Washington condamne la fermeture du média hongkongais Stand News

« En réduisant au silence des médias indépendants, la Chine et les autorités locales sapent la crédibilité et la viabilité de Hong Kong », a dit le responsable américain dans un communiqué.

« Des autorités qui ont confiance en elles-mêmes et n’ont pas peur de la vérité accueillent favorablement la presse libre », a-t-il ajouté.

« Le journalisme n’est pas de la sédition », a souligné le secrétaire d’Etat, avant d’appeler la Chine et les autorités de Hong Kong à « cesser s’en prendre aux médias libres et indépendants de Hong Kong et à immédiatement relâcher les journalistes et responsables de médias qui ont été injustement détenus et inculpés ».

Le site d’information Stand News a annoncé mercredi sa fermeture, quelques heures après des perquisitions, le gel de ses actifs et sept arrestations, dernier épisode en date de la répression exercée sur la presse locale par les autorités fidèles à Pékin.

Le chef de la police de sécurité nationale de Hong Kong, Steve Li, a déclaré mercredi que Stand News était accusé d’avoir publié des articles et billets de blog « séditieux » entre juillet 2020 et novembre 2021.

« Ils ont décrit des manifestants à Hong Kong comme ‘portés disparus’ ou ‘violés’… Ce sont des allégations malfaisantes sans aucune base factuelle », a dit M. Li.

Il a nié que la police s’attaque aux médias, assurant que les publications écrivant des articles impartiaux n’auraient pas de problèmes.

Ce coup de filet survient au moment où la communauté internationale s’inquiète de l’implacable reprise en main à Hong Kong depuis les immenses manifestations pro-démocratie de 2019.

« Détérioration »

La police a perquisitionné au siège de Stand News et aux domiciles de plusieurs de ses employés et arrêté sept personnes. Parmi ces dernières figure le rédacteur en chef Patrick Lam, l’ex-rédacteur en chef Chung Pui-kuen, quatre ex-membres du conseil d’administration, dont la star de la pop cantonaise Denise Ho et l’avocate et ancienne membre du Conseil législatif de Hong Kong Margaret Ng, ainsi qu’une ex-journaliste, Chan Pui-man, épouse de M. Chung.

En outre, 61 millions de dollars de Hong Kong (7 millions d’euros) d’avoirs appartenant à Stand News ont été gelés, selon M. Li.

La ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly a réagi sur Twitter à l’arrestation de Mme Ho, née à Hong Kong mais qui a grandi au Canada. Mme Joly s’est déclarée inquiète après « l’arrestation de membres actuels et anciens du conseil d’administration et du personnel de Stand News, notamment la citoyenne et militante canadienne Denise Ho ».

Stand News est le deuxième média de Hong Kong réduit au silence par les autorités. En juin, le journal pro-démocratie Apple Daily avait fermé après le gel de ses actifs et l’arrestation de ses dirigeants.

Le porte-parole de la diplomatie de l’Union européenne, Peter Stano, a dénoncé une « poursuite de la détérioration de la liberté de la presse » à Hong Kong.

L’ex-colonie britannique a longtemps été considérée, du fait de sa grande autonomie vis-à-vis de Pékin, comme un bastion asiatique de la liberté de la presse et abrite toujours les sièges régionaux de grands médias internationaux.

Mais le climat pour la presse s’est considérablement dégradé avec la reprise en main musclée qui a suivi la mobilisation populaire de 2019. Une loi draconienne sur la sécurité nationale, imposée par Pékin et entrée en vigueur en 2020, est devenue le principal instrument de répression contre la dissidence.

La liberté de la presse est « en miettes » à Hong Kong, avait estimé en juillet Ronson Chan, le président de l’Association des journalistes de Hong Kong, principal syndicat de la profession. M. Chan, qui était rédacteur en chef adjoint de Stand News, a vu son domicile fouillé par la police mercredi mais n’a pas été arrêté.

Dans le classement annuel de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), Hong Kong n’a cessé de dégringoler, passant de la 18e place en 2002 à la 80e cette année.