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Venezuela : 750 millions d’euros d’avoirs de Maduro gelés par la Suisse

La Suisse a indiqué que les avoirs liés à Nicolás Maduro et à son entourage gelés sur son territoire atteignent « un total de 687 millions de francs suisses ». Ces fonds reposent sur une ordonnance entrée en vigueur le 5 janvier 2026 visant l’ancien président vénézuélien et son épouse.


La Suisse a pour la première fois évalué les avoirs gelés liés à Nicolás Maduro et à son entourage sur son territoire. Lundi, le ministère suisse des Affaires étrangères a informé l’AFP que le montant total de ces fonds s’élève à « 687 millions de francs suisses », soit plus de 750 millions d’euros. Ces chiffres ont été « communiqués par des intermédiaires financiers suisses au Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent », sans que les bénéficiaires ne soient précisés.

Ce gel repose sur une ordonnance entrée en vigueur le 5 janvier 2026 visant l’ancien président vénézuélien, son épouse Cilia Flores, ainsi que des proches et d’anciens ministres. Selon les autorités suisses, « il s’agit d’un blocage préventif destiné à empêcher toute fuite de capitaux et à faciliter l’entraide judiciaire entre le Venezuela et la Suisse. Aucun membre du gouvernement actuel n’a été listé ». Cette mesure fait suite aux sanctions adoptées en 2018 par Berne, qui sont en ligne avec celles de l’Union européenne.

Parmi les 687 millions de francs suisses gelés, environ deux tiers étaient déjà bloqués dans le cadre de procédures pénales antérieures. L’ordonnance du 5 janvier a donc entraîné le gel supplémentaire de 239 millions de francs suisses. Ce dispositif permet aux autorités judiciaires étrangères de demander l’entraide de la Suisse, à condition d’initier des procédures et de prouver l’origine illicite des fonds. La mesure est prévue pour une durée de quatre ans, avec une possibilité de prolongation allant jusqu’à dix ans maximum.

Ce blocage intervient dans un contexte politique et judiciaire complexe, marqué par l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse lors d’une opération militaire américaine le 3 janvier 2026. Ils attendent leur procès à New York pour des accusations de narcotrafic, tandis que l’ancien président se dit « prisonnier de guerre ». À Genève, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Yvan Gil Pinto a exigé « la libération immédiate par le gouvernement des États-Unis du président constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro Moros, et de son épouse » devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.