Von der Leyen veut des enquêtes sur les violences alléguées aux frontières: « Toute réponse doit être proportionnée »

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a évoqué lundi la nécessité de mener des enquêtes sur des cas allégués de violence excessive aux frontières extérieures de l’UE, en marge d’une conférence de presse sur les cent premiers jours de son mandat. Elle a aussi insisté sur le principe d’offrir aux candidats réfugiés la possibilité de demander l’asile.

« Toute réponse doit être proportionnée, et toute violence excessive est inacceptable, il faudra des enquêtes » sur les cas de violences alléguées, a affirmé l’Allemande, interrogée sur les images et les témoignages de violences à l’égard de migrants et candidats à l’asile aux frontières entre la Grèce et la Turquie.

L’Union européenne, a-t-elle assuré, est bien mieux préparée qu’en 2015 (année du pic de la crise migratoire), raison pour laquelle elle a pu envoyer de l’aide à la Grèce. Mais ce n’est pas encore suffisant, a-t-elle reconnu.

Mme Von der Leyen a cité la France, l’Allemagne, le Portugal, le Luxembourg et la Finlande comme premiers États membres volontaires pour prendre en charge des mineurs d’âge non accompagnés bloqués sur les îles grecques.

Le gouvernement allemand avait annoncé en matinée qu’une coalition de pays volontaires de l’UE envisageait de prendre en charge jusqu’à 1.500 enfants en soutien « humanitaire ».

Davantage d’aide est aussi nécessaire pour les réfugiés syriens en Turquie, a ajouté Mme Von der Leyen. La cheffe de la Commission a insisté sur la nécessité de garantir le droit fondamental de demander l’asile, alors que la Grèce a annoncé avoir suspendu les demandes d’asile pour un mois.

La Commission présentera après Pâques un nouveau paquet sur l’asile et la migration, sur lequel elle mène actuellement des pourparlers avec les États membres.

Mme Von der Leyen – ainsi que le président du Conseil européen Charles Michel – doit rencontrer en fin de journée le président turc Recep Tayyip Erdogan à Bruxelles, après une rencontre de ce dernier avec le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg. Elle qualifie cette rencontre de « reprise du dialogue ».

La déclaration UE-Turquie de 2016, remise en question par la décision du dirigeant turc de laisser les réfugiés affluer aux frontières de l’UE, « a été prévue pour une durée limitée et nous devons discuter d’un cadre plus large », a commenté Mme Von der Leyen.

En vertu de cet accord, la Turquie s’engageait à freiner les migrations passant par son territoire vers l’Europe, en échange d’un financement de quelque 6 milliards d’euros pour l’accueil de centaines de milliers de migrants et réfugiés. Des facilités de visa et la modernisation de l’union douanière UE-Turquie étaient aussi au programme. Mais plusieurs de ces engagements n’ont pas été remplis, ou seulement en partie.

Pour élargir l’accord, Mme Von der Leyen a notamment évoqué la création d’un corridor humanitaire ou d’une route de migration légale.

Toute solution, a-t-elle ajouté à l’adresse de la Turquie, nécessitera une réduction de la pression migratoire sur les frontières.