1 mai virtuel, une première

1 mai virtuel, une première

Les centrales ont prévu un programme électronique uniquement en raison de la pandémie du coronavirus

La CDT appelle à instituer une obligation pour tous les employeurs de réintégrer tous les salariés dans les entreprises en arrêt en raison de la pandémie du coronavirus tout en préservant leurs acquis sociaux.

Exit les cortèges et rassemblements dans les rues, place aux discours online et programmes électroniques. Le 1er mai coïncidant avec la fête du travail sera d’un goût particulier pour les classes ouvrières et leurs représentants. Et pour cause, l’épidémie du coronavirus étant passée par là, les centrales syndicales ont préféré remplacer les festivités traditionnelles pour célébrer l’occasion par des programmes virtuels.

C’est le cas notamment de l’Union marocaine du travail (UMT). «La classe ouvrière marocaine célèbre cette année la fête du travail dans une conjoncture exceptionnelle marquée par l’état d’urgence sanitaire, imposé par la pandémie du Covid-19. Afin de préserver cet acquis historique ainsi que les traditions de notre organisation, l’UMT décide la célébration de ce 1er mai 2020 dans la solidarité pour dépasser la crise- Tous chez nous mais tous solidaires et unis-, et innove un mode de célébration à travers les sites web et les pages officielles de ses différentes structures professionnelles et géographiques, sur les réseaux sociaux», apprend-on de la direction de l’UMT.

La centrale dirigée par Miloudi Moukharik a profité de l’occasion pour appeler «le gouvernement et les autorités publiques à œuvrer pour le respect des droits des travailleurs et des libertés syndicales et à renforcer les moyens de contrôle pour dissuader certains employeurs de profiter de la crise pour licencier leurs salariés». La Confédération démocratique du travail (CDT) a également décidé de célébrer le 1er mai online. Dans un appel adressé à ses militants et affiliés, la CDT les invite à participer massivement au programme électronique élaboré par la direction de la centrale qui place la fête du travail cette année sous le signe «poursuite de l’engagement pour la reconstruction de l’Etat social afin de faire face aux crises et chocs futurs».

La direction de la centrale adresse à cette occasion une liste de revendications au gouvernement. Il s’agit pour la centrale dirigée par Abdelkader Zaer de procéder au renforcement des législations sociales ainsi que l’institutionnalisation du dialogue social tripartite entre le gouvernement, les syndicats et le patronat. La CDT appelle à instituer une obligation pour tous les employeurs de réintégrer tous les salariés dans les entreprises en arrêt en raison de la pandémie du coronavirus tout en préservant leurs acquis sociaux.

La centrale revendique en outre un nouveau modèle de développement basé sur une économie nationale solidaire encourageant les entreprises citoyennes et créant des opportunités d’emploi décent. A noter que les allocutions des secrétaires généraux de l’UMT et de la CDT seront retransmises online sur les sites et les pages officielles dans les réseaux sociaux. D’autres projections sur des sujets en rapport avec la lutte contre la pandémie du coronavirus ainsi que les actions des centrales syndicales sont également prévues.

Dialogue social


Les partenaires sociaux se réunissent traditionnellement à la veille de la fête du travail dans le cadre du dialogue social. Cette année, les rounds de ce dialogue n’ont pas eu lieu en raison de la conjoncture liée à la propagation de la pandémie du Covid-19. Cela dit, le chef de gouvernement s’est réuni il y a quelques semaines avec les représentants des syndicats les plus représentatifs.

Au cours de cette réunion, les syndicalistes ont évoqué la question de l’avancement des fonctionnaires après la décision gouvernementale de suspendre les promotions dans la fonction publique. Dans ce sens, le chef de gouvernement a expliqué qu’il s’agit d’un report de l’effet financier de ces avancements en attendant de dépasser cette conjoncture, tout en préservant les droits acquis.

Pour rappel, l’Exécutif avait décidé en mars dernier, dans le cadre de la gestion de la pandémie liée au Covid-19 et dans l’objectif d’alléger son coût financier sur le budget de l’Etat, le report de la régularisation et avancement programmé dans le cadre du budget de l’année en cours. Ces mesures exceptionnelles ne concernent pas les fonctionnaires et agents relevant des administrations chargées de la sécurité intérieure et du secteur de la santé.

Cotisations


Les derniers jours ont été marqués par une polémique née après la décision gouvernementale de procéder à des ponctions sur les salaires des fonctionnaires pour alimenter le fonds de lutte contre les effets du coronavirus.

En effet, un courrier du chef de gouvernement avait annoncé que les fonctionnaires et les agents de l’Etat et des collectivités territoriales, ainsi que les employés des établissements publics contribueront au Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie du coronavirus (Covid-19), à hauteur de trois jours de salaire étalés sur trois mois, soit le salaire d’une journée de travail prélevée des mois d’avril, mai et juin.

Plusieurs syndicats avaient critiqué cette décision, ce qui a poussé le ministre du travail et de la réinsertion professionnelle à déclarer il y a quelques jours que les cotisations des fonctionnaires ne seront pas obligatoires.