« Voitures de luxe, habits de luxe. Moi, y a rien de tout ça! » : NasDas, le Robin des Bois digital d’un quartier pauvre de Perpignan

NasDas, l’influenceur aux quelque 4 millions d’abonnés sur Snapchat, ravit les réseaux en filmant la vie dans son quartier pauvre de Perpignan, où il fait figure de grand frère, distribuant à l’entour argent et cadeaux que lui rapporte sa notoriété. « Je pense que les gens en avaient marre de voir les influenceurs montrer leur richesse sur les réseaux […] voitures de luxe, habits de luxe. Moi, y a rien de tout ça ! », souligne NasDas, de son vrai nom Nasser Sari. Chaque jour, ce gaillard de 26 ans, en short et baskets, publie ses stories montrant un « quotidien différent, dans un quartier différent, pauvre », mais « très vivant ».

Inséparable de sa bande, il parcourt chaque jour dans un joyeux chahut son quartier gitan à l’importante communauté maghrébine. De loin, des gamins l’observent. « Allez, on court ! Le premier a 20 euros », leur lance-t-il hilare, brandissant un billet. « On est une famille, on vit ensemble. En France, il n’y a pas beaucoup de quartiers comme ça », estime NasDas – dont l’avatar est le « raccourci » de son prénom Nasser et « Das Algerische » (l’Algérien en allemand).

Né le 3 juin 1996, il a perdu petit son père, originaire du Sahara. Sa mère, ouvrière dans une « usine de salades » en sachets, a élevé seule ses cinq enfants. « J’ai travaillé aussi à l’usine et ailleurs avant tout ça », dit-il. L’aventure a commencé en 2018 par « une vidéo bête où je mettais une petite gifle à un copain pour rigoler. Ça a fait rire mes vingt potes. Du coup, j’ai continué […] à snaper mon quotidien […] du quartier ».

NasDas est rétribué pour promouvoir des marques, des entreprises. « En chiffre d’affaires sur 2021, on a dépassé les 500 000 euros. » Il pourrait tout garder. « Mais mon quartier c’est ma vie. Si je pars, c’est la fin ! », dit le premier snapchateur de France. « Une fois payés les impôts, la TVA, j’ai décidé de redistribuer […] en privé et par une cinquantaine d’associations […] On en est à 300/400 000 euros », ajoute-t-il.

Le succès de l’influenceur est tel qu’il a été approché pour une série Netflix et une comédie. Et les habitants de son quartier le poussent vers la politique. « À la base, on est des guignols », dit-il rieur. Mais « tout ce que je dois faire pour aider le quartier, je le ferai. S’il faut être maire, je serai maire. S’il faut être éboueur, je serai éboueur ! »