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Yémen : Sept morts après les frappes saoudiennes sur les séparatistes

Les séparatistes soutenus par les Emirats arabes unis ont fait état de sept morts et plusieurs blessés dans des raids de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite à Hadramout. Le gouverneur de la province, Salem Al-Khanbashi, a annoncé une opération des forces du Bouclier national visant à prendre le contrôle de bases militaires dans la région « de manière pacifique ».


Nouvelles frappes meurtrières au Yémen. Les séparatistes, soutenus par les Émirats arabes unis, ont rapporté vendredi sept morts et plusieurs blessés à la suite des raids de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite contre l’une de leurs positions à Hadramout.

« Sept personnes ont été tuées et plus d’une vingtaine ont été blessées dans les frappes saoudiennes » qui ont eu lieu plus tôt sur le camp d’Al-Khasha, a indiqué le chef du Conseil de transition du Sud (STC) pour les régions de Wadi et du désert d’Hadramout, en ajoutant que d’autres frappes avaient eu lieu dans la région.

Opération des forces du Bouclier national

Les séparatistes du STC ont récemment pris le contrôle de vastes territoires dans cette province riche en pétrole, à la frontière avec l’Arabie saoudite, ainsi que dans la région voisine de Mahra. Cette avancée a suscité la colère des autres factions au sein du gouvernement yéménite et de leur soutien saoudien, qui les a pressés de se retirer.

Un peu plus tôt ce vendredi, le gouverneur de la province, Salem Al-Khanbashi, avait annoncé une opération des forces du Bouclier national, soutenues par l’Arabie, visant à prendre le contrôle de bases militaires dans la région de Hadramout de « manière pacifique ». « Cette opération n’est pas une déclaration de guerre, ni une tentative d’escalade », a-t-il précisé dans un communiqué relayé par l’agence de presse yéménite Saba, l’objectif étant de prendre le contrôle de sites militaires « de manière pacifique et organisée ».

L’Arabie saoudite a à plusieurs reprises exhorté le STC à se retirer des régions sous son contrôle et a mené des frappes contre des positions. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, a également bombardé mardi une cargaison d’armes présumée en provenance des Émirats arabes unis dans un port yéménite contrôlé par le STC.

Jeudi, le STC avait réaffirmé son intention de rester dans les régions conquises, tout en se disant prêt à collaborer avec les forces du Bouclier national. « L’Arabie saoudite a sciemment trompé la communauté internationale en annonçant une + opération pacifique + qu’elle n’avait jamais eu l’intention de mener de manière pacifique », a dénoncé le représentant du président du STC pour les Affaires étrangères, Amr Al Bidh.

Le gouvernement yéménite, dont le STC fait partie, comprend des forces hétéroclites opposées aux rebelles houthis, soutenus par l’Iran, qui ont pris la capitale Sanaa en 2014, puis de larges parts du nord du pays.

« Intransigeance »

Plus tôt dans la journée, l’ambassadeur saoudien pour le Yémen, Mohammed al-Jaber, avait accusé le président du STC de faire preuve d’« intransigeance » face aux efforts d’apaisement. « Le royaume a déployé tous les efforts ces dernières semaines et jusqu’à hier auprès du STC pour mettre fin à l’escalade et obtenir un retrait de ses forces hors des provinces de Hadramout et de Mahra », a-t-il écrit sur X. « Mais il s’est heurté au refus constant et à l’intransigeance d’Aidarus al-Zoubaidi », le président du STC, a-t-il ajouté.

L’ambassadeur saoudien a affirmé que le chef du STC avait refusé la veille l’autorisation à un avion transportant une délégation officielle saoudienne venue pour discuter à Aden, la capitale provisoire du gouvernement yéménite, et ajouté que le trafic aérien à l’aéroport avait été fermé. Jeudi, le ministère yéménite du Transport, contrôlé par le STC, avait dénoncé une décision de la coalition dirigée par Riyad, imposant à tous les vols en direction ou en provenance des Émirats arabes unis de faire escale en Arabie saoudite pour des contrôles de sécurité.

Le ministère n’a pas officiellement annoncé la fermeture de l’aéroport, mais selon le site Flightradar, aucun vol n’a décollé ou atterri à Aden ces dernières heures. La fermeture du trafic aérien « constitue un comportement irresponsable, sapant les efforts de coordination politique, militaire et sécuritaire, et créant un précédent dangereux qui traduit une volonté d’escalade et un refus des voies d’apaisement », a déclaré l’ambassadeur.