué publié mardi 24 mars, le FMI a néanmoins jugé « très favorables » les perspectives de croissance du Maroc, en raison des « leviers intérieurs solides » sur lesquels elles reposent. À cet égard, sous réserve d’un retour à la normale de la production agricole et d’une poursuite des investissements dans les infrastructures avec une participation accrue du secteur privé, l’institution prévoit que « la croissance du PIB réel devrait s’établir à 4,4% pour 2026, 4,5% pour 2027 et 4% à moyen terme ».

Concernant les perspectives de croissance à court terme, l’organisme international indique qu’elles sont modérées par le conflit en cours au Moyen-Orient, tout en signalant que le Maroc subit les effets du bouleversement des marchés mondiaux des produits de base et de la baisse de la demande mondiale dans un contexte général plus incertain.

Bien que l’inflation soit actuellement peu élevée, le FMI prévoit une augmentation temporaire au cours de l’année, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie, avant qu’elle ne se stabilise à environ 2% à moyen terme. Par ailleurs, compte tenu de la forte dépendance en importations des investissements infrastructurels et de la hausse des coûts d’importation des produits de base, le déficit courant devrait se creuser modérément.

Les réserves internationales devraient demeurer adéquates, selon l’organisme, qui précise que « les déficits budgétaires globaux pour 2026 et à moyen terme sont compatibles avec une réduction progressive du ratio dette/PIB à 60,5% d’ici 2031 ».

**Alain Bouithy**