Un policier tué à Avignon dans une opération antidrogue

« Tout est mis en oeuvre pour que cet acte odieux ne reste pas impuni », a souligné le chef du gouvernement Jean Castex, qui a annoncé la nouvelle sur Twitter.

Selon un communiqué de Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, attendu sur place dans la nuit, le policier décédé et son équipage avaient été requis vers 18H30 « pour un attroupement sur la voie publique autour d’un point de deal ».

A leur arrivée sur les lieux, l’équipage aurait décidé de contrôler le groupe de personnes présentes sur place et c’est au cours de cette intervention que l’un des individus aurait fait feu « à plusieurs reprises » sur le fonctionnaire de police. Les autres policiers présents ont riposté, sans pouvoir interpeller l’auteur des tirs qui serait parvenu à prendre la fuite –« en trottinette », a précisé une source policière.

Les policiers « étaient en civil avec des brassards police sur un lieu très sensible en matière de stup' », a aussi précisé à l’AFP le délégué syndical Unité SGP-Police Grand Sud Bruno Bartocetti: « Ils ont vu un individu prendre la fuite à l’arrivée de la police et l’ont pris en chasse quand il a sorti son arme et a visé un des policiers à l’abdomen et au coeur ».

Malgré l’intervention de ses collègues et des équipes de sapeurs-pompiers, la victime, un homme de 36 ans pacsé et père de deux enfants, membre de la brigade d’intervention de la circonscription interdépartementale de sécurité publique du Vaucluse-Gard, est décédé des suite de ses blessures, précise le communiqué de M. Darmanin, qui a évoqué « un terrible drame ».

Sur Twitter, le syndicat Unité SGP Police a estimé que leur collègue avait été « lâchement abattu en intervention ». « Rien ne justifie une telle barbarie », s’est aussi insurgé le syndicat Synergie Officiers.

Tout récemment, mi-avril, lors d’une intervention baptisée « coca84 », sept Vauclusiens avaient été interpellés pour trafic de stupéfiants par la brigade de recherche de la gendarmerie d’Avignon. Quelque 37 armes et de nombreuses munitions de divers calibres avaient été récupérées à cette occasion.

Le Vaucluse, qui est l’un des dix départements les plus pauvres de France, a connu une hausse du trafic de drogue ces dernières années, selon des responsables policiers et judiciaires interrogés récemment par l’AFP.

 « Héros du quotidien »

En début d’année, Eric Arella, patron de la direction de la zone sud de la police judiciaire, avait ainsi confirmé que le ressort de la PJ de Montpellier, qui couvre la zone de Perpignan à Nîmes, avait connu une très forte croissance de ses saisines criminelles ces dernières années, notamment pour des assassinats et des règlements de comptes. Les villes de Nîmes, Montpellier, Perpignan et Avignon étaient particulièrement concernées par cette inflation.

La mort de ce policier mercredi survient dans un contxte marqué pour les forces de l’ordre par le traumatisme de l’assassinat djihadiste de Stéphanie Monfermé, une fonctionnaire de police tuée à coups de couteau dans le commissariat de Rambouillet il y a une dizaine de jours à peine.

Il intervient aussi alors que l’exécutif a ces derniers mois érigé la sécurité au premier rang de ses priorités, à un an de l’élection présidentielle. Dans un entretien accordé au Figaro Emmanuel Macron a récemment fait de l’éradication des trafics de stupéfiants « la mère des batailles ».

La droite et le RN dénoncent pour leur part « l’échec total » du gouvernement en matière de sécurité, selon le mot du candidat ex-LR à la présidentielle Xavier Bertrand.

Dans ce contexte, le meurtre de mercredi a suscité des réactions d’indignation dans la classe politique, en particulier à droite et à l’extrême-droite: Xavier Bertrand a salué un « héros du quotidien, qui a défendu ses valeurs jusqu’au sacrifice suprême », appelant à ce que le « criminel (soit) puni avec la plus grande sévérité ».

« Je suis en colère et plus que jamais avec notre @PoliceNationale et leurs familles. Il est urgent que l’État les protège », a aussi réagi mercredi la patronne du Rassemblement national Marine Le Pen.

Selon une étude de l’institut Elabe publiée le mois dernier, les électeurs français citent l’emploi à 31%, le pouvoir d’achat (31%) et la sécurité (30%) comme les thèmes qui compteront le plus dans leur choix en 2022.