Une question fait buter les discussions sur le Brexit: un personnage clé entre en jeu

Le Premier ministre britannique Boris Johnson rencontre jeudi son homologue irlandais Leo Varadkar, à un moment critique alors que les négociations sur le Brexit butent toujours, dans leur phase finale, sur la question de la frontière irlandaise.

Les discussions sont dans l’impasse à une semaine d’un sommet européen crucial pour éviter une sortie sans accord aux conséquences douloureuses le 31 octobre, ou un troisième report prolongeant l’incertitude pour le chemin que prendra le Royaume-Uni après 46 ans dans le giron européen.

Organisée à la veille d’une visite à Bruxelles du ministre britannique du Brexit pour d’ultimes pourparlers, la rencontre entre MM. Johnson et Varadkar « sera privée pour permettre aux deux dirigeants et à leurs équipes d’avoir des discussions détaillées », a indiqué Downing Street.

Elle aura lieu « dans le nord-ouest de l’Angleterre », sans plus de précisions, et aucun accès n’est prévu pour les médias.

Le Premier ministre irlandais est un personnage clé tant le processus se heurte sur la manière d’éviter un retour à une frontière physique entre l’Irlande du Nord, une province britannique, et la République d’Irlande, membre de l’UE, et de préserver la paix sur l’île, qui a connu plusieurs décennies de violences.

Le calendrier est serré. L’UE a donné jusqu’à vendredi au gouvernement britannique pour lui présenter un compromis acceptable sur la frontière et arriver à une séparation à l’amiable plus de trois ans après la victoire du « leave » au référendum.

Depuis le début de la semaine, les négociations ont lieu sur la base d’un projet présenté la semaine dernière par Boris Johnson et rejeté en l’état par les Européens. Mais aucun progrès majeur n’a été annoncé et Londres et Bruxelles se rejettent ces derniers jours la responsabilité de faire des concessions.

Dîner Macron-Merkel 

« Le temps presse », a martelé mercredi le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier devant le Parlement européen. « Au moment où je vous parle, nous ne sommes pas au point d’envisager et de trouver un accord », a-t-il constaté, quelques heures après avoir jugé « très difficile mais possible » d’y arriver.

Vendredi, le ministre britannique du Brexit Steve Barclay va se rendre à Bruxelles pour rencontrer Michel Barnier. D’abord annoncée pour jeudi, la réunion a été repoussée à vendredi matin sous la forme d’un « petit-déjeuner », a dit une source européenne à l’AFP.

Et dimanche, Emmanuel Macron recevra à dîner à l’Elysée la chancelière allemande Angela Merkel, à quelques jours du sommet des 17 et 18 octobre, crucial pour arriver à un accord.

Faute d’accord le 19 octobre, une loi impose en effet au Premier ministre de demander un report de trois mois, bien qu’il ait promis un Brexit « coûte que coûte » le 31 octobre.

Selon plusieurs médias britanniques, le gouvernement compte convoquer une session extraordinaire du Parlement pour le 19 octobre quelle que soit l’issue du sommet européen. Ce serait la première fois que les députés siégeraient un samedi depuis la guerre des Malouines en 1982.

Dans tous les cas, des élections anticipées semblent inévitables vu la profondeur de la crise politique dans laquelle le Brexit a plongé le Royaume-Uni, et tous les partis s’y préparent activement.