Un père de famille palestinien, qui cherchait à sauver son fils, a été tué par l’armée israélienne

Un père de famille palestinien a été tué par l’armée israélienne d’une balle dans la poitrine ce 12 janvier alors qu’il aurait tenté de défendre son fils que les soldats voulaient arrêter.

Des soldats israéliens ont tué, ce 12 janvier, un Palestinien lors d’une opération en Cisjordanie occupée, selon le ministère palestinien de la Santé. «Samir Aouni Harbi Aslan, 41 ans, a été tué après qu’une balle tirée par l’armée d’occupation israélienne a traversé sa poitrine», lors d’une incursion dans le camp de réfugiés de Qalandiya, au nord de Jérusalem, a fait savoir le ministère dans un bref communiqué.

Selon le journaliste palestinien Muhammad Shehada, il s’agissait d’un père de famille qui aurait «osé défendre son fils» contre les militaires israéliens. Ils «lui ont tiré dans la poitrine» et ont empêché les voisins de le secourir les braquant «à la pointe de leur fusil». Le journaliste, qui a posté une vidéo de la scène, affirme que les soldats ont laissé l’homme saigner jusqu’à ce qu’il meurt, puis ont arrêté son fils. Un récit corroboré par Mohammed Saed, un responsable local, qui affirme également que Samir Aouni Harbi Aslan a été tué en tentant de s’interposer durant l’arrestation de son fils par les forces armées israéliennes. «Il a été tué dans sa maison mais il n’était pas impliqué dans l’affrontement, il essayait juste de défendre son fils», a déclaré l’homme à l’AFP.

«Il semble que Tsahal ait même déshabillé Samir alors qu’il saignait à mort», ajoute le journaliste en postant des photos où l’on voit un corps gisant dénudé.

L’armée israélienne a pour sa part déclaré avoir mené une opération dans ce camp, durant laquelle «des suspects ont jeté des pierres et des pavés depuis des toits en direction des soldats, mettant leur vie en danger». «Les soldats ont riposté avec des moyens de dispersion anti-émeutes et des balles réelles» et ont touché une personne, a ajouté l’armée dans un communiqué.

Des dizaines d’hommes ont participé dans l’après-midi aux funérailles de Samir Aouni Harbi Aslan dans le camp de réfugiés de Qalandiya. Il est le septième Palestinien tué depuis le début de l’année dans des violences avec des forces ou des civils israéliens en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Année meurtrière

Selon le Club des prisonniers palestiniens, cité par l’AFP, 18 personnes ont été arrêtées dans la nuit de du 11 au 12 janvier dans des opérations militaires israéliennes en Cisjordanie.

L’armée a notamment mené un raid à Naplouse, durant lequel deux journalistes palestiniens ont été blessés, a rapporté le Croissant rouge palestinien. Ils ont été admis à l’hôpital Rafidia de Naplouse, selon un photographe de l’AFP sur place.

Lors d’une autre incursion israélienne à Naplouse la veille, un combattant des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, la branche armée du parti Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, a été tué. Enveloppée dans un drapeau palestinien, la dépouille d’Ahmed Abou Junaid a été transportée à travers le camp de Balata le 11 janvier, alors que des hommes tiraient en l’air, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’année 2022 a été la plus meurtrière en Cisjordanie depuis la fin de la seconde intifada, le soulèvement palestinien de 2000 à 2005, selon l’ONU. Selon un décompte de l’AFP, le conflit israélo-palestinien a fait au moins 201 morts palestiniens (dont 150 en Cisjordanie) et a coûté la vie à au moins 26 Israéliens en 2022.