« Vue l’ampleur et de la gravité de ces abus, cette enquête doit avoir lieu le plus rapidement possible »: Human Rights Watch demande une enquête internationale sur le Xinjiang

« Le Conseil des droits de l’Homme devrait établir un organe d’experts indépendants pour enquêter sur ces abus. Cela nécessiterait une résolution du Conseil des droits de l’Homme », a déclaré la directrice par intérim de l’ONG à Genève, Lucy McKernan, lors d’un briefing.

« Et compte tenu de l’ampleur et de la gravité de ces abus, cette enquête doit avoir lieu le plus rapidement possible », a-t-elle ajouté.

Des études occidentales accusent Pékin d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres groupes ethniques musulmans locaux dans des « camps de rééducation » au Xinjiang, voire d’imposer du « travail forcé » ou des « stérilisations forcées ».

La Chine nie toutes ces allégations et présente les « camps » comme des « centres de formation professionnelle » destinés à combattre l’extrémisme religieux et à former les habitants à un métier.

À la tête du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet doit publier un rapport très attendu à ce sujet avant la fin de son mandat fin août.

Plusieurs ONG ont réclamé que l’ancienne présidente chilienne publie son rapport il y a quelques mois mais Mme Bachelet a préféré attendre de se rendre elle-même au Xinjiang.

Après avoir négocié pendant des années sur les conditions de sa visite au Xinjiang, elle s’y est finalement rendue en mai. Mais sa visite a fait l’objet de critiques des États-Unis et d’importantes ONG qui lui ont reproché son manque de fermeté à l’égard de Pékin et d’agir en tant que « diplomate » et non en tant que défenseure des droits de l’Homme.

« Nous avons été assez déçus par la Haute-Commissaire notamment en ce qui concerne sa réponse sur la Chine. C’est essentiellement le plus grand défi et test auquel elle a fait face en tant que Haut-Commissaire », a indiqué Mme McKernan.

« Pour qu’elle puisse garder la tête haute, nous pensons que le rapport doit être fort », a-t-elle assuré, estimant qu’il fallait pour cela que le document qualifie les abus de « crimes contre l’humanité » et demande une « enquête indépendante » du Conseil des droits de l’Homme.

Fin juillet, Mme Bachelet a démenti avoir reçu des pressions de la Chine pour l’empêcher de diffuser ce rapport, assurant qu’il serait publié avant la fin de son mandat.