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Yémen : Nouvelles frappes de la coalition saoudienne, informations disponibles

La coalition menée par l’Arabie saoudite a bombardé ce mercredi la province de Dhale, et ces frappes ont tué quatre civils, selon deux sources hospitalières. Aidarous al-Zoubaidi a été accusé de « haute trahison » par le chef du Conseil présidentiel, qui a ordonné son défèrement devant le procureur général.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a procédé ce mercredi à des frappes aériennes dans la province où se trouve le chef des séparatistes au sud du Yémen, ce dernier étant soutenu par les Émirats arabes unis et accusé de haute trahison par ses adversaires au sein du gouvernement. 20 Minutes fait le point sur la situation suite à ces attaques.

Quelles ont été les cibles des frappes ?

Selon un responsable local, plus de quinze frappes ont touché la province de Dhale. Ces bombardements ont eu lieu après le refus du chef des séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), Aidarous al-Zoubaidi, de se rendre à Riyad pour des négociations ayant pour but de mettre fin aux affrontements avec les factions soutenues par le royaume. D’après deux sources hospitalières, ces frappes ont fait quatre victimes civiles.

Quel était l’argument pour ces frappes ?

La coalition dirigée par Riyad a déclaré avoir mené des « frappes préventives limitées » contre les séparatistes afin de les empêcher de « faire dégénérer le conflit ». Elle a précisé qu’Aidarous al-Zoubaidi avait « fui vers un endroit inconnu » et n’était pas monté dans l’avion qui devait le transférer en Arabie saoudite la veille. Aidarous al-Zoubaidi dirige le STC, une faction qui fait partie de la coalition gouvernementale yéménite et qui a récemment annoncé son intention de rétablir un État indépendant dans le sud du Yémen d’ici deux ans, période durant laquelle une République indépendante a existé entre 1967 et 1990.

Quelle est la situation du STC ?

Début décembre, les forces du STC avaient pris possession de vastes territoires. Cependant, d’autres factions gouvernementales proches de Riyad, soutenues par des frappes aériennes saoudiennes, ont réagi en reprenant, début janvier, le terrain perdu. Par la suite, l’Arabie saoudite avait appelé les deux camps à s’engager dans un « dialogue » à Riyad, et avait invité le chef du STC à s’y rendre mercredi.

Cependant, vers minuit, la coalition a affirmé avoir reçu des informations selon lesquelles Aidarous al-Zoubaidi avait déplacé une force importante, comptant des blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères, ainsi que des munitions, vers la province de Dhale, son bastion dans le sud-ouest du Yémen. La délégation séparatiste a décollé pour Riyad, mais sans Aidarous al-Zoubaidi, « qui a fui vers un lieu inconnu », selon le communiqué de la coalition.

Le STC a rétorqué que son président « continuait d’exercer ses fonctions » depuis Aden, le principal port du sud du Yémen, en poussant l’Arabie saoudite à mettre fin à ses frappes dans le pays. Ancienne capitale du Yémen du Sud, qui a été un État indépendant de 1967 jusqu’à la réunification avec le Nord en 1990, Aden demeure un bastion du STC. Le gouvernement yéménite y a établi son siège après avoir été contraint de quitter la capitale Sanaa en 2014 à la suite de l’offensive des rebelles houthis, soutenus par l’Iran. Le mouvement a également déclaré avoir perdu le contact avec sa délégation à Riyad et a appelé les autorités saoudiennes à « garantir sa sécurité ».

Quelles accusations pèsent sur Aidarous al-Zoubaidi ?

Le chef du Conseil présidentiel, l’organe qui détient le pouvoir exécutif reconnu par la communauté internationale, avait précédemment annoncé la révocation d’Aidarous al-Zoubaidi pour « haute trahison ». Il a également ordonné son renvoi devant le procureur général pour avoir « constitué une bande armée », commis des assassinats de militaires et de civils ainsi que pour avoir enfreint la Constitution, parmi d’autres accusations.

Le Yémen est plongé dans la guerre depuis que les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa et d’autres parties du nord du pays. En 2015, une coalition militaire incluant l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis est intervenue pour soutenir le gouvernement yéménite face aux Houthis, mais des tensions sont rapidement apparues entre les deux pays du Golfe, qui soutiennent des factions rivales au sein du gouvernement.

Un responsable de la sécurité à Aden a indiqué mercredi à l’AFP que la responsabilité de la sécurité de la ville avait été transférée aux forces de sécurité et à la police d’Aden, toutes deux sous le contrôle du vice-président du STC, Abdulrahman Al-Mahrami, qui est également membre du Conseil présidentiel. D’après un autre responsable, le STC aurait évacué son quartier général à Aden il y a deux jours, par crainte des bombardements saoudiens.