Vers une coordination européenne des restrictions de voyage ?

Les Etats membres tentent notamment d’avoir des données comparables et de renforcer la communication entre eux, selon des sources diplomatiques interrogées à l’issue d’une réunion des ambassadeurs à Bruxelles.

« Personne n’a contesté la nécessité d’agir pour une meilleure coordination, pour ne pas reproduire la situation de mars. Mais c’est un travail complexe », a indiqué une source diplomatique. La question du seuil de cas de contamination pour 100.000 habitants – à partir duquel une zone peut être classée à risque – est particulièrement épineuse, selon cette source.

La Commission européenne doit soumettre dans les deux prochains jours une proposition pour tenter également de coordonner ces restrictions.

« Il s’agit d’avoir les mêmes critères pour définir les zones, puis d’avoir les mêmes définitions de zones pour tous les Européens: si une région ou un pays est en rouge, il le sera pour toute l’Europe », a expliqué à l’AFP le commissaire à la Justice Didier Reynders.

« On se rend compte que la situation devient trop chaotique et la cerise sur le gâteau a été la décision hongroise » de fermer les frontières, estime M. Reynders.

Cette annonce de Budapest, qui prévoit des exceptions pour les citoyens de République tchèque, Slovaquie et Pologne, a conduit la Commission à envoyer un courrier au gouvernement hongrois pour lui demander des explications et le mettre en garde contre toute discrimination.

Le président du Parlement européen David Sassoli a aussi déploré une trop grande « confusion » entre les 27 et appelé à une coordination par la Commission européenne.

« Les citoyens et les entreprises (…) attendent une réponse commune, des règles claires sur la manière d’agir et de la transparence sur la définition des zones à risque », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Au niveau européen, le nombre de cas de Covid-19 a augmenté ces cinq dernières semaines et s’établit à 46 infections pour 100.000 habitants par semaine, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Lors d’un débat au Parlement européen, la directrice de l’ECDC, Andrea Ammon, a souligné la disparité des situations épidémiologiques des pays de l’UE, qui vont de 2 à 176 cas pour 100.000 habitants.

Mais la fréquence des tests est aussi très diverse: elle varie selon les Etats de 173 à 6.000 pour 100.000 habitants par semaine.

Une harmonisation des procédures et de la fréquence des tests est essentielle pour obtenir des données plus complètes et plus comparables sur les niveaux d’infection en Europe, a relevé le Dr Ammon.