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Venezuela : Proches de détenus politiques en grève de la faim à Caracas

Une dizaine de proches de détenus politiques ont entamé ce samedi une grève de la faim à Caracas après que l’Assemblée nationale du Venezuela a reporté jeudi l’adoption de la loi d’amnistie. Selon l’ONG Foro Penal, 431 prisonniers politiques ont bénéficié d’une libération conditionnelle et 644 sont toujours derrière les barreaux.


Les familles ne fléchissent pas. Une dizaine de proches de détenus politiques ont commencé, ce samedi, une grève de la faim à Caracas, selon des constatations de journalistes de l’AFP. Cette action survient après que l’Assemblée nationale du Venezuela a de nouveau reporté, jeudi, l’adoption de la loi d’amnistie visant à conduire à la libération de tous les prisonniers politiques.

Cette loi d’amnistie historique avait été promise le 30 janvier par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, sous pression américaine, un mois après la capture de Nicolas Maduro, le 3 janvier. Les autorités avaient également annoncé des libérations massives le 8 janvier, mais celles-ci ont eu lieu de manière très limitée, avec de nombreuses familles campant devant les établissements pénitentiaires.

Une grève « jusqu’à ce qu’ils sortent tous »

Portant des masques sanitaires, une dizaine de femmes se sont allongées en ligne ce samedi, à l’entrée de la prison d’où 17 prisonniers politiques ont été libérés dans la nuit. Elles dormaient durant la matinée, alors qu’elles avaient prévu de commencer leur protestation. « Dormir apaise la faim », a déclaré l’une d’elles, qui a souhaité garder l’anonymat.

« La pression a porté ses fruits, nous espérons rester ici jusqu’à ce qu’ils sortent tous », a affirmé Evelin Quiaro, 46 ans, employée du service de migration et mère d’un prisonnier politique. Elle a absorbé son dernier repas vers 1 heure du matin : des biscuits avec du jambon. « Nous ne sommes vraiment pas préparées, je n’ai jamais fait ça de ma vie », confie-t-elle en parlant de la grève de la faim. Son fils de 30 ans est détenu depuis novembre 2025. Il est accusé de terrorisme, d’association de malfaiteurs et de financement du terrorisme.

Encore près de 650 prisonniers politiques

Dans la nuit, 17 prisonniers politiques ont été libérés suite à une annonce du président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez, frère de Delcy Rodriguez. « Dans le cadre de la loi d’amnistie, 17 personnes privées de liberté dans [les cellules connues comme] Zone 7 sont en train d’être libérées en ce moment », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

Il y a une semaine, lors d’une visite à la Zone 7, le président de l’Assemblée nationale avait promis aux familles des prisonniers politiques que leurs proches seraient rapidement libérés après l’adoption de la loi. Selon l’ONG Foro Penal, 431 prisonniers politiques ont bénéficié d’une libération conditionnelle, tandis que 644 restent encore derrière les barreaux.