Vers une restriction des exportations de déchets européens

Les eurodéputés se sont prononcés massivement dans ce sens en votant ce mardi en faveur d’un durcissement drastique des règles d’exportation. Ils souhaitent que le transfert de déchets non dangereux à des fins de valorisation ne soit plus autorisé qu’aux pays non membres de l’OCDE qui donnent leur consentement et apportent la preuve qu’ils sont en capacité de traiter ces rebuts de manière durable. Les eurodéputés veulent également interdire l’exportation de déchets plastiques vers les pays non-membres de l’OCDE et éliminer progressivement leur exportation vers les pays de l’OCDE dans un délai de quatre ans. L’ambition est aussi de lutter contre les trafics et la criminalité qui ont cours dans ce secteur. Le projet final doit encore faire l’objet de négociations avec les États membres.

Inquiétude dans le secteur du recyclage

Tout en saluant des avancées bienvenues et la nécessité d’empêcher les transferts illégaux de déchets plastiques, Denuo, la Fédération des entreprises belges actives dans le retraitement des déchets, a néanmoins exprimé son inquiétude suite à l’annonce de ce vote. Celle-ci souligne que l’interdiction des exportations de déchets plastiques en dehors de l’UE impactera également la filière du recyclage.

Or « ce plastique recyclé, broyé, trié et décontaminé est utilisé dans le monde entier comme ingrédient pour remplacer les matières premières primaires dans la production de produits en plastique« , avec des réductions d’émissions de CO2 à la clef, affirme Denuo, qui appelle à une adaptation de la législation afin que « les plastiques recyclés de qualité ne soient plus injustement considérés comme des déchets« .G.T. (avec AFP)